 | |  Les idées de Ségolène Royal vont devenir un patrimoine commun du PS | Les idées de Ségolène ROYAL vont devenir un patrimoine commun du Parti Socialiste
Arnaud MONTEBOURG a rendu son rapport sur la rénovation du Parti Socialiste. Son texte a été adopté à l'unanimité du Conseil National - 3 abstentions le 8 juin. Les sections sont appelées à ratifier le document par un vote le Jeudi 24 Juin . Grande innovation, les primaires ouvertes. Tous les sympathisants de Gauche pourront désigner le candidat ou la candidate Socialiste pour 2012. Seul point de suspens : le calendrier. Ces primaires auront lieu soit à l'automne 2011, soit à l'été si il y a plus de 4 candidats en lice. Ce point devra être tranché en Janvier 2011. Le rapport MONTEBOURG a été discuté dans une commission regroupant des représentants de tous les courants du P. S., mais à la lecture des propositions, on reconnaît bien " la patte " des idées de Ségolène ROYAL.
Ces primaires ouvertes sont une victoire pour Ségolène ROYAL qui a été la première à porter ce thème avec force. Le débat agite le P. S. depuis un moment. En Novembre 2007, lors de la désignation de Walter VELTRONI en Italie pour les élections de 2008, Ségolène ROYAL avait souhaité " faire la même chose en France " saluant " un formidable mouvement de rassemblement et de dynamisme ". L'idée a ensuite été reprise par plusieurs cadres du Parti comme Arnaud MONTEBOURG et Pierre MOSCOVICI.
La transparence des primaires est aussi une revendication de Ségolène ROYAL, sur la procédure le rapport prévoit que le " dépouillement sera public et donnera lieu à un procès-verbal et à une transmission directe des résultats en temps réel ".
Ce ne sont pas les seules idées de Ségolène ROYAL reprises par la Direction du Parti, le rapport prévoit de mettre en place " l'efficacité majoritaire ". Lors du congrès, les places au sein de la Direction ne seront plus réparties à la proportionnelle lors d'un scrutin à un tour mais selon une logique majoritaire avec un vote à 2 tours. Le camp arrivant en tête aura d'office 51 % des postes. Une règle qui aurait pu éviter tous les désagréments du Congrès de REIMS. En Décembre 2007, Ségolène ROYAL disait déjà que " la Gauche devait apprendre à être disciplinée " et que cette discipline passait par " la reconnaissance du fait majoritaire ".
D'une manière générale les idées et propositions de Ségolène ROYAL deviennent des évidences au Parti Socialiste parce qu'elle a un très bon sens de l'anticipation.
Ces derniers jours Ségolène ROYAL a preuve encore une fois de plus de grande responsabilité par son attitude constructive à l'égard de ses concurrents et du Parti Socialiste en proposant de réfléchir à un dispositif gagnant dans lequel l'intérêt de la Gauche et surtout l'intérêt des Français l'emporte sur les ambitions personnelles.
Ceci dit, je reste convaincu que Ségolène ROYAL peut toujours gagner les primaires.
Tout le monde reconnaît en Ségolène ROYAL un rapport particulier aux Français, son attitude à déplacer des électeurs qu'on voyait rarement (les nouveaux adhérents et les jeunes), son parler franc et différent qui en fait une responsable politique plus écoutée que les autres, sa " politique par la preuve " qui la conduit à toujours faire ce qu'elle dit et dire ce qu'elle fait. Ses chances, si elle se présentait, d'emporter les primaires ne font aucun doute pour moi car pour tous ceux qui la croient politiquement affaiblie sous estiment la puissance de ses ressorts. La vérité oblige à dire que sur la rénovation du Parti comme sur d'autres sujets (social-écologie, démocratie participative, fraternité…) Ségolène ROYAL crée toujours le mouvement.
En proposant de mettre de côté ses ambitions personnelles au profit d'un succès collectif qui est quand même conditionné à la capacité des uns et des autres à s'entendre sur un projet cohérent et novateur Ségolène ROYAL donne une fois de plus le la. J'attends de voir qui la suivra sur ce chemin.
François QUESTE,
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|  EN VERT ET CONTRE TOUS ! | A méditer !
Le catastrophisme a fait son temps. Oui, le climat a toujours varié et ce, souvent même avec des aléas encore plus dramatiques qu'aujourd'hui ! Oui, la France veut montrer l'exemple, mais cela ne sert à rien ! Laurent Cabrol a écouté tous les arguments : il tire de ceux-ci une leçon de modération et de tolérance.
Chers amis,
Je tenais aujourd'hui à vous présenter ma nouvelle enquête, parue aux éditions du Cheche-Midi et en librairie depuis le 20 mai.
Ce livre est une suite. Il ponctue et il complète la réflexion que j'ai pu développer dans mon premier essai "Et si la terre s'en sortait toute seule", autour duquel est né ce blog que vous êtes toujours plus nombreux à visiter...
Je suis heureux de constater que depuis quelques mois, le vent tourne et qu'un débat s'amorce enfin sur le sujet : et si le GIEC n'était pas si impartial, et si nous étions les meilleurs élèves en matière de lutte contre le réchauffement, et si les vrais combats étaient ailleurs aujourd'hui : la lutte pour l'accès à l'eau, les OGMs pour nourrir les populations affamées d'Afrique, la recherche sur un nucléaire toujours plus propre plus efficace et durable que les éoliennes ??
Je vous propose dans ce livre pour lequel j'ai enquêté pendant 2 ans d'entamer une nouvelle réflexion sur l'écologie moderne.
Les Verts ont pris le pouvoir sur nos consciences, un pouvoir masqué, et c'est intolérable. Voilà pourquoi je propose dans ces pages ma vision "d'écologue", celle d'un amoureux de la nature qui conteste l'apocalypse.
Oui, je le dis et je l'argumente : nous pouvons respecter la Terre sans changer fondamentalement notre vie. La France ne représente que 1% des émissions de CO2 et il est injuste de nous rendre responsables de ce nouveau péché originel...
Amitiés,
Laurent Cabrol
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|  Liens vers les sites personnels. | | Compte tenu des problèmes rencontrés au sujet des liens mis en place vers des sites de camarades et après concertation avec le secrétaire de section, il est décidé de ne plus faire figurer de liens vers les sites personnels, mais d'y ajouter les sites représentatifs des motions et courants du Parti qui en feront la demande auprès de la commission administrative. |
|  Discours de Jacques MELLICK le 10 mai 2010 | Chacun se souvient où il était quand à 20 heures les radios, les télévisions ont annoncé la victoire de François Mitterrand, les images synthétisées de François Mitterrand apparaissent sur les écrans de télévision, la voix tassée de Jean-Pierre ELKABBACH, les tristes figures des présentateurs de télévisions comme si le ciel leur était tombé sur la tête, les cris de joie, les klaxons, la musique à fond, un peuple libéré, une nouvelle espérance. Nous ne sommes pas rassemblés pour revivre le passé même si la nostalgie n'est pas absente mais pour tirer les leçons et garder précieusement de génération en génération le talisman de la réussite. Certes on sait les conditions économiques sociales, financières, politique ne sont plus les même. Que les années défilent, que les lieux diffèrent, que les conditions atmosphériques se transforment, la boussole vous indiquera toujours le Nord, le talisman légué par François Mitterrand nous donne la bonne direction. Toute victoire est d'abord basée sur le rassemblement des siens socialistes, l'unité des siens, des socialistes. C'est le principe fondamental et on l'a bien vu en 2007 où les socialistes n'étaient pas tous derrière leur candidate Ségolène ROYAL. C'est pouquoi le bénéfice de l'âge et toute ambition personnelle légitime disparue, j'ai avec l'aide de notre trésorier Jean-Marc Dendiével, avancé sur ce terrain. Celà c'est traduit par un appel de Bernard SEUX à voter pour Daniel PERCHERON et à manifester publiquement aux côtés des candidats socialistes du Béthunois. Aujourd'hui il va plus loin en nous adressant un message qu'il m'a transmis puisqu'absent de Béthune jusqu'à demain.
"Absent de la région, il ne m'est pas possible de participer à l'anniversaire du 10 mai 1981, jour où la gauche rassemblée a donné à la France un président de la République Socialiste, une majorité législative et un gouvernement qui ont permis des avancées sociales importantes. Seule l'unité des socialistes pourra permettre, face aux injustices, face aux inégalités sociales, de donner un nouvel espoir à la France. Gardons nous de tout ce qui nous divise et cultivons tout ce qui nous rassemble."
B. SEUX
Quand les socialistes sont rassemblés les autres forces de gauche ne peuvent pas jouer sur les divisions et les appareils ne peuvent empêcher le grand rassemblement de toute la gauche auquel s'ajouteront les démocrates qui refusent d'opposer économie et justice sociale. Une autre grande leçon du 10 mai 1981 c'est penser qu'une France à gauche peut décider seule dans l'Europe et le Monde. Nous l'avons appris à nos dépens en 1983 où nos rêves se sont fracassés. Heureusement qu'à la barre du bateau France de gauche des hommes d'Etat comme Mitterrand, Mauroy, Rocard, Jospin, et Delors ont su résister aux sirènes du repli sur soi et reprendre dans les voiles les vents européens.
Aujourd'hui pour gagner demain et réussir le mandat présidentiel gardons nous des promesses fallacieuses, électoralistes pour séduire tel ou tel électorat. Disons ce que nous sommes capables de faire simplement et dans un langage compréhensible. Penser la mondialisation telle qu'elle est avec ses terribles outrances et ses formidables potentialités, penser la France et l'Europe telles qu'elles sont réellement c'est à dire minoritaire dans le monde actuel dire les mots tels qu'ils sont. Penser la civilisation de l'être, c'est à dire du bien être c'est bien mais ne pas oublier la civilisation de l'avoir quand les travailleurs n'arrivent pas à boucler les fins de mois c'est encore mieux.
C'est pourquoi il faut revenir à une société de production c'est à dire une société industrielle. Nous avons trop misé sur les emplois de services ou tertiaires. Pour payer les services il faut produire. Car pour partager les richesses encore faut il produire des richesses, ce n'est pas un mot honteux, c'est le bon sens. N'ayons pas peur de chagriner les verts en refusant d'accepter des mesures faussement écologiques qui jouent avec les peurs ancestrales qui freineront la ré-industrialisation et empêcheront les liaisons routières. Parfois les Verts ce n'est pas comme ils le prétendent développement durable mais pas de développement du tout. Certes il faut prendre en compte les contraintes financières et la fin du tout pétrole dans les 50 années qui viennent. C'est pourquoi, il faut densifier nos villes, bâtir des bâtiments à basse consommation d'énergie, réduire partout les factures concernant l'énergie, construire des logement HQE, c'est comme celà que pédagogiquement on fera comprendre à nos concitoyens l'intérêt de la protection de l'environnement. Ce n'est pas en mettant des taxes nouvelles ou dire qu'il faut réduire les naissances comme le prétendent les responsables verts qu'on fera oeuvre intelligente pour le développement durable.
Alors vous allez me dire et Béthune dans tout celà ! Béthune va mal, Béthune s'enfonce, drapés dans des postures plutôt que des convictions. Drapés dans la morale, l'éthique qu'on prône mais qu'on ne s'applique pas à soi.
Sans vision, sans sens, sans souci de l'avenir, les responsables municipaux nous conduisent droit dans l'abîme. Il faut par tous les moyens arrêter ce train fou. Inaugurer nos réalisations en laissant croire que ce sont les leurs. Reprendre nos projets en faisant une mauvaise copie sans lien entre eux c'est de la contrefaçon, mais ce n'est pas une politique. C'est pourquoi après avoir presque succombé à la tentation de Venise en déposant comme les marins mon sac sur les quais, j'ai décidé de réembarquer avec vous pour éviter les récifs, des divisions et des erreurs de caps que je pressens, il y a 2012 - en 2012 il ne s'agit pas seulement de couler l'embarcation UMP mais aussi de ne pas vous laisser substituer par un allié le commandement de notre embarcation. N'ayons pas peur d'être fort, nos alliés n'auront pas d'autres choix que de s'incliner ou de faire élire la droite. C'est encore une leçon de François Mitterrand par rapport au parti Communiste ne l'oublions pas lorsqu'il faudra discuter avec les verts. Lionel JOSPIN, en 2002 avec la gauche plurielle en a payé le prix fort.
Toutes ces leçons j'entends que nous les retenions pour permettre à une ou un socialiste de commencer la reconquête en 2012 et la couronner en 2014.
Avec vous j'y prendrai ma part,
Mais sachez le, ne l'oubliez pas tout dépend de vous.
JACQUES MELLICK |
|  JACQUES MELLICK REVIENT METTRE DE L'ORDRE | Extrait du Journal "La Voix du Nord" du 12/05/2010
Jacques Mellick revient mettre de l'ordre dans la maison Copernic
Jacques Mellick s'est bien entouré lundi soir, histoire de montrer qu'il tient encore les rênes.
On le disait ailleurs depuis des mois. Jacques Mellick est toujours là. L'ancien maire l'a annoncé lundi soir à Copernic, entouré d'élus socialistes de l'arrondissement. Il a fustigé sans la citer la stratégie de son ancien premier adjoint, Daniel Boys, présent mais discret. Il a aussi critiqué violemment les Verts, tout en appelant au rassemblement des socialistes.
« Il a remis de l'ordre », analyse une élue. « J'ai entendu le chant du cygne », raille pour sa part un vieux militant. En pleine division des socialistes de Béthune, Jacques Mellick est de retour. Et sa parole est diversement appréciée. Il vient pourtant parler rassemblement. Le mot est même sur toutes les lèvres, lundi, à l'occasion de la commémoration de la victoire de François Mitterrand. Le rassemblement, c'est cette bonne cinquantaine de militants de la circonscription se bousculant devant le buste de l'ancien président, puis plus tard, à l'intérieur de la section Copernic. L'ancien ministre va s'y exprimer. Il nous prévient. Lui si silencieux depuis de longs mois, que d'aucuns disent ailleurs qu'à Béthune. Lui qui regardait sans bouger son ancien premier adjoint briguer le leadership. Lui qui s'entoure des élus du secteur, les conseillers généraux Isabelle Péru, Raymond Gaquère, Alain Delannoy, les députés Serge Janquin et Odette Duriez, le député européen Jean-Louis Cottigny, pour mieux asseoir sa légitimité de chef. Boys : « C'était un peu pathétique » Le rassemblement toujours, c'est ce courrier de Bernard Seux (lire ci-contre) que Mellick lit en introduction pour faire comprendre son appel. Puis il sort un papier dont il s'imprègne pour discourir. Le geste inhabituel en étonne plus d'un. Un écrit pour ne pas oublier les Verts ? Ceux qu'il accuse de vouloir « ajouter des taxes aux taxes », d'être contre le développement, contre la production. Ceux qui ne l'ont jamais épargné à Béthune comme ailleurs. Ceux qu'il attaque lundi à plusieurs reprises et avec virulence. Pour lui, l'écologie, c'est la vie quotidienne, les bâtiments HQE, notamment.
La posture surprend. Daniel Boys le premier : « On ne peut pas parler de rassemblement de la gauche en faisant un discours aussi dur et aussi violent à l'égard des Verts. Je ne me reconnais pas là-dedans. » Et Jacques Mellick ne se reconnaît clairement pas dans la stratégie de son ancien premier adjoint. Qu'il ne cite jamais. On l'interroge : Boys candidat ? « J'en connais d'autres. J'en connais beaucoup d'autres », assure Mellick.
Serge Janquin tente même de placer Odette Duriez, députée de la 11e amenée à disparaître, dans la circonscription voisine.
Elle décline gentiment. Les ambitions des conseillers généraux Raymond Gaquère et Alain Delannoy sont en revanche à peine voilées.
Gaquère : « Le talisman, c'est l'unité. On ne doit pas se diviser parce qu'on pense être le meilleur. » Sans viser personne, bien sûr. « Ce que je veux éviter, c'est la dispersion des socialistes », jure encore Mellick.
En chantre du rassemblement ? Boys, sceptique : « Il dit qu'il faut se rassembler, mais ne dit pas autour de qui (...). C'était un peu pathétique. »
Et si Jacques Mellick a pensé partir, l'ancien ministre est toujours là, pour mieux choisir son successeur, assurant aussi ne pas être candidat pour les législatives de 2012. « Mais je soutiendrai quelqu'un. » Sa stratégie ?
« Si on veut travailler pour 2014, il faut d'abord préparer 2012. Ça sert à rien de mélanger les deux. C'est mon sentiment et je ne suis pas le seul à le partager. Je ne laisserai pas faire n'importe quoi. C'est pour ça que je reste. » •
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|  Juste-échange et Libre-échange | Extrait du Journal "Le Monde" du 14 mai 2010
Lors de sa dernière convention, première étape vers la rédaction d'un programme présidentiel, le Parti socialiste a adopté un document définissant un nouveau modèle de développement. Il propose notamment de substituer au libre-échange le principe du "juste-échange". Malheureusement, il n'est pas sûr qu'un tel modèle puisse convaincre, tant ses faiblesses sont criantes.
Par rapport à l'enjeu de l'échange mondial, le projet socialiste présente trois défauts peu négligeables : une connaissance assez fruste des mécanismes concrets de l'échange et de ses effets ; des propositions extraordinairement vagues et difficiles à mettre en oeuvre ; plus grave encore, une occultation des faiblesses françaises, qui conduit à blâmer le reste du monde de difficultés qui trouvent leur origine dans l'Hexagone.
Le PS défend donc le principe du "juste- échange" fondé sur un système commercial loyal et équitable. Indépendamment de la difficulté à contrecarrer un argument gorgé de si bons sentiments, on sent bien qu'il est sous-tendu par une hypothèse politique claire : celle d'un monde où l'échange serait biaisé en faveur des pays émergents.
Or cette vision du monde qui imprègne très profondément la gauche est malheureusement largement erronée. Le commerce mondial est une des activités les plus régulées du monde, ce qui explique d'ailleurs pourquoi il a amorti le choc de la grave crise financière.
Au demeurant, depuis 2001, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ne parvient toujours pas à boucler un cycle de négociations extrêmement complexe. Si le commerce reposait sur la seule loi de la jungle, pourquoi y aurait-il des négociations commerciales ? L'OMC est d'autant moins fondée sur la loi de la jungle que son fonctionnement est fort démocratique.
D'ailleurs, même José Bové, qui, il y a dix ans, saturait l'espace médiatique pour dénoncer cette institution, encourage aujourd'hui les Africains à y recourir pour contester le protectionnisme des pays riches. Aussi, la proposition socialiste d'intégrer cette institution aux Nations unies est risible : l'OMC est bien plus démocratique que l'ONU, car chaque Etat y dispose d'un droit de veto ! Et c'est précisément parce que les décisions sont prises par consensus que les négociations sont difficiles.
De surcroît, et à supposer que le commerce mondial soit si inégal, on ne comprendrait pas pourquoi les pays en développement seraient devenus les farouches partisans d'un système multilatéral ouvert. Tant que la gauche ne voudra pas accepter le fait que l'ouverture des marchés constitue une source exceptionnelle d'enrichissement économique pour tous, elle risque non seulement de passer à côté d'un monde qu'elle ne comprendrait pas, comme cela fut le cas dans les années 1950 quand la SFIO ne mesura pas la réalité de la décolonisation, ou plus grave encore d'apparaître comme une force favorable au statu quo mondial en faveur des seuls pays riches.
Or si la gauche doit avoir le souci des perdants sociaux, elle doit éviter de céder au populisme "petit blanc". De ce point de vue, le ralliement du Parti socialiste à la proposition de M. Sarkozy d'instaurer une taxation verte aux frontières de l'Europe est dans les conditions actuelles dangereuse et irréaliste. En effet, pour instaurer une telle taxation, il faudrait pouvoir s'appuyer sur un accord sur le changement climatique, à partir duquel on pourrait sanctionner les Etats qui refuseraient de s'y plier.
Pour le moment, nous n'y sommes pas encore. Et, si nous n'y sommes pas, c'est aussi parce que les pays du Sud veulent que le principe de justice qui régisse un accord climatique repose sur le principe de la responsabilité historique des pays riches, ce que précisément récusent ces derniers.
De surcroît, pour instaurer une contribution énergie-climat aux frontières, il faudrait disposer d'un instrument de mesure pertinent et admis de tous. Le niveau d'intensité en carbone des exportations pourrait être l'un d'entre eux. Malheureusement, le contenu en carbone des exportations européennes est bien plus élevé que celui des exportations chinoises et américaines !
En réalité, dans tous les pays d'Europe confrontés à des processus de désindustrialisation, le discours politique est alarmiste, alors que, dans les pays qui sont parvenus à s'adapter, l'approche est très différente. Ainsi, le discours du PS pourrait être ratifié sans difficulté par M. Berlusconi, qui tient des propos ravageurs contre le libre-échange, alors que les sociaux-démocrates d'Europe du Nord sont très farouchement hostiles à tout protectionnisme.
Mais, peut-on objecter, si tout cela est vrai, pourquoi la France est-elle confrontée à un processus de désindustrialisation ? C'est une excellente question. Malheureusement, le programme du Parti socialiste n'y répond guère. Or c'est à ce type de question qu'il faut répondre, car la situation française est effectivement alarmante. Depuis 1981, la France a perdu près de 40 % de ses effectifs industriels ; au passage, cela montre que, lorsqu'elle a été au pouvoir et malgré un discours très viral sur le rôle de l'Etat dans l'industrie, la gauche n'a pas su, elle non plus, enrayer cette spirale.
Depuis 2008, le problème s'est encore aggravé. La création d'emplois de services ne compense plus la perte d'emplois industriels. Or cette situation très préoccupante n'a rigoureusement rien à voir avec la concurrence des pays émergents. Doit-on rappeler que la France réalise plus de deux tiers de ses échanges avec des pays qui ont un niveau de développement similaire, ce qui interdit de voir dans les pays à bas salaires la source de ses difficultés. Doit-on également rappeler que, avec un niveau de développement très comparable au nôtre, l'Allemagne conserve une industrie très puissante, qui représente 30 % de son PIB contre seulement 16 % pour la France. Doit-on enfin rappeler que l'Allemagne a des échanges excédentaires avec la Chine, ce qui montre à quel point est erronée cette idée d'un jeu commercial biaisé en faveur des seuls pays émergents.
Pourquoi donc l'Allemagne conserve-t-elle sa force de frappe industrielle quand la France s'effondre ? La réponse est simple. Les difficultés de la France n'ont rien à voir avec la mondialisation, mais résultent de facteurs endogènes : un renchérissement du coût du travail depuis la fin des années 1990, un prélèvement sur la valeur ajoutée des entreprises deux fois plus élevé qu'en Allemagne, enfin une politique de délocalisation désastreuse. Alors que les Allemands ne délocalisent que les fragments à faible valeur ajoutée de leur industrie et conservent l'essentiel de la création de valeur chez eux, les Français ont tendance à délocaliser l'ensemble des activités industrielles. Pourquoi ? Voilà la vraie question qui se pose à nous et à laquelle le PS ne répond pas.
En mettant en avant un nombre considérable de faux problèmes - celui de la compétition de pays à bas salaires (le différentiel salarial avec la Chine s'explique non par le dumping mais par l'écart de productivité) - et en esquivant ainsi les vraies difficultés (l'effondrement de notre compétitivité industrielle), le Parti socialiste a pris le mauvais chemin pour combler le déficit de crédibilité politique qui l'a si longtemps écarté du pouvoir.
Zaki Laïdi Directeur de recherche au Centre d'études européennes de Sciences Po. Auteur de "La Norme sans la force" (Presses de Sciences Po, 2008).
Extrait du Journal "Le Monde" du 14 mai 2010
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|  UN PACTE DE L'EDUCATION | Extrait du Journal "Le Monde" du 14/10/2010
Que de Gaulle nous pardonne de le paraphraser pour dire qu'il existe "un pacte séculaire" entre le projet socialiste et l'éducation. La gauche s'est identifiée à la volonté de donner à chaque individu les moyens de maîtriser sa vie. Cela passe bien sûr par une lutte acharnée contre tous les intégrismes, d'où qu'ils viennent, par la réaffirmation permanente de la laïcité comme valeur unificatrice de la République, mais aussi par la croyance en l'éducation comme fondement de la liberté pour chacun de vivre et de penser par soi-même, hors de toute tutelle.
NOUVEAU : Créez votre page à votre nom sur Le Monde.fr Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 1 mois offert A LIRE AUSSI Point de vue Soutenir la consommation de fruits et légumes est le meilleur moyen d'aider les agriculteurs, par Lars Olofsson Point de vue Il faut sortir de la crise de confiance, mais pas à n'importe quel prix
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Point de vue Pour une nouvelle alliance de classe, par Laurent Baumel et François Kalfon
Point de vue Le peuple grec est victime d'un véritable racket, par Olivier Besancenot et Pierre-François Grond
Point de vue Bernard Accoyer : "Oui à un droit de regard de Bruxelles" Comment ignorer que l'évolution mercantile et consumériste de la société a profondément altéré ce grand dessein. Quand l'argent et le bling-bling, deviennent les références dominantes, véhiculées par toutes les formes de médias, il apparaît de plus en plus ardu de demander à la jeunesse de s'astreindre au jansénisme du savoir et de l'esprit. A fortiori quand les nouveaux maîtres à penser de la droite conservatrice s'emploient tous les jours à caricaturer la massification scolaire comme une "fabrique de crétins" et à prôner le retour à une bonne vieille école où l'on reste entre soi. On a fait mieux pour redonner le goût de l'effort et de l'apprentissage.
Outre qu'elle est à rebours de toutes les grandes réussites dans le monde, cette nostalgie élitiste et sa vision d'une société conflictuelle, constituée d'adversaires en perpétuelle compétition, contribue à importer dans l'école tous les maux qu'elle prétend combattre : la violence, le décrochage scolaire, la contestation du magistère des enseignants. Si l'école est aussi nulle et ses profs trop nombreux, pourquoi se fouler, pourquoi les respecter ? Il arrive parfois que les lettrés conduisent à l'illettrisme. L'éducation mérite meilleurs défenseurs.
Le grand défi qui nous est posé n'est pas de ressusciter la nostalgie des blouses grises, mais de faire renaître le "désir d'école", de prouver que l'investissement consenti par la République dans l'éducation et la formation de ses enfants (et l'effort qu'on leur demande en retour) reste plus payant collectivement et individuellement que le miroir aux alouettes du chacun pour soi. "Faire civilisation", cette ambition que veut Martine Aubry pour la gauche, est au coeur même de notre réflexion sur l'école. Qui ne voit que beaucoup des dérèglements de notre société (la violence, les incivilités, l'incivisme) prennent racine dans les défaillances éducatives (qu'elles soient familiales ou scolaires). Nous n'avons pas ici la prétention de vouloir y répondre exhaustivement, mais plus modestement de tracer deux pistes pour ranimer le "désir d'école".
L'acte d'éduquer ne peut pas n'être que l'affaire des enseignants, même s'ils en sont les premiers et les principaux acteurs. Nous ne sommes plus au temps de Jules Ferry où l'instituteur était le seul détenteur et le seul transmetteur du savoir. Les connaissances évoluent plus rapidement que la durée d'une vie, et les sources d'information se sont multipliées et individualisées. Un élève est davantage informé sur ce qui se passe dans le monde par Internet que par ses enseignants. Est-il éduqué pour autant ? Certainement pas. La maîtrise des médias doit faire partie intégrante de ce qu'aucun jeune ne peut ignorer en sortant de l'école.
La multiplicité des sources de connaissance change la mission de l'école, qui doit désormais tout autant mettre de l'ordre dans les savoirs acquis que leur donner du sens et de la compréhension. La rénovation des programmes doit aller dans cette direction. D'un autre côté, l'individualisation des vecteurs par lesquels les élèves reçoivent un flot croissant d'informations (télévision, Internet) oblige à considérer chaque adulte comme un éducateur. Cela rend-il la mission des enseignants moins indispensable ? Bien au contraire.
Devant la brutalité des informations que les élèves reçoivent en permanence, il est nécessaire que la formation des maîtres et l'organisation des écoles intègrent cette nouvelle dimension et qu'ils deviennent le centre d'un véritable réseau éducatif. La nouvelle politique éducative doit reposer sur un projet global autour de l'école mettant en cohérence les initiatives éducatives, culturelles, sportives des collectivités territoriales, l'implication du monde associatif et familial. En cela, il est stupide de dissocier, voire d'opposer, la politique en faveur des familles et la politique éducative, comme il est dramatique de couper les moyens à toutes les associations d'éducation populaire ! Ils forment un tout. Les établissements doivent avoir le pouvoir de contracter des projets éducatifs (liés aux programmes scolaires) avec ces partenaires et d'adapter leur semaine scolaire.
Mais surtout l'école doit reconstruire un sentiment d'appartenance à une même communauté. C'est pour cela que la violence doit y être punie sans faiblesse et qu'on doit prendre tous les moyens pour la prévenir et la combattre. Le respect des règles n'est pas négociable. Encore faut-il ne se tromper ni de diagnostic ni de remèdes ! Sauf à perdre son âme, l'école ne sera jamais une forteresse. Un portillon de sécurité ne transmettra jamais un sentiment d'appartenance. Ce que nous voulons, c'est qu'un jeune puisse dire de son école ou de son collège : "voilà ma maison". Cette envie d'aller à l'école, de s'y sentir comme chez soi, de vouloir la respecter, passe par le soin apporté à l'architecture, l'organisation des rythmes scolaires, des règles de savoir-vivre. Mais elle doit surtout s'enraciner dans le sentiment d'appartenir à une équipe.
L'hétérogénéité des élèves sera une chance, si chacun se sent soutenu et reconnu pour aller jusqu'au bout de lui-même. Cela requiert non seulement une forme d'individualisation de la pédagogie, mais aussi la mise en place dans chaque classe d'un tutorat des élèves les plus rapides au profit des plus lents. Cette méthode (qui a de grands succès à l'étranger) transmet non seulement l'esprit d'équipe mais apprend la prise d'initiative et l'entraide. Le sentiment d'appartenance viendra aussi de la généralisation du droit à l'expérimentation pédagogique.
Cessons de penser uniformément. Le lycée Louis-le-Grand ne rencontre pas les mêmes problèmes que le collège Elsa-Triolet. Les grandes réussites scolaires viennent d'initiatives originales des équipes éducatives. Laissons-leur la liberté de les conduire, et évaluons-les : étendons celles qui marchent là où les situations sont les mêmes. N'hésitons plus à promouvoir des concours de projets éducatifs entre les établissements, qui fédèrent élèves et enseignants. Bien plus qu'une nouvelle grande réforme, c'est ce changement d'état d'esprit qui permettra à l'éducation nationale de trouver son pouvoir d'attraction.
Ce sera long. Ce sera exigeant. Mais c'est ainsi que nous redonnerons à chaque enfant la maîtrise de sa vie. C'est ainsi qu'ensemble "nous ferons civilisation".
JEAN-MARC AYRAULT Président du Groupe Socialiste à l'Assemblée Nationale |
|  Manuel Valls rejette une société du "careé | Manuel Valls rejette une société du "care" prônée par Martine Aubry
PARIS — Le député PS Manuel Valls rejette le concept de société du "care", prôné par la première secrétaire Martine Aubry, estimant qu'il n'est "pas adapté" à la société française et serait une "bombe à retardement" s'il était retenu par la gauche.
"Cette société du soin ou du "care" - vieille idée des années 80 qui s'enracine dans une conception féministe-différentialiste américaine réclamant un Etat plus attentif aux minorités - n'est en rien adaptée à la société française d'aujourd'hui dont le modèle de l'Etat providence est à bout de souffle", écrit M. Valls dans une tribune dans Le Monde à paraître samedi.
"La tentation est grande de promouvoir comme panacée une +société du soin+" mais "cette intention, aussi noble soit-elle, est une erreur profonde et constitue même un recul pour la gauche et pour le pays", estime le député, candidat déclaré aux primaires PS pour 2012.
L'un des "risques" d'une "telle conception de l'action publique", selon lui, serait de "nous faire passer d'une société de la passion, celle de Nicolas Sarkozy, où les uns sont dressés contre les autres, où les gagnants sont opposés aux perdants" à "une société du sentiment où la promesse serait celle d'un bien être, d'une douceur, bref, d'un bonheur qui par définition n'est atteignable que par un chemin strictement personnel".
"Cette conception, si elle était retenue par une gauche victorieuse en 2012, installerait - à l'image des attentes énormes suscitées et déçues par l'homme providentiel Sarkozy -, une nouvelle bombe à retardement de la déception au coeur du prochain quinquennat", écrit-il.
Selon lui, "loin des miroirs aux alouettes et avec une éthique de vérité, il faut restaurer auprès des Français l'idée d'une autorité politique, non pas répressive et contraignante", mais "capable de donner à chacun, non pas des soins, mais les moyens de se bâtir, en parfaite autonomie et en responsabilité, un présent et un avenir".
"Cela passera notamment par l'école, par la formation, par la santé, mais aussi par la réforme nécessaire des retraites et des comptes publics".
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|  Intervention de Laurent Baumel dans le Journal "le Monde" | A travers leur texte sur le "nouveau modèle" économique, social et écologique, les socialistes ont commencé à répondre à ces défis. Après des années de tâtonnements et de débats stériles entre "première" et "deuxième gauche", "archaïques" et "sociaux libéraux", ce document, qui restaure la régulation du capital, le droit du travail, la politique industrielle, en introduisant des réflexions sur le bien-être, le développement durable, la production des richesses, consacre une volonté unanime de concilier la fidélité aux valeurs et la modernité. Sur ce socle idéologique, il devient possible de répondre aux attentes de la société.
Insistons, de ce point de vue, sur l'un des enjeux-clés de la future élection présidentielle pour la gauche : la prise en compte de la fragmentation de notre pays et de l'affaissement du pacte républicain, aggravé par trois années de sarkozysme. Les exclus, les couches populaires précarisées, exposées au chômage, à la dégradation de la condition salariale ou aux discriminations raciales, n'ont pas les mêmes intérêts, besoins et attentes que les couches populaires intégrées, disposant d'un emploi, d'un CDI, mais souffrant de la stagnation des revenus, des difficultés de logement, ou que les couches moyennes, inquiètes de l'avenir de leur retraite ou de celui de leurs enfants.
L'enjeu des services publics ou du cadre de vie ne se formule pas de la même manière au coeur des villes-centres, dans les territoires des premières couronnes, dans les zones périurbaines pavillonnaires ou dans les territoires ruraux.
Cette fragmentation est renforcée par la montée de l'individualisme et l'effondrement des solidarités de classe. Elles-mêmes fragilisées, les couches populaires intégrées et les couches moyennes supportent mal de "payer" pour les politiques d'assistance. Elles sont sensibles à la stigmatisation par la droite populiste des "assistés", des "fainéants". Il reste heureusement possible de fédérer ces classes sociales dans un projet politique, mais ce rassemblement n'est pas donné d'avance et ne peut plus résulter d'un appel incantatoire à un "peuple de gauche" censé converger derrière des valeurs. Il ne peut se construire qu'à travers un ensemble cohérent de propositions, économiques, sociales, sociétales, constitutives d'un compromis social majoritaire.
Les échecs de la gauche aux élections présidentielles depuis 1988 tiennent assez largement à l'occultation de ces questions. Bien que Lionel Jospin ait formulé cette intuition d'une "nouvelle alliance", la gauche a donné l'impression, entre 1997 et 2002, de focaliser son action sur la lutte contre le chômage et l'exclusion au détriment, par exemple, du pouvoir d'achat des salariés intégrés. Elle s'est fait dérober en 2007 de larges pans de "la France qui se lève tôt" et s'est symboliquement laissé enfermer dans la défense du secteur public, de l'assistanat et des banlieues difficiles.
Les socialistes ont trop souvent eu tendance à se détourner de l'analyse sociologique, qu'ils confondent parfois avec le marketing électoral. Gagner en 2012 suppose de bâtir explicitement cette nouvelle alliance. Dans un contexte alourdi par le poids de la dette et des déficits publics, la gauche devra notamment incarner en 2012 la restauration d'un "Etat social efficace".
Elle devra proposer sa réforme de la protection sociale et des services publics, en ayant le courage de dépasser postures et slogans trop faciles. Elle devra surtout porter un projet fiscal et social qui recentre réellement la grande machine "redistributive" au profit du salariat et des couches moyennes jusque-là négligées.
La proposition courageuse d'un nouvel impôt citoyen sur le revenu peut constituer l'un des axes-clés de ce nouveau compromis social. Elle devra être précisée et réinscrite dans le grand récit fédérateur qu'attend le pays, revenu des recettes tactiques du président de la République pour dresser les couches de la population les unes contre les autres. Bien loin du repli sur une identité nationale étriquée, c'est la tâche historique de la gauche que de réinventer en 2012 un pacte social qui puisse redonner à la France son élan et sa fierté.
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|  Pétition du Journal l'humanité | Vous êtes invités à signer une pétition lancée par l'Humanité pour réclamer que la Grèce bénéficie de prêts à des taux aussi avantageux que ceux dont ont profité les banques coupables de la crise.
http://www.humanite.fr/APPEL-Il-faut-aider-le-peuple-grec
Amitiés Socialistes
GUY |
|  Julien Dray : Zorba, Le FMI et l'Europe | Zorba, le FMI et l'Europe Dans l'actuelle crise grecque, il y a l'arbre, et il y a la forêt. L'arbre : les soucis financiers de l'Etat grec, qu'il convient d'ailleurs de relativiser si on fait la part entre la réalité budgétaire (une dette publique s'élevant certes à 110% du PIB, mais à comparer avec celle de 100% des Etats-Unis et celle de … 200% du Japon) et l'emballement mi-irrationnel, mi-intéressé des marchés et des spéculateurs, qui conduit à l'explosion actuelle des taux de prêt au pays hellène. La forêt : l'incurie de ses partenaires européens, qui, oscillant entre égoïsme national et orthodoxie idéologique bornée, ont laissé la situation se dégrader alors qu'une intervention décidée et précoce aurait probablement stoppé net l'emballement des marchés.
Ce sont à la fois les institutions européennes et leur pratique qui sont en cause. Le traité européen exclut que soit aidé un pays membre en difficulté financière, de même qu'il exclut un financement par la Banque Centrale Européenne. On est en train de voir les effets pervers de ce rigorisme en temps de crise ; une entraide européenne se met finalement en place, mais tardivement et dans la difficulté ; quant à la BCE, elle refuse aujourd'hui de prêter à la Grèce étranglée par les taux d'intérêts des prêts bancaires, banques sauvées de la crise par les prêts à 1% de la … BCE ! En clair, le système marche sur la tête et aurait besoin d'être complètement revu, la perspective d'un gouvernement économique européen n'apparaissant plus comme un bel idéal très éloigné, mais comme une urgente nécessité. Et puis il y a la pratique. Jamais il n'a été aussi évident que l'Europe est un avion sans pilote. Historiquement, le couple franco-allemand a toujours été le moteur de l'union. Or qu'a-t-on vu ces dernières semaines, sinon l'illustration de la désunion et de la panne de ce moteur ? Alors que la crise atteint son paroxysme, une absence du président de la République, ne prenant la parole que très tardivement et laissant la ministre des Finances annoncer les bénéfices que tirera la France de l'argent prêté à la Grèce ; parallèlement, un chauvinisme à courte-vue de la chancelière allemande, qui, cédant à la pression populiste et aux considérations électoralistes, a à la fois retardé l'action européenne et soufflé sur les braises, faisant part publiquement de sa méfiance envers la Grèce. Nous payons lourdement le prix du découplage de la France et de l'Allemagne, et la responsabilité de Nicolas Sarkozy est tout sauf nulle dans ce divorce. François Mitterrand et Jacques Chirac en leur temps avaient toujours su chercher (c'est-à-dire construire) le compromis avec notre voisin d'outre-Rhin – faut-il rappeler que c'est un tel compromis qui a permis et la monnaie unique européenne, et la réunification allemande ? Ou qui a évité l'engagement de l'Allemagne au côté des Etats-Unis lors de l'invasion de l'Irak en 2003 ? Nicolas Sarkozy, en laissant le climat se détériorer entre les deux pays (en pensant à un rééquilibrage avec l'Angleterre), a de facto laissé une nouvelle règle s'établir, celle du chacun pour soi. Nous constatons aujourd'hui les conséquences de cet abandon, avec cette Europe empêtrée dans son absence de « gouvernance » et tirée à hue et à dia par les éléments extérieurs.
On aurait en tout cas bien tort de regarder la crise grecque de loin, assis confortablement dans son fauteuil et rassuré par la (présente) bonne note accordée à la France par les sacro-saintes agences de notation. Par un vicieux enchaînement causal, la crise de 2008 – de l'entière responsabilité des banques et de la finance – en vient à imposer un climat d'austérité et de détérioration de la puissance publique sur les populations européennes. Les « conditions » insensées que l'on s'apprête à imposer au peuple grec, en échange des subsides de l'Europe et du FMI, ouvrent la voie à un nivèlement économique et social comparable dans les autres pays de l'union – nivèlement qui, fatalement, cassera la croissance et nous enfoncera un peu plus dans la crise. Et la social-démocratie ne peut pas considérer que son rôle est de faire le « sale boulot », de mener à bien des plans de rigueur suite aux excès libéraux, avec la fausse idée que si c'est elle qui s'en charge, ce sera moins dur pour les salariés.
Alors, plutôt que de crier au loup contre des boucs émissaires faciles, les Grecs truqueurs de comptes publics aujourd'hui, un autre demain, plutôt que de désigner des coupables isolés (les patrons voyous, les agences de notation …) pour mieux préserver le système en son ensemble, il faut prendre des mesures fortes qui nous sortent de la gestion du statu quo et des contraintes. Pour ce qui est de l'Europe, mettre enfin la BCE sous le contrôle politique des citoyens et lui permettre de prêter aux Etats membres dans pareille situation, avec des conditions qui soient assorties de clauses sociales. On peut aussi penser que l'heure est venue de dépasser les certitudes monétaristes et de mettre fin à la surévaluation de l'euro, qui pénalise inutilement notre commerce extérieur. De concevoir une nouvelle politique douanière aux frontières de la zone euro, qui pénalise les importations ne satisfaisant pas à nos normes écologiques et sociales. Enfin, plutôt que de « faire payer » des populations qui auraient vécu « au dessus de leurs moyens », comme on est en train de l'expliquer pour la Grèce, mettre en place un plan européen de relance de la consommation, qui seul pourra nous remettre dans le cercle vertueux de la croissance – et d'une croissance partagée par tous.
Julien Dray
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|  François Hollande : " Nous n'avons pas besoin d'en promettre tant et plus" | Interview donné au Journal Le Monde publié dans son édition du 18-19 avril :
François Hollande, député de Corrèze et ancien premier secrétaire du PS, appelle à faire des choix clairs en 2012
Un discours de vérité. C'est ce que prône François Hollande, député socialiste de Corrèze et candidat aux primaires qui sélectionneront le candidat à la présidentielle de 2012. Sur les retraites, l'ancien premier secrétaire du PS se démarque d'une partie de la gauche, qui conteste le constat alarmant du Conseil d'orientation des retraites (COR). Sur l'état du pays, il prévient : » Nous n'avons pas pris la mesure de la gravité du choc économique. » A Martine Aubry, qui veut développer » la société du bien-être « , il répond : » On ne vit pas dans un monde édulcoré. « En 2012, ajoute-t-il, le PS devra se concentrer sur quelques priorités – l'éducation, l'emploi, l'écologie – et redonner espoir aux jeunes.
Dans une récente tribune au « Monde » , Martine Aubry met en garde le gouvernement contre la tentation de « dramatiser » le débat sur les retraites. Partagez-vous son point de vue ? Considérez-vous les chiffres du Conseil d'orientation des retraites comme sujets à caution ?
Le Conseil d'orientation des retraites, c'est le gouvernement Jospin qui l'a mis en place. Je ne suggère donc pas de casser le baromètre sous prétexte qu'il annonce du mauvais temps. Bien sûr, je me demande moi aussi s'il est sérieux de se projeter aussi loin, en 2050. Il aurait mieux valu s'arrêter à 2020, voire à 2030. Mais sur le fond, cela ne change rien : la situation est grave, nous sommes confrontés à un déficit structurel lié à la faiblesse de la croissance, à l'arrivée à la retraite des générations nombreuses et à l'allongement de la vie. Quoi que ce gouvernement décide, il ne résorbera pas le déficit d'un seul coup. Il n'y aura pas de grand soir des retraites. Et sa prétention à en faire la grande réforme du quinquennat tient une nouvelle fois de l'illusion. Le financement des retraites concerne aussi bien la gauche que la droite. Il restera devant nous. C'est la raison pour laquelle je plaide pour un rendez-vous tous les cinq ans. |
|  SEGOLENE AU BRESIL | Ségolène ROYAL au Brésil pour une autre vision du monde.
SÉGOLENE ROYAL a rencontré le vendredi 9 avril le Président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva. Un voyage qui s'ajoute à d'autres rencontres notamment au Sénégal, au Maroc et à de nombreux contacts. Autant de rencontres qui peuvent lui permettre d'esquisser progressivement ce qui pourrait devenir une politique internationale pour la France.
Le travail réalisé par la Présidente Socialiste de Région sera particulièrement utile dans la préparation des élections présidentielles pour donner au Parti Socialiste une crédibilité sur la question fondamentale des relations internationales.
Face aux échecs de Nicolas SARKOZY qui a davantage utilisé la scène internationale comme mise en valeur de sa propre personne, sans réussir à définir réellement une politique internationale de la France, la définition de cette politique apparaît essentielle pour permettre à la France de recouvrer une voix dans le monde.
Pour définir cette politique, il s'agit d'abord de porter un autre regard sur le monde en intégrant tous les peuples. Si Nicolas SARKOZY aime à se placer aux côtés des puissants pour mieux se grandir, Ségolène ROYAL esquisse une autre vision du monde en prenant davantage en compte tous les peuples du Sud. Nul doute que son apprentissage aux côtés de François MITTERRAND lui serve pour observer le monde avec ce regard humaniste.
Un monde en plein bouleversement impose un regard différent, un monde ou les puissants sont beaucoup plus fragiles avec : les États-Unis qui ne peuvent plus prétendre à mener une politique unilatérale, l'Europe incapable encore de parler d'une même voix, la place grandissante des États continents dénommés la BRIC : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, la volonté des États du Sud d'être davantage intégré dans le concert des nations.
Dans ce monde en mutation, la France du fait de son histoire peut jouer un rôle en tournant le dos à l'arrogance de SARKOZY. Ce n'est pas cette France qu'on attend. La France est attendue des peuples du Sud pour défendre leurs droits, pour une meilleure répartition des richesses, pour favoriser le développement dans le respect des cultures. C'est tout une autre politique internationale qu'il faut proposer : une France plus proche des peuples, la France qu'on aime, la France universelle des Droits de l'Homme. C'est tout un nouveau défi auquel semble se préparer Ségolène ROYAL dans ce nouveau monde.
François QUESTE Militant d'Espoir à Gauche et de Désirs d'Avenir
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|  TAXE SUR LES BANQUES : DSK POUR UNE "SOLUTION GLOBALE" | Le patron du FMI Dominique Strauss-Kahn a plaidé ce mardi à Bucarest pour une «solution globale» en matière de taxe sur les banques.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a plaidé ce mardi pour une «solution globale» en matière de taxe sur les banques, alors que plusieurs pays dont les Etats-Unis, l'Allemagne ou la France ont avancé des propositions.
« Je pense que nous avons besoin d'une solution globale. Les solutions proposées par les différents pays sont intéressantes et souvent assez bien adaptées aux spécificités des pays », a déclaré Dominique Strauss-Kahn lors d'une brève conférence de presse à Bucarest.
Toutefois, a-t-il ajouté, « ces solutions sont parfois, sinon totalement, du moins partiellement incompatibles entre elles, et donc je pense que tout ça devra être révisé lorsqu'une décision collective sera prise ».
Le FMI remettra en avril au groupe des pays riches et émergents du G20 ses recommandations sur une taxe permettant de « récupérer l'argent public employé pour soutenir les banques et autres institutions financières durant la crise ».
A chaque pays sa taxe...
Ce mercredi, le gouvernement allemand doit discuter en conseil des ministres, en présence de la ministre de l'Economie française Christine Lagarde, d'une taxe bancaire qui alimenterait un fonds de secours en cas de nouvelle crise.
La France envisage de son côté d'instaurer une taxe sur les banques, dont les recettes alimenteraient le budget de l'Etat, afin de peser sur leurs « activités les plus risquées », a déclaré mardi un haut responsable français.
Une telle taxe « ne fonctionnera bien que si toutes les grandes places financières adoptent une contribution à peu près comparable », a affirmé ce responsable sous couvert de l'anonymat.
Les Etats-Unis ont aussi dévoilé en janvier un projet d'une taxe sur les banques contrôlant plus de 50 milliards de dollars d'actifs. Elle devrait entrer en vigueur en juillet. Hanquet Jean Louis |
|  Dominique DUPILET : LE PS MOBILISE POUR DEFENDRE NOS TERRITOIRES | Samedi j'ai répondu présent à l'appel de Martine AUBRY qui organisait à La Mutualité à Paris un grand rassemblement sur la défense des territoires.
On ne dirait jamais assez combien la réforme territoriale voulue par Nicolas SARKOZY et son gouvernement est dangereuse pour les territoires et les citoyens. Plus que jamais il faut que nous soyons mobilisés.
Retrouvez mes impressions sur ce rendez-vous en cliquant sur le lien suivant : http://www.dominiquedupilet.fr/?p=1872
Dominique |
|  COMMUNIQUE DE L'ASSOCIATION A GAUCHE EN EUROPE - BETHUNE | ELECTIONS REGIONALES 2010 :
A gauche en Europe se réjouit de la large victoire des listes de rassemblement des forces de gauche dans l'ensemble des régions et en particulier celle emmenée par Daniel Percheron dans le Nord Pas-de-Calais.
Les Béthunois en votant à plus de 55% pour notre liste ont amplifiés le succès initié par la liste socialiste fort de ses 35% dès le premier tour.
Ils ont voulu, comme une large majorité de Français, permettre la poursuite de politiques régionales fortes, axées sur la modernisation de nos infrastructures, le développement durable, l'investissement massif dans la formation et la culture et la protection en terme d'emploi et de santé publique.
Ils ont également rejeté les mesures de Nicolas Sarkozy socialement injuste et politiquement incohérentes.
Nous regrettons par contre que Daniel Boys (conseiller régional sortant) qui n'avait pas démérité ne soit pas réélu et qu'aucun Béthunois ne siègent plus dans la nouvelle assemblée régionale. Nous déplorons également le score jamais atteint à Béthune par le front national. Cela signe un affaiblissement de notre ville et le sentiment d'abandon d'une partie de notre population.
L'équipe de St André Gacquerre en porte la lourde responsabilité par son illisibilité politique, son incapacité à prendre en charge les problèmes des Béthunois, et l'absence de leader capable de porter les projets de notre ville face à Bruay, Lens, Lievin ou Carvin.
Mais le premier responsable reste André Flajolet, député UMP, qui en plaçant St André Gacquerre à la tête de notre ville, à sacrifier Béthune à ses intérêts purement tactiques et politiques.
C'est pour cela que la reconquête de la place de Béthune et du Béthunois au sein de notre région passe d'abord par le retour de la gauche dans la 9ème circonscription.
C'est pour cela qu'en dehors des querelles nous en appelons à la reprise du dialogue entre toutes les forces de Gauche (PS, Front de gauche, MRC, Europe écologie...).
Avant même la désignation d'un candidat, c'est dans l'action commune face aux mesures de régression sociale que prépare Nicolas Sarkozy et son représentant André Flajolet, que nous pourrons préparer ensemble la victoire de la Gauche en 2012.
Jacques Antonio Mellick Responsable d'Ag2e BETHUNE
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|  Communiqué de François Queste, Secrétaire Adjoint de la Section | Mise au point face à l'inquiétude de nombreux militants :
Jacques Mellick (Père) est toujours le Secrétaire de la Section Socialiste de Béthune. La question du leadership ne se pose pas.
Les déclarations de notre camarade, Daniel Boys dans la presse, sont prématurées. En effet le PS fonctionne avec des statuts et il est important de respecter le processus de désignation.
Daniel a bien travaillé et il est normal d'avoir des ambitions mais ce n'est pas parce qu'il a été candidat aux régionales qu'il le sera automatiquement dans d'autres élections.
En temps et en heure, il y aura des appels à candidatures et tous les adhérents du PS peuvent y prétendre. Certains ont aussi des ambitions mais attendent leur tour.
Se sont les adhérents et eux seuls qui désigneront le candidat.
Pour le moment l'heure n'est pas à savoir qui sera et qui ne sera pas candidat, chaque chose en son temps commençons par nous préoccuper du projet que nous présenterons aux Français. |
|  L'atout de Sarkozy ? Rien ne le retient ! | Interview de François Hollande à L'Express : « L'atout de Sarkozy ? Rien ne le retient ! »
Longtemps mal connu des Français, François Hollande dévoile son jeu, ainsi qu'une part de sa personnalité. Voici ses convictions, ses propositions, ses ambitions.
Vous étiez premier secrétaire du PS au soir de la large victoire de la gauche aux régionales de 2004, trois ans avant la victoire de Nicolas Sarkozy. Quelle est la principale erreur que les socialistes ne doivent pas répéter ?
Ce serait de considérer que les victoires locales, par ailleurs bienvenues et utiles, préfigurent le dénouement des rendez-vous nationaux. La présidentielle répond à d'autres logiques. Elle est davantage personnalisée, elle appelle un projet identifié et elle exige une cohérence dans le rassemblement, car il s'agit de diriger la France. C'est ce travail qu'il faut engager avec un objectif: être au plus haut dès le premier tour. Le PS doit-il donc changer sa stratégie ?
Oui, en cherchant à conclure avec tous ceux qui le voudront un accord de candidature dès le premier tour. La question est posée aux écologistes. A eux de fixer leur ligne de conduite. Aux socialistes de créer les conditions, à travers un contrat de gouvernement et un juste partage des circonscriptions.
Nous avons deux ans pour y parvenir. Sinon, mieux vaudrait préparer en amont les bases du rassemblement pour le second tour, afin d'éviter les compromis hâtifs. Nous n'échapperons pas à la clarification sur les propositions que toute la gauche de gouvernement doit porter, ensemble, en 2012.
Même dans l'opposition, le PS ne parvient plus à regagner la confiance des classes populaires. Comment y remédier?
Je veux sortir des discours convenus et compassionnels sur les classes populaires. La meilleure façon de s'adresser à elles, c'est de fixer le cap pour de nouveaux progrès, de démocratiser la réussite, d'enrayer le déclassement et de garantir des protections, sans mentir sur leurs conditions de pérennité. Ce n'est pas d'essayer de répondre à tout, de fragmenter notre projet en autant de chapitres qu'il y a de catégories sociales.
Comment prend-on la décision incroyablement lourde, à la fois réfléchie et irrationnelle, de se présenter à l'élection présidentielle?
C'est une décision personnelle et politique. Il s'agit d'être capable d'assumer la charge la plus élevée du pays et de pouvoir rassembler les Français sur des choix. Je ne suis pas dans le caprice, ou dans le narcissisme.
Je récuse l'irrationalité. L'émotion, la séduction, l'envie ne sauraient être les déterminants d'un engagement: seule compte la conviction d'apporter des solutions à son pays. Ce sera au moment des primaires que je prendrai cette responsabilité.
Jamais, sous la Ve République, un candidat n'est devenu président sans avoir été ministre. Comment comptez-vous conquérir votre crédbilité?
La crédibilité n'est pas liée à un acte de gouvernement passé, mais à un projet suffisamment audacieux pour éviter la pause, ou pire, le renoncement. En ce qui me concerne, avoir dirigé le PS, quand il était au pouvoir avec Lionel Jospin et dans l'opposition vaut bien des expériences ministérielles. Mais l'élection présidentielle n'est pas un concours devant des chasseurs de têtes ni une sélection par les sondages. C'est un pacte démocratique conclu avec les Français.
En quoi différez-vous de vos camarades socialistes?
Je suis socialiste! Je ne cherche pas à me singulariser, je veux les convaincre que la victoire en 2012, dans le contexte de crise que nous connaissons, appelle un changement de méthode, de stratégie et de contenu. Je porte une démarche, qui n'est pas une addition de revendications, mais repose sur trois priorités, la production, l'éducation et la redistribution, et avec une exigence: tout concentrer sur l'avenir des jeunes.
L'une des qualités de Ségolène Royal en 2007 était, écriviez-vous dans Droit d'inventaires, sa capacité à « briser les codes » -ce que Nicolas Sarkozy s'emploie aussi à faire. Quels codes voulez-vous briser? En 2007, c'était un changement de génération, le choix de la personnalisation, la prétention de vouloir rompre plus sur les pratiques que sur les choix. Aujourd'hui, c'est la morale publique, l'éthique personnelle, le souci d'unir, l'apaisement et la sincérité qui doivent être les valeurs capables de briser les dérives de comportement. Je ne suis pas pour casser des codes, mais des facilités.
Il faut en finir avec ce mal français qui consiste à annoncer le meilleur avant l'élection et à gérer le pire après. S'il y a une rupture à faire, c'est avec cette manie de vouloir tout changer pour que rien ne change. D'ici à 2012, un exercice de vérité sur la situation du pays s'impose. Il risque l'implosion financière et l'explosion sociale.
Vous êtes favorable à la tenue de primaires le plus tôt possible. Si elles ont lieu au second semestre 2011, comme semble le souhaiter la direction du PS, envisagez-vous de ne pas y participer?
Je respecterai, quoi qu'il arrive, le calendrier de mon parti. Ma position est de désigner le candidat avant l'été 2011. C'est l'intérêt de tous. Nicolas Sarkozy va se mettre en mouvement durant toute l'année 2011. On ne peut pas le laisser « s'ébrouer » seul, pendant que nous en serions encore à nous départager.
Je suis pour que l'un ou l'une d'entre nous puisse assez tôt représenter l'alternative. L'incarnation ne s'improvise pas, elle se construit dans le temps. En 1981, François Mitterrand était apparu comme un contre-président avant de devenir le président. C'est le bon exemple!
Laurent Fabius assure que Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et lui-même ont conclu un « pacte » pour 2012. Redoutez-vous des primaires faussées?
Je n'imagine pas ce scénario. Que les protagonistes d'une même motion puissent avoir un accord pour la primaire ne me choque pas et cela a l'avantage de réduire le nombre des prétendants… Mais nous n'en sommes pas là. Je ne suis pas moi-même dans la précipitation ni dans la proclamation avant l'heure.
Je récuse l'irrationalité. L'émotion, la séduction, l'envie ne sauraient être les déterminants d'un engagement
Le PS entame bientôt sa convention sur le projet. Pourquoi ne parvient-il jamais à trancher sur les sujets les plus importants? Et dans quels domaines la mutation idéologique de la gauche reste-t-elle à accomplir?
L'essentiel, c'est la cohérence: un « contrat de l'après-crise » qui hiérarchise les engagements, conditionne les efforts et assure la justice. Il faut faire des choix: sur la manière de redresser les comptes publics; de procéder à la mutation écologique; sur l'immigration, sur notre stratégie de défense, sur la réduction des inégalités, notamment par la voie fiscale.
Seriez-vous prêt à dire que le problème de l'Education nationale n'est pas celui des moyens?
Oui, mais pas de réforme possible si on ne sanctuarise pas ses ressources. S'il y a un domaine où il faut prendre l'engagement de remplacer tous les fonctionnaires partant à la retraite, c'est celui-là.
Il s'agit d'améliorer notamment la qualité de l'enseignement supérieur, pour que les parcours des étudiants soient récompensés non seulement par un diplôme, mais aussi par un débouché permettant la promotion personnelle. De même que l'école de la République était au coeur de tout à la fin du xixe siècle, l'université de la République doit être centrale au xxie siècle.
Nicolas Sarkozy a relancé le débat sur la TVA sociale. A quelles conditions cette réforme serait-elle acceptable?
Sous aucune condition. C'est une fausse-bonne idée économique, qui se traduirait par une amputation mécanique du pouvoir d'achat. Au nom de la taxation des produits importés, on infligerait aux consommateurs une hausse des prix sans avantages en termes de protection sociale.
Il est anormal qu'une partie de l'assurance-maladie et les prestations familiales soient financées par des cotisations sur le seul salaire. Il convient d'élargir les prélèvements sociaux à l'ensemble de la valeur ajoutée des entreprises, ainsi qu'aux facteurs de pollution. De sorte que la taxe écologique serve à la fois de signal pour décourager certaines productions et de mode de financement de notre protection sociale, ce qui allégera le coût du travail.
Le taux de chômage atteint les 10%. On n'a peut-être pas « tout essayé »: que proposez-vous de nouveau?
Un pacte productif autour de l'investissement et de la formation. Pour cela, transformons notre système fiscal. Il est inadmissible que les entreprises du CAC 40 distribuent plus à leurs actionnaires que leurs bénéfices ne les y autorisent.
Je propose de détaxer ces derniers quand ils sont réinvestis, et à l'inverse, d'augmenter les taux quand les profits sont redistribués aux actionnaires. Par ailleurs, je prône un changement d'assiette du prélèvement social avec une modulation de la contribution en fonction de l'âge de la vie professionnelle, de façon à favoriser l'insertion des jeunes et à éviter le départ précipité des seniors.
Ni spectatrice, ni suiviste: l'Europe doit être actrice.
L'Europe doit-elle se donner plus de moyens pour renforcer le respect de ses règles budgétaires? Voire réformer son pacte de stabilité?
Mieux vaut adapter le pacte de stabilité que l'imposer à la hache. Au lieu de prétendre, de façon mensongère, que les déficits des Etats n'excéderont pas 3% du PIB en 2013, il serait plus honnête de fixer un plafond à 5%.
L'Europe doit assurer la solidarité de ses membres. Un Fonds monétaire européen garantirait aux pays membres qui peinent à se financer des taux d'intérêt raisonnables et la possibilité de lever des emprunts garantis par l'Union.
Estimez-vous que les Allemands pratiquent une politique de compétitivité favorable à leurs exportations au détriment de leurs partenaires, comme le leur a reproché Christine Lagarde?
Les pays qui ont laissé filer leurs déficits publics doivent redresser leurs comptes. Ils ne peuvent pas vivre au crochet de ceux qui ont fait des efforts. De son côté, l'Allemagne doit jouer son rôle de locomotive.
Il n'y aura pas de rééquilibrage dans la zone euro sans ce double mouvement. A l'Allemagne de prendre des décisions permettant l'harmonie et la cohésion. Il ne faut pas l'accuser, mais trouver une stratégie coopérative et concertée de retour de la croissance.
La politique de la main tendue, pratiquée, sur le terrain de la diplomatie, par Barack Obama, est de plus en plus critiquée. Une politique de fermeté vous paraîtrait-elle plus efficace?
Nous n'avions rien à gagner à l'hyperpuissance américaine de l'ère Bush, mais avons tout à redouter aujourd'hui de l'effacement de la puissance américaine.
Il ne faut pas laisser les Américains seuls en Afghanistan, sans perspective d'issue du conflit, dans l'hésitation face à l'Iran, dans l'hésitation ou dans l'indétermination vis-à-vis du Proche-Orient. Ni spectatrice, ni suiviste: l'Europe doit être actrice.
Le PS se dit sensible aux préoccupations écologiques. N'est-ce pas en contradiction avec son état d'esprit productiviste et sa défense du nucléaire?
Le PS n'est pas productiviste, mais favorable à la création de richesses et au progrès. La croissance de demain sera plus économe, plus sobre, plus humaine, plus technologique. Sur le plan énergétique, le PS n'est pas « nucléariste », mais attaché à une production « sécurisée » d'électricité nucléaire et au développement des énergies renouvelables. Je suis pour que l'effort de recherche soit amplifié, afin d'aboutir à la quatrième génération de réacteurs.
En avril 2009, dans L'Express, vous tendiez la main à François Bayrou. Que lui proposez-vous, alors qu'il est si affaibli?
Sa volonté de rester hors des grandes alliances l'a isolé. Toutefois, il est dans une famille de pensée qui a sa place dans l'espace public. Nul n'est éliminé par une suite de mauvais scrutins.
Le dialogue avec François Bayrou n'est pas inutile s'il peut déboucher sur des convergences. Ou rendre compte de l'ampleur des divergences. Mais nous ne sommes plus dans la question du rassemblement avec ou sans le MoDem. Les électeurs ont tranché.
Quel élément de la présidence Sarkozy faudrait-il garder au-delà de 2012?
A la différence de ses prédécesseurs, il a voulu être un président de la République réactif. Mais il a confondu la rapidité avec la virevolte. Pour ne jamais être dépassé par le vent, il l'a précédé. Il est urgent de remettre de la sérénité et de la cohérence.
Quel est son principal atout?
Son point fort était d'avoir réuni son camp dans un seul parti. Il n'est toutefois plus regardé, y compris dans sa famille politique, comme le seul candidat possible à droite. Mais il garde des capacités de rebond, car il n'est ligoté par aucun cordage idéologique, il ne considère pas ses promesses comme un fardeau.
Rien ne le retient, il se libère de tout, adopte tous les discours, joue tous les rôles. Sarkozy est capable de mettre en cause les élites, alors même qu'il en est le plus proche, de solliciter des réactions protectionnistes, alors qu'il a été le promoteur du libre-échange, d'user de toutes les peurs, même s'il a raté le débat sur l'identité nationale.
Pensez-vous qu'on va assister, après les régionales, à un tournant dans la politique de Nicolas Sarkozy?
Il devra prendre en compte le message des électeurs, mais cela ne l'empêchera pas de pratiquer la fuite en avant. Il ne réformera les retraites que pour envoyer un message politique, pas pour régler le problème de fond. Comme il n'a pas de cap et que la situation est difficile, il repoussera les choix les plus courageux et n'abdiquera pas son « paquet fiscal ».
Un homme de droite que vous admirez?
Que je considère plutôt: Alain Juppé. Pour son abnégation.
Un mot pour qualifier Martine Aubry?
Tenace.
Dominique Strauss-Kahn?
Compétent.
Ségolène Royal?
Inclassable.
Manuel Valls?
Toujours jeune.
François Hollande?
Solide.
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|  LA DROITE S'EFFONDRE ...... | Après les promesses vient l'heure d'un premier bilan de la politique calamiteuse de Sarkozy et de ses amis de droite.
Les élections régionales doivent être un véritable avertissement au pouvoir en place, d'autant plus que celui-ci nous prépare encore de mauvais coups dans le domaine des finances publiques, des retraites, sans parler de la réforme des collectivités locales qui a heurté tous les élus, de Gauche comme de Droite.
Il faut désormais que la Gauche soit en mesure de proposer rapidement une alternative à la politique menée par la Droite au pouvoir.
Immédiatement après les régionales, il faudra se mettre au travail ensemble pour préparer la victoire de la gauche en 2012.
Soyons en mesure de permettre à notre pays traumatisé par 5 ans de crise et d'expérimentations hasardeuses de se relever, en proposant de véritables solutions pour le pouvoir d'achat et l'emploi.
Nathalie DELBART Candidate Socialiste Aux élections régionales
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|  Xynthia, une catastrophe qui ne doit plus se répéter ! | La terrible tragédie qui a touché la Vendée, doit nous faire réfléchir à la fois sur l'urbanisation dans les zones à risques mais aussi sur notre capacité de réaction et d'adaptation par rapport à des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents et violents. Sur la question de l'urbanisation, je me souviens des propos tenus par Nicolas Sarkozy l'an dernier, lequel prônait la déréglementation, indiquant qu'il fallait libérer l'offre, augmenter les coefficients d'occupation des sols, sortir du respect passif d'une réglementation de plus en plus pesante ! Après le passage de Xynthia, son discours n'est plus vraiment le même, Je pense personnellement que l'Etat doit jouer son rôle de conseil, d'expertise et imposer des règles strictes aux élus locaux. Il existe des plans de prévention des inondations, (PPRI) ceux-ci sont établis par les services préfectoraux, ils doivent être appliqués rigoureusement, en déplaise à certains promoteurs immobiliers ou propriétaires terriens. Les plans locaux d'urbanismes devraient à l'avenir être étudiés par une commission d'experts, s'appuyant sur les PPRI (en général plutôt bien faits). Ces dernières années pas moins de 100 000 logements ont été érigés en zones inondables, il y a de quoi se poser des questions ! Par ailleurs, sur la problématique de la sécurité des personnes et des biens, il faudra mettre en œuvre très vite dans chaque département une commission qui sera en charge d'établir un plan d'alerte (PAD) adaptable et ré-ajustable en temps réel par une cellule de crise préfectorale composée d'élus locaux (correspondants défense), des services de police, des services de secours, et du délégué militaire départemental en liaison avec météo-France. Ce plan d'alerte départemental (PAD) pourrait décider du simple confinement chez soi à l'évacuation des populations si nécessaire. N'attendons plus que survienne un nouvel évènement dramatique pour commencer à agir, agissons dés aujourd'hui, mettons les moyens qu'il faut, notre sécurité en dépend.
GUY LEROY PS BETHUNE Ancien Conseiller Municipal de Béthune Spécialiste des questions de sécurité
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|  QUESTION DE DANIEL PERCHERON SUR LA FISCALITE DE LA REGION | QUESTION DE DANIEL PERCHERON, SENATEUR DU PAS DE CALAIS
Fiscalité du Conseil Régional Nord-Pas de Calais
Question au gouvernement n° 12086 adressée à Monsieur le ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État
Publiée au Journal Officiel le 18 février 2010
Monsieur Daniel Percheron attire l'attention de Monsieur le ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État sur les premières simulations concernant la suppression de la taxe professionnelle, effectuée par le ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi. Ces simulations font apparaître une situation très préoccupante pour l'équilibre budgétaire et les politiques du conseil régional Nord-Pas-de-Calais : les recettes de la nouvelle contribution économique territoriale rapporteraient 230 millions d'euros annuels contre 380 millions d'euros annuels précédemment perçus au travers de la taxe professionnelle qui était elle-même plafonnée. Quelles dispositions précises le Gouvernement entend-il prendre non seulement pour maintenir les recettes de la région Nord-Pas-de-Calais mais pour lui donner les bases dynamiques qu'exige une région en mutation et en conversion depuis si longtemps déjà ? Jamais dans l'histoire récente de la République, une collectivité locale n'avait été ainsi traitée par un gouvernement soucieux de notre devise nationale : « Liberté, égalité, fraternité ».
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|  Ségolène Royal avait raison | Ségolène ROYAL avait encore raison…
Souvenons nous de 2006 et du combat de notre candidate contre les violences faites aux femmes. Elle proposait cette fameuse loi cadre qui a été votée hier à l'Assemblée Nationale. Que ne disait-on pas sur cette proposition ???
On s'étonnait que Ségolène ROYAL demande cette loi qui renforçait les protections des femmes soumises à des violences familiales, car, nous disait-on l'outil juridique était suffisant !
Et bien non, il ne l'était pas et les chiffres parlent d'eux-mêmes. Je note aussi que la promesse de Nicolas SARKOZY de régulariser les femmes soumises à ces violences n'est actée que trois ans après les effets d'annonce.
Encore une fois les faits donnent raison à Ségolène ROYAL, le chèque « Pass-Contraception » les a obligé à bouger, car les chiffres demandaient une réponse politique rapide.
Sur ces deux problèmes bien précis, le diagnostic était le bon et la proposition responsable.
François QUESTE
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|  TOTAL-EMENT SCANDALEUX | Les syndicats ont levé de piquet de grève dans les raffineries françaises. En dehors du site de Dunkerque, (dont nous connaîtrons le sort après le comité d'entreprise du 8 mars prochain), les cinq autres raffineries implantées en France seront préservées pour les cinq années à venir selon le Groupe milliardaireTotal. Mais il faut être vigilant, et maintenir la pression. Le groupe Total qui a réalisé 8 milliards d'euros de bénéfices en 2009 n'est pas menacé par la crise. N'oublions pas les délocalisations en Asie ou en Arabie Saoudite, les licenciements de salariés ou le non renouvellement des départs en retraite. Sa stratégie : Toujours plus de dividendes pour ces actionnaires et plus de versements de stock-options de ses dirigeants. Comment expliquer la décision de dépenser 7 milliards d'euros dans une usine de raffinage en Arabie Saoudite ???? Alors que l'on parle de fermeture en France ? C'est scandaleux ! Nous devons encore nous battre, car la fermeture de raffineries peut et doit être évitée. GUY LEROY PS BETHUNE
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|  DOMINIQUE STRAUSS-KAHN EN TETE DES SONDAGES | Le président du FMI serait le seul candidat de l'opposition à même de battre Nicolas Sarkozy en 2012, d'après un sondage CSA pour La Chaîne Parlementaire. Il l'emporterait avec 51% des voix. 51 contre 49. C'est d'un tout petit point que Dominique Strauss-Kahn pourrait battre Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle de 2012, selon un sondage CSA* pour LCP Assemblée nationale. Et c'est le seul parmi les six candidats de l'opposition testés à pouvoir l'emporter.
Extrait du Journal "Le Figaro" |
|  PRESIDENTIELLES : SONDAGE CSA / MARIANNE | Selon un sondage CSA*, réalisé pour l'hebdomadaire «Marianne», Dominique Strauss-Kahn pourrait, s'il le souhaitait, être le futur président de la République.
Au second tour de la présidentielle de 2012, il devancerait Nicolas Sarkozy avec 52% des suffrages. Mais le PS ne sortirait pas vainqueur s'il était représenté par sa Première secrétaire : Martine Aubry n'obtiendrait, en effet, que 48% des voix, soit un point de plus que Ségolène Royal en 2007.
Au premier tour de la présidentielle de 2012 quel que soit le candidat socialiste, Nicolas Sarkozy arriverait en tête dans les projections du sondage CSA. Il recueillerait 32% des voix devant la maire de Lille ou 29% des suffrages contre l'actuel président du FMI. Derrière l'UMP, le PS serait sur la seconde marche du podium avec 19 % dans l'hypothèse Aubry et 22% dans l'hypothèse DSK.
Villepin obtiendrait 10% des suffrages au premier tour
Ce sondage retient l'hypothèse d'une candidature de Dominique de Villepin, qui obtiendrait 10% des suffrages, soit deux points de plus qu'avant sa relaxe au tribunal correctionnel de Paris, indépendamment du candidat socialiste. Ce bon score néanmoins ne nuirait pas trop au chef de l'Etat dans les urnes.
Le président du MoDem François Bayrou recueillerait 12% si Martine Aubry était en lice, 10% si DSK représentait le PS. Dans les deux cas, Marine Le Pen (FN) est créditée de 9%, Marie-George Buffet (PCF) de 3% et Nathalie Arthaud (LO) de 1%, selon le sondage du CSA.
En revanche, le score d'Olivier Besancenot varie d'un point: il obtiendrait 7% en cas de candidature Strauss-Kahn, 6% en cas de candidature Aubry. Il en est de même pour les Verts, Cécile Duflot obtiendrait 8% dans l'hypothèse Aubry, 9% dans l'hypothèse DSK. De légères nuances qui reflètent les mouvances du Parti socialiste. |
|  OUI, LE BONHEUR EDUCATIF EST POSSIBLE | Oui, le bonheur éducatif est possible !
Le malaise éducatif est très profond. Il touche tous les degrés d'enseignement et tous les acteurs du système scolaire : l'école ne joue plus son rôle de correction des inégalités et ne garantit plus la mixité sociale. Une ségrégation scolaire reproduit donc souvent la ségrégation sociale. Les personnels éducatifs vivent une crise de confiance et de légitimité. Ils sont souvent déconsidérés et peu valorisés dans leurs efforts. Les débuts de carrière sont souvent démoralisants. Les autres personnels de l'Education Nationale sont perçus comme des quantités négligeables. Les parents sont parfois exclus et ont du mal à trouver leur place. L'école, en conservant un fonctionnement élitiste, a créé une compétition qui a un coût très lourd pour la jeunesse. De nombreux élèves sont en souffrance, en rupture ou expriment leur violence face au système. Face aux réformes proposées sans aucune concertation, imposées avec autoritarisme, et toujours précipitées, l'école est donc fragilisée.
Ségolène Royal nous appelait à une lucidité radicale. Plus que jamais, elle est nécessaire pour un projet éducatif novateur et porteur d'avenir. Nous devons donc impulser un nouveau débat sur l'éducation qui sorte des schémas trop classiques. Certes, la diminution drastique des moyens financiers accordés à l'Education Nationale est un problème majeur. La suppression des postes d'enseignants l'est aussi. Mais on ne peut pas se contenter d'un discours fondé uniquement sur les moyens. Les thématiques à proposer peuvent être iconoclastes. Elles doivent aboutir à renouer le dialogue avec et entre tous les acteurs de l'éducation. Il faut s'appuyer sur la réalité de l'école d'aujourd'hui et non sur une vision fantasmée du système. Nous ne devons plus opposer élèves, professeurs et parents. Il faut redéfinir les objectifs du système éducatif dans son ensemble :
- Repenser un système public d'éducation à partir de la petite enfance et tout
au long de la vie
- Repenser la capitalisation des connaissances et des diplômes
- Redéfinir le métier d'enseignant
- Favoriser l'engagement des équipes éducatives
- Repenser la place de l'élève
- Sortir le système éducatif français de la notion de sanction/évaluation/échec
- Donner les outils aux jeunes pour devenir des citoyens bien informés et
réactifs par rapport aux enjeux actuels de notre planète.
- Former des citoyens libres, responsables et capables d'apprendre tout au long
de la vie.
Il faut répondre au désir d'un nouveau discours de gauche sur l'école, un discours attendu pour remettre l'école au cœur d'un projet politique ambitieux et être à la hauteur des attentes de nos concitoyens. Voilà le chemin vers le bonheur éducatif. Voilà le chemin vers une école de la fraternité.
Dominique BERTINOTTI François QUESTE |
|  DOMINIQUE STRAUSS KHAN, CANDIDAT AUX PRESIDENTIELLES ? | Dominique Strauss Khan a déclaré à RTL :
A ce jour, j'ai toujours dit : J'ai l'intention de faire mon mandat (au FMI). Maintenant si vous me demandez si dans certaines circonstances, je pourrais me reposer la question (d'une candidature aux Présidentielles) la réponse est "oui".
Après l'interview à la radio, il a dit a des amis qui l'attendaient : Vous avez vu, j'en ai dit un peu plus..... |
|  RECADRAGE |  François Fillon a réuni son gouvernement pour faire le point du débat sur l'identité nationale. Il s'agit, dans la terminologie élyséenne, qui se répand dans la presse du jour, d'un « recadrage ». On parlera, ce soir, d'un élargissement de la discussion, on verra d'autres ministres – Luc Chatel, Hervé Morin, Nadine Morano – monter en première ligne pour parler de citoyenneté, on évoquera des mesurettes pour valoriser celle-ci. Eric Besson, sans s'effacer, sera entouré, sans doute aussi incité à ralentir. Bref, on fera comme si tout continuait... alors que l'essentiel est fini.
Le débat sur l'identité nationale, dans sa version initiale, s'achève en effet, sur un constat d'échec. Sa finalité était étroitement électorale. Il s'agissait pour Nicolas Sarkozy, avec l'aide de son nouvel affidé, transfuge du Parti socialiste et attaché à la perte de celui-ci, de « refaire le coup » de la campagne de 2007. C'est alors que celui qui n'était à l'époque que le candidat de l'UMP avait lancé l'idée d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. L'intention était malsaine, elle rappelait, dans la terminologie, les heures sombres de l'Etat français : il s'agissait, tout simplement, de montrer aux électeurs du Front national, qui avaient porté Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, que leurs thèses seraient sinon reprises, du moins entendues, par le prétendant de la droite, qui pouvait, lui, les mettre en oeuvre. Force est de reconnaître que la manoeuvre ne fut pas inefficace : elle permit – pas seule, mais en y contribuant fortement – à Nicolas Sarkozy de virer largement en tête au premier tour, avec l'appui de nombreux électeurs FN, avant de récupérer la quasi-totalité de leurs voix au second. En 2009/2010, la problématique était assez similaire, la visée identique : éviter la présence d'un Front national que chacun sent, sans pouvoir le mesurer, en léger regain, au second tour d'élections régionales difficiles pour la majorité. Pour cela, il fallait rééditer le tour de passe-passe de 2007, et remettre en scène l'ennemi désigné de l'identité nationale : l'immigré, le musulman. Telle est, par delà toutes les tentatives laborieuses, plus ou moins théorisées ou intellectualisées, la seule signification de ce débat nauséabond.
Pour aboutir à ses fins, le pouvoir n'a pas ménagé ses efforts. Il a lancé ce débat à grand renfort de communication. Il l'a installé avec force dans les médias. Il s'est appuyé sur les services d'un mercenaire mélancolique, intelligent et sans scrupules, Eric Besson, qui a bravé l'opprobre avec jouissance, accepté la douleur d'être l'ennemi public numéro un avec fierté, même s'il en souffre sans doute en réalité. Il a laissé se développer des confrontations périphériques, comme la discussion sur la burqua. N'oublions pas, d'ailleurs, que tout est parti de là, lorsque le ministre de l'immigration et de l'identité nationale l'a présenté comme une menace pour celle-ci. Petit à petit s'est répandu dans le pays un climat lourd, démoralisant, plus que déplaisant. Et le malaise s'est installé très vite. Car ce débat ne pouvait réussir. Il s'est enlisé très rapidement dans l'opposition, qu'il voulait d'ailleurs souligner, entre la France et ses immigrés. Il est très vite devenu obsédant, stigmatisant, caricatural. Les Français ont d'emblée perçu son caractère tacticien, ils se sont sentis peu concernés par un thème qui les préoccupe peu dans leur immense majorité. Enfin, il n'a pas servi la droite. Celle-ci est apparue déconnectée des vraies priorités – économiques et sociales – de nos concitoyens, d'autant plus qu'elle s'enfonce dans le mensonge fondateur de 2007 – la France n'est pas plus forte ni plus juste, elle s'enlise dans le chômage pendant que les inégalités s'accroissent. Quant au Front national, il s'est nourri de cette aubaine, se contentant par sa posture de suggérer que l'original était préférable à sa copie : cet électorat n'est plus disponible pour le sarkozisme, il sortira peut-être de l'abstention... pour retourner vers ses premières amours, et faire chuter davantage encore l'UMP.
Pour toutes ces raisons, il fallait arrêter les frais : c'est ce qui arrive aujourd'hui. La gauche, dans cette affaire, a eu la bonne réaction. Elle ne s'est pas laissée caricaturer, comme le souhaitait Nicolas Sarkozy, en « parti de l'étranger ». Elle a refusé de prendre part au débat – c'eût été le légitimer. Elle a pris des positions de principe claires sur la burqua – oui à la lutte contre ce symbole de l'indignité faite aux femmes, non à une loi de circonstances. Surtout, elle est toujours restée sur le terrain des questions économiques et sociales, notamment en valorisant l'action de ses élus dans leurs territoires. « L'opération identité nationale » s'est donc retournée contre ses inventeurs, elle a servi ceux qu'elle prétendait affaiblir. Le Président de la République est apparu, dans cette affaire, comme un apprenti sorcier, un Frankenstein dépassé par sa créature. Le paradoxe est que cet homme que l'on dit tellement décidé, qui est incontestablement autoritaire, que ce fin politique a sans doute très vite perçu l'échec de cette manoeuvre – son papier dans « le Monde » à la fin 2009, tentant déjà d'apaiser la controverse, le montrait – mais a mis longtemps à la stopper. Elle a fait du mal à la droite : je ne m'en plaindrai pas. Mais elle a aussi été néfaste pour le pays : cela, je le déplore. Nicolas Sarkozy, décidément, ne sait pas exalter le meilleur de notre identité nationale : la République, les valeurs de sa devise, la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité aussi. Il ne veut pas, ou il ne peut pas, aider la France à redevenir une Nation ouverte au monde, passionnée par la justice, tolérante. Refaire la République – la réparer plus modestement – retrouver le bonheur d'être Français : cela fera partie, au premier plan, du cahier des charges de la gauche en 2012. Ce ne sera pas simple, car le sarkozisme aura beaucoup abîmé de l'esprit public. Cela reste possible car, quoi qu'en disent certains, nous ne vivons pas dans un climat fasciste ou pré-fasciste, et nos mécanismes démocratiques sont résistants. En tout cas, il restera de ce débat, qui n'aurait jamais du advenir, un goût de cendre, un sentiment cruel de gâchis. Cela, aucun recadrage, aucun habillage républicain d'un François Fillon décidément préposé désormais au ravaudage des erreurs de son maître, ne pourra le balayer. Il faut bien, pourtant, tourner la page, et s'attaquer maintenant aux vraies questions : quel modèle économique, social, écologique pour la France au XXIème siècle ?
Pierre MOSCOVICI
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|  Enterrement en petite pompe |  Le débat sur l'identité nationale aura donc accouché d'une commission. C'était la formule que Clemenceau utilisait pour moquer, sous le IIIème République, les gouvernements qui ne savaient plus que faire de leurs mauvais projets.
C'est pourtant la voie que le Premier ministre a choisi pour sortir de l'impasse où son ministre de l'identité nationale et de l'immigration avait conduit le gouvernement en improvisant, au plus mauvais moment, une initiative aussi mal engagée que mal pensée.
Car pourquoi fallait-il déchaîner tant de passions, provoquer tant de dérapages, susciter tant de légitimes suspicions, pour finir par apposer une Déclaration des droits de l'Homme dans chaque classe, ou faire chanter une fois par an la Marseillaise à chaque jeune français, sans que l'on sache très bien si ceux qui ne le sont pas devraient également entonner l'hymne national. On pourrait en sourire si les dégâts de cette malencontreuse opération n'avaient pas fait perdre le sens de ce que doit être la nation : une communauté de valeurs, des principes communs, une mémoire reconnue, un projet unissant les destins.
La faute originelle est d'avoir créé un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. D'avoir créé cette confusion, d'avoir entretenu le conflit entre étrangers et nationaux. Comme si la nation se devait d'avoir peur de l'autre et parfois même, peur d'elle-même.
Avant les élections régionales, il fallait sans doute pour le président de la République, en toute hâte, clore ce mauvais chapitre. Mais je ne doute pas qu'il y reviendra puisqu'il croit que le thème de l'identité nationale lui a valu son succès à l'élection présidentielle de 2007.
Je suggère, le moment venu, de confronter les conceptions de la République, de la nation, de la France, dans la perspective de 2012. Certes, être Français dépasse les clivages, et comporte un vivre ensemble qui doit nous rassembler. Convenons que le Pacte national soit régulièrement défini, chaque fois que le peuple est consulté sur son futur. Dire ce que nous voulons faire ensemble, en Europe et dans le monde, tel est le sens de la confrontation démocratique la plus élevée. Et ce n'est parce qu'il peut être fait mauvais usage de l'identité nationale, que la gauche doit se détourner de ce qui fait le cœur même de son mouvement : la réécriture du contrat social, le pacte républicain, la place de la France dans le monde.
François Hollande
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|  LETTRE DE SEGOLENE ROYAL A SES AMIS. | Chères amies, chers amis
Vous êtes très nombreux à m'envoyer des messages et à m'interroger sur la gestion du temps qui est devant nous.
Je tiens d'abord à vous remercier et à vous féliciter pour l'ensemble de vos contributions et de vos actions, que ce soit sur le terrain, dans les comités locaux ou sur notre site Désirs d'Avenir.
La plateforme solidaire est un vrai succès, 30.000 visites depuis sa mise en ligne, il y a un peu plus d'un mois, l'espace «La Fraternité en action» de plus en plus utilisé, une réelle solidarité se construit.
Comme promis, notre site participatif monte en puissance. Grâce à l'équipe qui l'anime et qui tient compte chaque jour de vos remarques, de vos suggestions et de toutes les interventions que vous « postez » sur les forums. Celui sur l'éducation vous a particulièrement enthousiasmés. Je m'en réjouis. C'est l'un des sujets majeurs et j'attache une grande importance à vos réflexions.
Les Universités Populaires Participatives se déroulent un peu partout en France. Elles attirent de plus en plus de citoyens, désireux de réfléchir ensemble que la société que nous voulons construire. Encore une fois, laissez-moi vous redire à quel point le travail des comités locaux est précieux, avec toutes les remontées de terrains, les veilles sociales, les initiatives qui nous permettent de rester au contact du pays réel et de mieux réfléchir à demain.
De mon côté, je suis engagée dans mon travail de Présidente de Région. J'ai choisi de m'exprimer très peu sur les médias nationaux parce que je ne veux pas nourrir la machine à polémique partisane, me laisser entraîner dans des commentaires sur tout. Vous me connaissez suffisamment pour savoir à quel point je ne mélange pas les échéances. Chaque étape est essentielle et j'ai toujours fait passer devant la région que je préside et ses habitants.
Je prépare la dernière session et la dernière commission permanente du mandat avec des décisions très importantes sur l'emploi, l'écologie, l'éducation et les transports. Je serai dans l'action jusqu'au bout puis je ferai, dans le cadre de la campagne officielle, des réunions de proximité sur le bilan et le projet. Nos efforts de rassemblement à gauche et d'ouverture se poursuivront jusqu'au bout.
Chères amies, chers amis,
Bravo pour vos efforts, tous vos combats pour porter notre idéal fraternel. Je sais aussi à quel point il faut aller chercher loin parfois l'énergie, la force pour encourager, créer l'espoir, apporter des solutions dans une époque aussi anxiogène.
Je vous remercie encore pour tout ce que vous faites au quotidien. C'est tout simplement formidable.
Je suis à vos côtés. Après les régionales, nous nous retrouverons pour notre assemblée générale et la reprise des Universités Populaires Participatives
En attendant, je vous lis chaque jour. Et c'est pour moi une grande source d'enrichissement.
Avec toute mon amitié.
Ségolène |
|  Trotsky réveille-toi ! | La rupture est décidément un concept qui fait florès – mais pas toujours là où on l'attend. Avouons qu'il est toujours étonnant de voir une formation politique que l'on a bien connue, où l'on a longtemps milité, renier sa propre identité sur un coup politique. C'est pourtant ce que vient de faire la LCR, ou plutôt le NPA, en présentant sur sa liste pour les régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur une jeune femme voilée, et en l'assumant crânement – Olivier Besancenot allant jusqu'à traiter d'islamophobes les dizaines de réactions hostiles et indignées.
La France, vient-on nous expliquer, « a changé », et on peut aujourd'hui porter le voile et être une militante laïque, altermondialiste et anticapitaliste. Ce voile ne serait qu'un choix personnel de l'ordre de l'intime, et ne devrait donc même pas être remarqué ou faire l'objet d'un débat.
Ceci est pourtant à mes yeux une position intenable. Le voile a ceci de particulier qu'il est un signe religieux très visible, exportant d'une certaine manière la dimension intime du religieux sur la place publique. Il s'expose au regard de chacun, le contraignant d'une certaine manière à l'accepter, et plus encore dans le cas d'une candidate à un mandat d'élu, qui est un personnage public. Par ailleurs, quelqu'un qui brigue un mandat doit d'une certaine manière représenter en personne et illustrer les valeurs et l'éthique qu'il défend ; en l'occurrence, la dissimulation du visage de la femme et le postulat de son infériorité, ou de sa soumission, à l'homme, n'ont jamais été des valeurs de gauche, et encore moins du trotskysme.
La LCR que je connaissais avait fait Mai 68 pour libérer la société, et porter la libération sexuelle ; elle avait diffusé le manifeste de Wilhelm Reich, et contribué à la fondation du MLF. Il était alors inimaginable qu'elle puisse un jour présenter une femme voilée à des élections, en se réfugiant derrière l'argument du multiculturalisme. Tout simplement parce que cette LCR était vraiment révolutionnaire et voulait, en conséquence, libérer la femme et l'homme de toutes leurs chaînes.
En réalité, le parti précédemment connu comme la LCR et aujourd'hui nommé NPA vient d'opérer, plus qu'une rupture, un retour en arrière ; non pas vers ses sources trotskystes, mais vers le maoïsme pur et dur. Ces maoïstes qui nous expliquaient doctement qu'il y avait des contradictions « primaires » et des contradictions « secondaires », de moindre importance ; et que celle entre l'impérialisme capitaliste et le mouvement ouvrier était plus importante que celles, secondaires, au sein des opposants à cet impérialisme. Il fallait mettre de côté les réserves que pouvait susciter tel ou tel compagnon de lutte et faire front commun, par machiavélisme, contre l'ennemi impérialiste. L'ennemi de mon ennemi est forcément mon ami, en somme. Qu'importe que l'on voile les femmes et qu'on les rabaisse, si on est « altermondialiste » et « anticapitaliste » !
Trotsky, aujourd'hui, doit se retourner dans sa tombe. L'histoire nous a appris que quand on commence à théoriser l'idée que la fin justifie les moyens, en général, ça se finit justement très mal.
Julien Dray
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|  FRANCOIS HOLLANDE LE 24 JANVIER 2010 DANS "VIVEMENT DIMANCHE" | Chers(es) Camarades,
Nous avons le plaisir de vous indiquer que François Hollande sera l'invité de Michel Drucker, dimanche 24 janvier pour l'émission "Vivement Dimanche" et "Vivement dimanche prochain" à 14h10 et à 18h50 sur France 2.
Seront présents aux côtés de François Hollande pour cette émission: Eddy Mitchell, Melody Gardot, La Grande Sophie, Annie Duperey, Sarah Giraudeau, Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Benjamin Biolay, Stéphane Guillon, le groupe Soft et plusieurs invités politiques.... |
|  LAURENT FABIUS : TAXATION DES BANQUES | « La taxation des banques par le Gouvernement, c'est de la poudre aux yeux »
« On nous a fait croire qu'on allait réellement taxer les bonus des banquiers. C'est de la poudre aux yeux. En réalité, le Gouvernement prélève aux banques seulement 1% de ce qu'elles ont gagné dans les trois premiers trimestres, alors qu'elles ont recommencé à spéculer et n'aident pas suffisamment les PME. Je demande que l'on reprenne la proposition des socialistes : une taxation de 10%.
Un million de personnes vont arriver en fin de droits cette année. C'est colossal. Il faut augmenter la durée d'indemnisation du chômage. La taxation des banques pourrait contribuer à financer cette mesure. »
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|  Julien Dray, proposition sur la Burqa | Faut-il interdire ou non la burqa ? J'ai eu l'occasion de m'exprimer à plusieurs reprises, ces derniers jours, à ce sujet. Sujet complexe s'il en est, parce qu'il mélange un problème empirique, un problème philosophique et un problème pratique et juridique. Problème empirique : y a-t-il vraiment une explosion du nombre de burqa en France ? Problème philosophique : peut-on interdire ce qui relève du libre choix d'un individu ? Problème pratique et juridique enfin : si tant est que l'on veuille interdire le port de ce vêtement, comment s'y prendre ?
Sur le nombre de burqa en France d'abord. Des chiffres plutôt faibles ont été avancés par le Ministère de l'Intérieur (2000 sur toute la France), mais celles et ceux qui habitent ou connaissent les quartiers où ce vêtement fleurit pensent généralement que ces statistiques ne sont pas réalistes, et ne captent pas toute l'ampleur du phénomène. Par ailleurs, il faut également considérer la dynamique, et de ce point de vue le constat est implacable : de très marginal il y a encore quelques années, le phénomène a connu une hausse assez spectaculaire depuis un an. Enfin, on ne peut pas sous-estimer la nature symbolique de ce vêtement ; en tant que symbole d'inacceptable oppression de la femme par l'homme, de négation de l'égalité des sexes, il constitue dans tous les cas, et quelle que soit son importance numérique, un défi à notre République et à ses principes.
Sur le problème philosophique ensuite. On peut toujours arguer que les jeunes filles, ou femmes, qui portent la burqa l'ont choisi, et même exhiber des témoignages en ce sens. Mais cela ne change rien. Tout d'abord, si chacun est libre de s'habiller comme il le veut dans la sphère privée, l'espace public, lui, est régi par nos principes communs, et il est tout à fait légitime d'interdire des tenues qui troublent l'ordre public, ou les valeurs républicaines. Ensuite, il faut quand même voir de quoi l'on parle quand on évoque le libre arbitre des individus. La liberté absolue n'existe pas : elle est toujours déterminée par l'éducation, les usages locaux, la pression de l'entourage. L'objectif de l'émancipation républicaine est précisément de permettre à tout citoyen de s'extraire de ces déterminations premières. A chacune de ses étapes, le combat féministe a dû affronter, d'ailleurs, ce type d'argument. C'était " le choix des femmes " de ne pas travailler, de ne pas voter, de se dévouer à leur mari ... Contre cette position extrêmement hypocrite ou faussement naïve, il faut réaffirmer qu'un asservissement librement consenti n'est pas un signe de liberté. C'est justement le tour des force des idéologies et des sectarismes de faire croire qu'un asservissement est librement consenti.
Reste alors la question pratique. Au début, j'ai pensé qu'une résolution de l'Assemblée suffirait, mais à la réflexion, cette solution m'a paru être hypocrite, et ne viser au bout du compte qu'à se donner bonne conscience. Pire encore, cela aurait été un signe d'impuissance. Soit la burqa n'est pas contraire aux principes de la République, et alors il n'y a rien à faire, soit elle leur est contraire, et alors il faut prendre des mesures draconiennes - une loi, en l'occurrence. Faut-il une loi anti-burqa, tout simplement ? Comme je le disais plus haut, on ne peut pas ignorer les dimensions symboliques de la burqa. Elle est trop souvent assimilée, dans les esprits, à l'Islam et aux Musulmans, même si elle n'est pas en réalité un habit religieux ou commandé par la religion musulmane, mais une tenue propre aux traditions de certaines régions du Moyen-Orient, antérieure même à l'Islam. Toujours est-il qu'en s'acharnant sur la seule burqa, on donnera le sentiment, par extension, de s'en prendre à l'Islam, et de stigmatiser ses pratiquants. Pour cette raison, et parce que les violences faites aux femmes ne se limitent pas au port contraint de ce vêtement, ni même aux extrémistes religieux, je préconise plutôt la conception d'une loi générale et positive, sur l'égalité des sexes, la dignité et le respect. Elle aurait vocation à devenir un texte fondateur pour notre République.
La loi et l'interdiction ne règlent bien sûr pas tout. Si effectivement le port de la burqa est parfois présenté comme un choix personnel, il faut comprendre ce qui peut pousser des adolescentes, nées en France et dans des familles non-intégristes, voire non-religieuses, à se convertir et à s'enfermer dans cette prison de tissu, à l'abri des regards. Une des pistes à suivre, à mon sens, est la mise au point d'une vraie éducation à la sexualité et au respect entre hommes et femmes, au collège et au lycée, qui ne se limite pas à quelques séances vite expédiées, considérées par tous comme gadget ou accessoire. L'école ne peut sans doute pas tout, mais elle peut et doit mieux faire pour ce qui est de la formation citoyenne, au respect ou, comme je l'avais dit lors de mon intervention à Dijon, à la gestion de la violence. C'est en donnant à ces enseignements la place qu'ils méritent que l'on peut espérer éviter, dans 10 ans, une nouvelle crise semblable à celle de la burqa.
Julien Dray
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|  Julien Dray : 365 Jours | lundi 21 décembre 2009 365 jours, c'est à la fois peu, et beaucoup. Cela fait 365 jours, presque au jour près, que le ciel m'est tombé sur la tête.
Bien entendu, c'est comme tout : il y a pire, plus grave, plus terrible, et il faut toujours penser à celles et ceux qui souffrent plus, de problèmes de santé, ou qui ne savent pas comment boucler le mois quand les poches et le buffet sont vides. Je dirais même que d'y penser permet de relativiser, et donc de surmonter, ses propres soucis. Cela permet, plus encore, de trouver l'énergie de se battre : ce ne sont que des problèmes judiciaires, qui doivent être dépassés pour pouvoir à nouveau affronter ce qui mérite vraiment de l'être – l'injustice sociale – comme je l'ai fait pendant toutes mes années de militantisme.
Je ne veux pas revenir ici sur « l'affaire » elle-même. J'ai toujours dit qu'elle partait d'une dénonciation calomnieuse, sans aucun fondement. Je tiens juste à souligner une chose à mes yeux très importante, mais que les médias n'ont pas reprise : dans le rapport final du parquet, il est clairement dit que l'on n'a pas constaté de mode de vie dispendieux de ma part. Et ceux qui ont écrit cela savent de quoi ils parlent ; ils ont, durant ces 365 jours, passé 5 ans de ma vie au peigne fin. Ils ajoutent que certes, j'aime les montre coûteuses, mais qu'il y a incontestablement un équilibre entre celles que je vends et celles que j'achète. Il n'y a donc pas de mode de financement occulte ou détourné à chercher. Je ne vous cacherai pas que je suis heureux de voir ces mots écrits noir sur blanc ; à mes yeux, ils lavent un peu mon honneur que certains ont consciencieusement cherché à souiller des mois durant. Ils rétablissent la vérité sur ma passion, celle d'un petit collectionneur, à la rechercher du « Saint Graal » de l'horlogerie.
Le jeu des petites insinuations continuera, c'est sûr. Il a même déjà repris par la grâce du quotidien français de référence, qui a salué ma sortie d'affaire à sa manière, avec un article me présentant comme un responsable politique abandonné par tous, à cause de ses ambitions personnelles et de son goût du luxe. Comme à la grande époque des procès staliniens, la journaliste est allée chercher des proches ou d'anciens proches pour recueillir des témoignages à charge contre moi. Et après deux feuillets de réquisitoire, elle a jugé bon de faire suive son papier d'un sondage en ligne, sur le site du quotidien, demandant aux lecteurs s'ils étaient favorables, ou non, à ma réintégration sur les listes socialistes pour les régionales. La ficelle est un peu grosse ; je préfère encore en rire. Chacun aura compris la manœuvre. Qu'il est dur, pour la presse, de reconnaître ses erreurs !
J'ai vu revenir, dans les nombreux messages de soutien et de sympathie reçus depuis jeudi, quelques remarques récurrentes. On me demande comment je peux rester au Parti Socialiste, eu égard au comportement de certains de ses membres à mon égard. On m'interpelle sur l'amitié, la fraternité, toutes deux à géométrie variable. Ai-je besoin d'en rajouter ? Je dirai seulement que c'est une raison de plus pour que ce parti change vraiment, enfin. Et pour cela, il faut que des gens nouveaux viennent. Il n'y a pas d'autre solution. Changer ou mourir, avais-je écrit. Eh bien la mort est là, elle est en train de s'installer insidieusement. Il faut agir tout de suite, ou jamais. Des lecteurs de ce blog m'ont demandé pourquoi je ne tente pas de fonder autre chose. C'est très simple : pour l'instant, il n'y a pas d'alternative, et l'éclatement du PS serait le déclencheur d'un morcellement encore plus grande de la gauche en de multiples chapelles encore plus inefficaces. Personne ne peut prendre cette responsabilité. C'est pourquoi il faut encore tenter de réformer ce parti. Dans une époque comme celle que nous traversons, la dernière des choses à faire est de penser à son intérêt personnel. Il faut avoir au cœur l'intérêt de la gauche, et de celles et ceux qu'elle défend.
« Et maintenant ? ». C'est, vous le savez, une chanson que j'aime bien. Je vais reprendre mon combat. Aller à la bataille des régionales. J'ai lu avec plaisir, ces dernières heures, les messages des militants de ma fédération qui me demandaient « quand est-ce qu'on commence la campagne, quand est-ce qu'on s'y met ? ». Ça commence aujourd'hui 'hui.
Julien Dray
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|  Notre Camarade Julien Dray s'exprime dans le Monde | Interview de Julien Dray dans le Monde 18/09/2009
Le député (PS) de l'Essonne, qui est l'objet d'une enquête préliminaire sur des mouvements de fonds suspects entre plusieurs associations et ses comptes bancaires, s'explique dans L'Epreuve (Le Cherche Midi, 190 p., 15 euros).
Vous avez intenté un procès au "Monde", mais vous acceptez cet entretien
Ça veut dire que ni Le Monde ni moi ne sommes rancuniers ! Mais pour que les choses soient claires, je considère que des informations fausses ont été publiées, donnant lieu, début décembre 2008, comme fin juillet, à des campagnes de surenchère et de calomnies, auxquelles j'essaie de mettre un terme. En tout cas, je considère qu'on doit prendre le temps de vérifier auprès des personnes concernées la réalité des accusations portées. Une opinion publiée, même quand elle est "sourcée" auprès des instances policières et judiciaires, n'est pas forcément la vérité.
Selon vous, les chiffres cités dans "Le Monde" et le site Mediapart, venant du rapport des enquêteurs de la brigade financière, disant qu'entre 2005 et 2008 vous avez perçu 1 631 417 euros et dépensé 2 087 678 euros, soit quelque 400 000 euros de différence, sont faux.
C'est ce que j'explique dans mon livre. D'abord les totalisations qui produisent ces sommes considérables mélangent tout (découverts bancaires, prêts, legs familiaux...). Je me pose même la question de savoir si cela n'est pas fait exprès, pour arriver à des sommes qui jettent a priori la suspicion. Mais il y a plus grave encore. Dans cette volonté de tout additionner, il y a une erreur qui conduit à faire croire qu'il y aurait une sorte de trou dans ma comptabilité, de plus de 400 000 euros. Je le dis et le répète, cela n'existe pas. J'ai toutes les pièces comptables qui le prouvent.
Qu'en est-il alors des accusations portées contre vous ?
Il y en avait quatre au départ. C'est ce que j'explique dans mon livre. La première, la plus grave, concernait des possibles accusations de corruption sur les marchés publics. L'enquête policière a conclu qu'elle n'était pas fondée. Il y avait ensuite le fait que ne tirant pas d'argent liquide de mon compte en banque personnel, on pouvait supposer que je m'étais servi dans la caisse de SOS-Racisme.
Il est étrange que vous ne sortiez jamais d'argent liquide de la banque.
Ce n'est pas si étonnant, avec l'usage des cartes de crédit. Mais c'est surtout un arrangement familial. Ma compagne est rétive aux cartes de crédit, donc elle retire la quasi-totalité de son salaire mensuel, et, chez moi, il y a une caisse dans laquelle je prends l'argent nécessaire quand j'en ai besoin, pour les dépenses courantes, les journaux, etc. La troisième accusation importante qu'examine le rapport est à propos du sud de la France. On me soupçonnait d'avoir volé des cotisations. Là encore, il est admis que cela ne tient pas debout.
Que reste-t-il ?
Des prêts faits par mon assistante et un responsable associatif, fin 2007 et durant l'année 2008. On estime qu'il y a une simultanéité entre les moments où ils recevaient de l'argent et les moments où ils m'en prêtaient. Ma réponse est simple : les gens vous prêtent de l'argent quand ils en ont. La vraie question est de savoir si l'argent qu'ils vous prêtent est licite, correspond à la rémunération d'une activité, ou non. La réponse est oui. Mais j'en profite aussi pour répondre à une question lancinante : "Pourquoi aviez-vous besoin de cet argent ?"
Oui, pourquoi ?
Contrairement à ce qui se dit, pas parce que j'avais des goûts de luxe ou des passions onéreuses. Puisqu'il faut faire étalage de ma vie personnelle, ma réponse est simple : à cette période il me fallait couvrir des échéances bancaires concernant des prêts antérieurs. J'ai pu le faire grâce à mes amis. Et l'essentiel de ces sommes, à l'heure où je vous parle, ont été remboursées, ou sont en train de l'être.
Vous avez des amis généreux !
Ces personnes sont connues, tout est transparent. C'est d'ailleurs ce qui vous permet aux uns et aux autres de tout savoir. Il n'y a aucune manipulation occulte. En 2008, j'ai fait de la politique 24 heures sur 24.
Mais on vous dit acheteur compulsif.
Je ne suis pas une fourmi, je vis correctement, j'assume ma passion pour les montres anciennes. Mais tout cela ne me conduit pas à faire n'importe quoi. Je n'ai plus de grande collection de montres depuis plusieurs années, et il n'y a pas de caverne d'Ali Baba chez Julien Dray. Mais quand vous ferez un prochain supplément du Monde sur les montres, je veux bien en être un des rédacteurs !
Comment expliquer la décision de Jean-Claude Marin, le procureur de Paris, de vous donner accès à votre dossier ?
Il a certainement voulu anticiper la réforme qui prévoit la suppression du juge d'instruction. Si tel est le cas, il devra donc aller jusqu'au bout, et permettre un échange contradictoire. Je pense aussi qu'il a dû être perplexe devant tous ces rebondissements médiatiques qui ont porté atteinte à la sérénité de l'enquête.
Dans votre livre, où vous avez choisi la forme de lettres, vous en adressez une au directeur de "Libération", Laurent Joffrin. Vous y êtes très sévère pour le journalisme d'investigation.
Ce qu'on appelle le journalisme d'investigation n'existe pas. Les supposés journalistes d'investigation sont des relais, instrumentalisés par ceux qui veulent lancer des affaires. Ils disent qu'ils ont des scoops, mais quelqu'un a décidé à leur place. Ils sont des boîtes aux lettres. Ce qui aurait été intéressant dans mon cas, c'était l'enquête sur l'enquête. Par exemple, qui a sorti ce rapport de Tracfin et pourquoi ? Pourquoi à chaque fois que je clarifiais un point judiciairement parlant, essayait-on de me balancer quelque chose de nouveau ? Qui est derrière tout cela ? Quel journaliste a fait cette enquête ?
Dans la deuxième partie de votre livre, vous êtes dur avec la gauche, y compris avec Ségolène Royal dont vous avez fait la campagne.
Si être dur c'est dire la vérité, alors peut-être. La vérité c'est qu'effectivement, dans l'absence de défense pourtant élémentaire sur le plan de la camaraderie, il y a toute l'expression du malaise dans lequel se trouve une partie de la gauche. J'ai eu le sentiment que les règlements de comptes personnels l'emportaient sur la défense des principes. Mais cela m'a aussi permis d'essayer de commencer autre chose.
Voulez-vous quitter la politique ?
Quitter la politique, je ne crois pas, mais en faire autrement, ne plus me mettre au service de tel ou tel individu - au point de mettre entre parenthèses tout esprit critique - oui. Ma solidarité, je la dois à mes idées. Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est que la gauche, pour l'essentiel, débat de jeux de Meccano, d'alliances, sans d'abord représenter une autre politique. La gauche, pour moi, ça doit être des rêves, des ruptures, des conquêtes, des confrontations sans sectarisme : humanité et générosité, deux mots simples.
En conclusion de la lettre à Nicolas Sarkozy, vous écrivez : "Vous vous rêvez en grand réformateur ; prenez garde à ne pas laisser dans l'histoire le souvenir de celui qui, à dessein ou par désinvolture, a défait en quelques années ce que la République a mis des années à construire." La gauche ne semble pas partager cette crainte, puisqu'elle ne réagit à aucune de ces réformes.
Ce n'est pas qu'elle ne réagit pas, c'est qu'une partie de ses réactions sont tellement attendues qu'elles ne sont plus considérées. Je vais prendre un exemple : on attend de la gauche qu'elle définisse un grand projet éducatif. On attend de la gauche qu'elle construise un grand projet de civilisation urbaine, de refonte de notre République ou de citoyenneté républicaine. Tant que ce travail de fond ne sera pas fait, tant qu'on ne sera qu'en défense, maintien, conservation, tant que l'on abandonnera le mouvement à l'adversaire, la gauche n'arrivera pas à porter une dynamique majoritaire dans le pays.
Propos recueillis par Josyane Savigneau . |
|  28/11/09 REGIONALES 2009 : REACTION DE JULIEN DRAY | Depuis lundi, j'ai reçu beaucoup de messages de soutien et d'incompréhension au sujet de mon élimination de la liste socialiste essonnienne pour les régionales. Je n'ai pas voulu prendre la parole immédiatement, parce que s'il y a bien quelque chose que mon « affaire » m'a enseigné, c'est la patience, et la méfiance envers les réactions à chaud, guidées par la colère de l'instant. Mais j'estime que je vous dois des explications sur cet épisode pénible, en dehors de tout ce qui va être dit, et de ce qui a déjà été dit.
Peut-être vous demandez-vous, pour commencer : mais pourquoi s'accroche-t-il tant à ce mandat de conseiller régional ? La soupe est-elle donc si bonne ? La Région, ce n'est pas du plaisir, c'est surtout beaucoup de travail. Ma candidature n'est ni une question personnelle, ni une question d'avantages matériels, mais une question de principe. Tout comme mon affaire, et le cortège de dérapages qui l'ont entourée ces 11 derniers mois, ne concernent pas que Julien Dray, mais des valeurs fondamentales de la République. C'est pour ces principes et ces valeurs, qui ont été foulés aux pieds des mois durant, que je maintiens ma candidature : la présomption d'innocence, le refus du lynchage médiatique comme loi (de la jungle), la préservation de la vie privée. En rejetant ma candidature dans ce contexte, on valide le fait que n'importe qui, demain, pourra être mis hors jeu par une campagne de déstabilisation médiatique. On donne la fièvre à quelqu'un ; on prend sa température, et ensuite on dit oh mon Dieu, voilà qu'il a la fièvre, il faut le mettre en quarantaine ! Elle est là, la « démocratie d'opinion » qu'il est de bon ton de critiquer au PS. C'est d'ailleurs au nom de l'opinion, et de ce qu'elle serait supposée penser de moi, qu'un membre de l'actuelle direction du parti socialiste a réclamé ma mise à l'écart de la liste, lundi dernier.
Soyons clairs. Je ne demande à personne de se prononcer sur le contenu de mon dossier : je demande simplement que les socialistes défendent fermement des principes qui sont (étaient ?) au cœur de leur identité, et de leur histoire.
Mais revenons à cette soirée et à cette nuit de lundi, qui m'ont vu sortir de la liste essonnienne pour les régionales. J'avais fait pour ma part une proposition simple – et maintes fois mise en œuvre dans le parti, dans des situations similaires notamment : que l'on réserve la tête de liste, c'est-à-dire que le conseil fédéral de l'Essonne valide une liste où la première place était en attente. Et aurait été confirmée (ou non) une fois que le parquet aurait rendu publique sa décision me concernant. Cette proposition de bon sens a été refusée par les représentants des motions A (celle de Bertrand Delanoë), C (celle de Benoit Hamon) et D (celle de Martine Aubry), qui ont proposé l'arrangement suivant : que soit validée une liste où je n'apparaissais pas du tout, avec le premier secrétaire fédéral Carlos Da Silva comme tête de liste. Etant entendu que tout le monde s'engageait à ce que cette tête de liste me soit rendue si j'étais « lavé de tout soupçon ». La motion E, qui, je le rappelle, n'a pas la majorité absolue dans la fédération de l'Essonne mais seulement relative, s'est alors trouvée devant un fait accompli, alors qu'elle avait en interne, lors d'une AG avec 150 militants, approuvé à l'unanimité le soutien à ma candidature. Et de peur d'être minoritaire, le premier secrétaire fédéral, membre de la motion, a donné son accord à cette liste.
On conviendra qu'il est pour le moins étrange de faire voter le conseil fédéral, puis tous les militants, sur une liste entièrement faite, puis de la défaire dans un second temps pour y mettre quelqu'un qui n'y était pas. Pourquoi inventer une solution si compliquée, alors qu'il y en avait une bien plus simple ? Sinon parce que les promoteurs de cette solution avaient une idée elle-même « très simple » derrière la tête ? Celle de profiter de mon affaiblissement présent pour m'éliminer, et me faire payer un certain nombre de faits politiques que l'actuelle majorité du Parti socialiste ne m'a jamais pardonnés ?
Ce qui s'est passé lundi soir en Essonne n'avait rien d'une affaire essonnienne. Il n'y avait qu'à voir comment les uns et les autres étaient pendus pendant toute la soirée à leur téléphone portable, en liaison directe avec leurs « supérieurs » de courant au niveau national. Et si ce « patronage » national n'était pas assez clair, il l'est devenu une fois pour toutes je crois mercredi soir, quand notre première secrétaire, lors d'une conférence de presse, s'est félicitée de la décision de la fédération de l'Essonne. S'exclamant même : « on se demande ce que fait la justice … il n'est même pas mis en examen », au sujet du temps mis pour traiter mon dossier. Comme si elle attendait justement que l'acte d'accusation tombe ! Maladresse d'expression, peut-être, mais tellement révélatrice.
Il me faut ici faire une petite précision pour que vous compreniez tout le sel, et l'habileté, de la proposition (présentée comme généreuse) qui m'a été faite. La convention nationale de ratification des listes du PS pour ces régionales a lieu le 12 décembre prochain. Or le parquet a annoncé, la semaine dernière, que le complément d'enquête qu'il a demandé sur mon affaire lui serait rendu le 15 décembre. Celles et ceux qui ont conçu cet échafaudage bancal, avec une liste essonnienne complète que l'on changerait en cas de classement sans suite de mon dossier, connaissent très bien ce calendrier, et ont déjà dans leur manche l'argument à m'opposer si je suis effectivement "blanchi" : mais voyons Julien, oui, tu as été blanchi, mais c'est trop tard, les listes ont été validées et bouclées au plan national … Sans compter que l'on saurait également sans doute, dans telle situation, me rappeler « l'opinion », et m'expliquer qu'elle ne m'est pas favorable, quoi qu'il en soit du fond du dossier !
Comme je le disais plus haut, je préfère me situer au niveau des principes, et de l'interprétation politique des événements, que m'apitoyer sur mon cas personnel. Ces méthodes, ces pratiques, renvoient à une lecture de l'état actuel du parti socialiste. Un de nos grands anciens disait que les conditions de la prise du pouvoir déterminent, ensuite, l'exercice du pouvoir. On sait comment l'actuelle direction du PS a été « élue ». Quoi d'étonnant à ce qu'elle se maintienne en place, et qu'elle mène des règlements de compte internes, avec des méthodes telles que celles que j'ai décrites ici ? Elle ne fait que rejouer, encore et encore, le dénouement du congrès de Reims.
Contrairement à ce que disent un certain nombre de ses dirigeants, le parti socialiste va mal. Je ne crois pas qu'il ait donné dans l'année qui vient de s'écouler des signes de renaissance, ni même de convalescence. Et pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer les propos du chef de file de la motion A en Essonne, me disant lundi soir : « Julien, un homme ne peut avoir raison seul contre le Parti ». Une phrase qu'on aurait pu entendre, mot pour mot, à une autre époque – dans un autre « Parti ». Mais finalement, tous comptes faits, l'histoire l'a montré, je préfère être dans mon rôle que dans le sien.
Julien Dray |
|  LE MALAISE DES ELUS LOCAUX | > "Le malaise des élus locaux est l'expression d'une lame de fond" : grande interview de Laurent Fabius au Monde le 21 novembre dernier. > > Chargé par le PS d'animer la mobilisation contre la réforme des collectivités locales, Laurent Fabius est redescendu dans l'arène. Cette semaine, l'ancien premier ministre s'est illustré en montant au créneau contre l'actuel locataire de Matignon. Cet activisme semble lui réussir. Dans le baromètre Ipsos-Le Point du 12 novembre, M. Fabius progresse de sept points (à 31 %). > > La gauche a engagé l'épreuve de force sur la réforme des collectivités locales et la suppression de la taxe professionnelle. Ne craignez-vous pas d'être relégué dans le camp des conservateurs opposés au changement ? > > « S'opposer à des lois de régression mais proposer une réforme alternative, ce n'est certainement pas un signe de conservatisme. Les textes du gouvernement constituent une triple régression. Financière, avec l'assèchement des ressources locales et la hausse programmée des impôts des ménages. Territoriale, avec la dégradation des services publics locaux. Et démocratique, avec un charcutage des cantons greffé sur un mode d'élection taillé sur mesure pour l'UMP. > > Le malaise des élus locaux ressenti lors du congrès des maires n'est ni un prurit ni une anecdote, c'est l'expression d'une lame de fond. De gauche ou de droite, ils ne croient plus à la parole du gouvernement et ils sont inquiets pour ce pilier de l'identité française que sont nos collectivités locales. En outre, beaucoup ont été choqués de voir le président de la République prendre prétexte d'un déplacement à l'étranger pour éviter de rencontrer les maires de France, dans une période où il était bien présent à Paris pour assister à un match de football. |
|  L'Europe Murmure | Chronique sur Slate.fr ; Jeudi, 12 novembre 2009 : Par François Hollande
La poursuite de l'intégration européenne n'est plus une utopie, c'est une urgence.
Vingt ans après l'effondrement du mur, dix ans après l'élargissement, deux ans après l'adoption du Traité de Lisbonne, six mois après les élections au Parlement européen, l'Europe fait comme si elle n'existait pas.
Elle cherche un président du Conseil dont le destin est de ne point en avoir. Elle confirme un président de la Commission européenne parce que, sans bilan, il est donc sans projet. Elle confie sa Défense à l'OTAN sans rien exiger des Etats-Unis et la France s'y rallie sans conditions.
L'Europe traverse la crise sans rien changer à son projet, à ses instruments, à sa stratégie, à son organisation. Elle ne renforce ni les autorités de contrôles des marchés financiers, ni les mécanismes susceptibles d'introduire de la viscosité aux échanges financiers. Elle laisse sa monnaie s'apprécier par rapport au dollar, au risque de voir ses positions industrielles se détériorer encore davantage. Elle renonce à faire de l'euro la devise de référence et de réserve du système monétaire international. Les chefs d'Etats et de gouvernement sont par ailleurs incapables de se mettre d'accord pour faire présenter des propositions fortes sur l'enjeu du climat, à Copenhague. La taxe carbone est laissée à la discrétion de chaque pays pour bricoler un système fiscal incohérent. Rien n'a été posé à nos frontières comme obstacle aux entrées de produits polluants.
Enfin sur l'immigration, il a été proclamé comme une « avancée » la possibilité d'affréter des charters européens pour reconduire des immigrés clandestins, y compris vers l'Afghanistan.
C'est parce que je suis Européen que je ne me résigne pas à ce glissement, à cet abaissement, à cet avachissement de l'ambition qui a pourtant constitué l'idéal des générations de l'après-guerre. Le contrat de l'après-crise que je propose pour notre pays vaut aussi pour l'Europe.
Sûrement faut-il réduire les déficits, maîtriser l'endettement, remettre de l'ordre dans les finances publiques, préserver la monnaie unique, bref, assurer la stabilité et éviter le retour de l'inflation, mais convenons que l'enjeu est bien plus élevé. C'est l'avenir industriel, technologique, du continent européen qu'il faut préparer. C'est la formation des jeunes, l'enseignement supérieur, la diffusion des savoirs qu'il faut engager. Ce sont les investissements dans les sciences dont il faut trouver les financements. C'est une stratégie dans la mondialisation qu'il faut concevoir.
Ça ne peut plus se faire dans les chuchotis des discussions entre chef d'Etats et de gouvernements. Pas davantage dans les réunions apparemment spectaculaires mais qui ne changent rien dans les choix et les tactiques nationales. Ça ne peut pas davantage s'imaginer dans l'étroitesse du budget européen, dans l'absence de toute fiscalité dédiée au projet européen lui-même. Et si grand emprunt, il doit y avoir, c'est à cette échelle-là qu'il faut l'imaginer, et avec des montants qui n'ont plus rien à voir avec ce que chaque nation est de moins en moins capable de lever sur les marchés financiers.
Ce serait en effet un comble que l'accomplissement d'une utopie, celle d'une grande confédération européenne, capable de surmonter les conflits des siècles précédents, d'effacer Yalta, et de consacrer le rêve de la paix, s'achève sur des actes notariés, des accords de boutiques, des modes de gestion à la petite semaine, bref sur un clapotis de l'Histoire.
Sûrement le réallumage du moteur franco-allemand peut-il servir d'amorce. Mais que de temps perdu depuis deux ans, que de malentendus prolongés, de susceptibilités déplacées, de compétitions ridicules. Mieux vaut tard que jamais. Mais alors allons bien plus loin que je ne sais quel ministre franco-allemand dont ici ou là, on évoque la création. Ce qu'il convient d'engager, c'est de fusionner les budgets de recherche, des universités communes, de lancer des coopérations industrielles. Et de préparer une avant-garde européenne qui fédérerait les pays qui veulent aller plus loin dans l'harmonisation fiscale, sociale, financière, et surtout dans l'élaboration de projets qui uniraient leurs forces économiques. Il ne s'agit plus d'utopie, il s'agit d'urgence.
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|  François Hollande sur France-Info le 17/11/09 | |
|  Chute du mur de Berlin | Chute du mur de Berlin : mais où est notre projet européen ?
5 novembre 2009 par p.herbelin
Stéphane Le Foll, le 05 Novembre 2009
Le Président Tchèque Vaclav Klaus a fini par signer, au nom de la Tchéquie, la ratification du Traité de Lisbonne. Il aura fallu attendre longtemps pour que cet eurosceptique finisse par accepter l'idée de l'évolution institutionnelle de l'Europe afin de faciliter les prises de décision et surtout renforcer le pouvoir du Parlement. Mais cette période a surtout marqué le fait que le projet européen est lui-même en difficulté. Les discussions en cours au sein du Conseil des Chefs d'Etat et de Gouvernement pour choisir le futur président de l'Europe pour 2 ans et demi, expriment de plus en plus les difficultés de l'Europe à affirmer un projet politique fort dépassant les seuls intérêts des différents états constituant l'union. Avec l'affaiblissement de la Commission et la désignation de plus en plus probable d'un président du Conseil faible politiquement, on a là une image de la panne du projet européen. Je l'ai dit à plusieurs reprises, le saut institutionnel qui vient d'être fait avec le traité de Lisbonne nécessite un exécutif fort pour l'Europe ; nous n'en prenons malheureusement pas le chemin. Pourtant, au moment où l'on fête la chute du mur de Berlin qui marque l'avènement de l'unité du continent européen, il faudrait plus que jamais comme l'avait souhaité François Mitterrand et Helmut Kohl, un projet et une ambition pour l'Union Européenne. Cela préfigure malheureusement les difficultés que nous allons rencontrer dans les mois qui viennent à propos des perspectives financières. La France et l'Allemagne ayant fait récemment le choix de baisses massives d'impôts à un moment où les déficits budgétaires sont pourtant colossaux, le Conseil laisse penser que le budget européen sera une variable d'ajustement. Difficile dans ces conditions de porter des perspectives fortes que ce soit dans le domaine de l'investissement européen, de la recherche, de la formation mais aussi et surtout dans les politiques sectorielles, en particulier pour la PAC ou la politique de cohésion territoriale. Il va falloir se mobiliser très sérieusement pour essayer d'inverser cette tendance fâcheuse pour l'avenir de l'Union européenne.
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|  Laurent Fabius : Pas en situation aujourd'hui d'être candidat pour 2012 | (Source AFP)
L'ex-Premier ministre Laurent Fabius a déclaré samedi qu'il ne serait pas "aujourd'hui en situation" d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012 tout en ajoutant que "personne ne sait" ce qui va se passer en deux ans et demi.
"Travaillons sur le fond, vous aurez la réponse à temps", a ajouté M. Fabius à propos de 2012, avant de dénoncer la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités locales.
Le président de la communauté d'agglomération de Rouen a estimé que la suppression de la taxe professionnelle "nécessitera de trouver nationalement près de 12 milliards d'euros en 2010 et six milliards par an en régime de croisière".
Il a dénoncé une "triple régression", "financière", "territoriale, avec la dégradation des services publics locaux", et "démocratique", "avec un charcutage des cantons sur un mode d'élection taillé sur mesure pour l'UMP".
L'élu PS a parlé de "manipulation et carambouille" au sujet du mode d'élection des futurs conseillers territoriaux (selon le projet actuel de réforme, 80% doivent être élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour, 20% à la proportionnelle).
"Le fond de l'affaire, c'est que M. Sarkozy ne supporte pas les contre-pouvoirs. L'objectif consiste à avantager l'UMP en faisant élire à un tour des conseillers possiblement minoritaire".
Au passage, le député PS aurait souhaité "inverser le calendrier de la réforme", pour "clarifier les compétences avant de définir les ressources des collectivités".
Interrogé sur le grand emprunt, l'ex-ministre de l'Economie a évoqué "une opération de communication" qui a fait "plouf", tout en saluant Alain Juppé et Michel Rocard, auteurs d'un rapport sur le projet. |
|  Révolution Fiscale pour 2012 | Alors que le système fiscal est devenu inégalitaire, illisible et instable, décourageant la création de richesse, les deux ténors socialistes proposent de taxer tous les revenus, quelle que soit leur origine, dès le premier euro gagné. Un avant-goût des propositions de François Hollande qui, dans son ouvrage à paraître demain, "Droit d'inventaires", dit se préparer pour 2012.
La fiscalité sera au cœur de la prochaine confrontation présidentielle pour au moins deux raisons : la première, c'est l'ampleur des déficits publics : 8,5% du PIB en 2009. À peine moins à l'horizon 2012. Non seulement l'État vit la moitié de l'année à crédit, mais une partie des retraites, des dépenses de santé, des allocations familiales est financée non plus par nos cotisations mais par l'emprunt. La deuxième raison, c'est l'aggravation des inégalités. Nous avons assisté à un mouvement continu d'affaiblissement de la progressivité de l'impôt sur le revenu : sa part dans les recettes fiscales a diminué, les taux supérieurs ont été abaissés, le bouclier fiscal permet aux plus favorisés d'échapper à toute contribution supplémentaire, les niches fiscales, au nombre de 454, coûtent 70 milliards d'euros au budget de l'État. Si bien que la CSG, impôt proportionnel, rapporte désormais davantage que l'IRPP.
Aussi, c'est toute la politique fiscale de Nicolas Sarkozy qui se trouve directement en cause. Et il faudrait hésiter à en faire l'enjeu principal ! Si nous ne plaçons pas là le clivage, nous ne le mettrons nulle part ailleurs.
Il est temps d'engager cette grande réforme que nous avions tant et tant annoncée. Elle ne peut plus être différée.
Notre système de prélèvements est devenu illisible ; nul ne sait qui paye l'impôt, ce que représentent les taux affichés et la réalité de la redistribution opérée... Il est aussi devenu instable. Les exonérations de cotisations sociales ont changé douze fois en quinze ans de mode de calcul. Comment les entreprises peuvent-elles, elles-mêmes, faire leurs arbitrages ? Et, pour finir, il n'est ni favorable à l'emploi, ni à l'investissement, et pas davantage à l'environnement.
Face à ce constat, il faut une nouvelle donne. D'abord, taxer tous les revenus sans distinction d'origine, qu'ils proviennent du capital ou du travail, qu'ils soient tirés de l'activité ou des transferts. L'ensemble doit être soumis à l'impôt, et de la même manière, avec les mêmes taux. Ce qui suppose de supprimer toutes les déductions, tous les abattements, toutes les exonérations, toutes les niches fiscales pour faire qu'au premier euro, la règle d'imposition soit commune. Cette conception d'une large assiette avec des taux modérés et progressifs permettrait de financer à la fois l'État, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Et le prélèvement à la source pourrait être généralisé. Il n'y aurait plus qu'une seule imposition : contribution sociale généralisée, impôt sur le revenu, prime pour l'emploi seraient fusionnés. Quant à la taxe d'habitation, elle deviendrait un impôt additionnel à l'impôt sur le revenu. L'avantage serait triple : justice, efficacité et simplicité.
Pour les patrimoines, nous avons aujourd'hui un empilement d'impositions sur la détention (l'ISF), sur les successions et sur la transmission (les plus-values). Nous proposons de recourir au même principe : une assiette large. Ainsi, le patrimoine dans sa globalité serait concerné et aucune part n'en serait exclue en fonction de la situation professionnelle de son détenteur, de sa capacité à collectionner des œuvres d'art ou à investir dans les PME. Tout le patrimoine serait appréhendé avec des taux modérés et progressifs permettant de laisser au contribuable le soin d'arbitrer entre ce qui est acquitté au moment de la détention, chaque année, ou ce qui est versé au moment de la succession.
Pour les entreprises, l'assiette en matière de financement de la protection sociale ne doit plus être les salaires, mais l'ensemble de la richesse produite, ce qu'on appelle la valeur ajoutée ; quant à l'investissement, il doit être encouragé dans le cadre du calcul de l'impôt sur les sociétés, par la modulation de son taux pour les bénéfices mis en réserve. Et pour intégrer la dimension environnementale, les facteurs de pollution doivent se substituer aux facteurs de production.
Ainsi, la réforme fiscale doit être clairement revendiquée. Si la gauche n'a pas d'idées fortes, claires, simples et pédagogiques, elle perdra la confrontation. D'autant plus sûrement que la droite fera toujours croire, malgré les taxes créées depuis 2007, qu'il est possible de se dispenser de l'effort en mettant en cause la dépense publique et la protection sociale. L'impôt n'est pas une punition ou l'expression de la frustration, de la rancune individuelle et de la jalousie sociale.
Nous sommes pour l'impôt, non pas pour spolier mais pour préparer, investir, financer, stimuler. S'il est vrai qu'aucun gouvernement n'est sûr de gagner les élections quand il baisse les impôts, démonstration en a été faite en 2002, il est certain de les perdre quand il annonce des hausses. Le courage n'est pas la témérité. Nous avons à faire des choix, à réformer les prélèvements et dire qui les paiera et comment. Nous devons aussi regarder du côté de la dépense publique et être plus efficaces, plus performants, plus économes dans la gestion de nos propres administrations, locales ou nationales. Nous devons être sincères. Nous ne pourrons pas tout promettre. La situation est grave. Le pays s'enfonce dans la drogue de la dette et dans le poison de l'injustice. Elle nous appelle à la vérité et à l'audace.
François Hollande et Michel Sapin députés PS |
|  ELECTION DES CANDIDATS AUX ELECTIONS REGIONALES | Résultat de la circonscription de Béthune :
Nathalie Delbart : 399 voix soit 81.26 %
Daniel Boys : 411 voix soit 83.71 %
Aurélie Canda : 298 voix soit 60.69 %
Alain Delannoy : 314 voix soit 63.95 %
Thierry Tassez : 129 voix soit 26.27 %
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|  LE COUVRE-FEU CIBLE. | Communiqué de Julien Dray au sujet de la proposition de "couvre-feu ciblé sur les mineurs délinquants"
La proposition faite par Brice Hortefeux d'un couvre-feu ciblé sur les mineurs délinquants est non seulement quasi impossible à mettre en pratique, mais elle marque surtout une nouvelle étape dans la fuite en avant qui masque l'échec de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy. Malgré déjà 25 lois passées à ce sujet.
La vérité du terrain, c'est que l'Etat de droit y recule, et que le dispositif général de police est erroné : présence insuffisante des forces de l'ordre, pas de démantèlement des vrais réseaux de l'économie souterraine, qui ne fait que progresser. Dans beaucoup de quartiers, il n'y a plus que les BAC qui font irruption ; on les voit mal aller arrêter des enfants de 13 ans, et prendre le temps de contrôler leur âge et leur identité. |
|  LA FRANCE NE SE CONSTATE PAS. ELLE SE BATIT. | François hollande s'exprime sur l'Identité Nationale :
Le débat sur l'identité nationale est lancé, relancé devrais-je dire tant le sujet revient depuis plusieurs années comme une antienne!
Je ne suis dupe de rien. Ni de la manoeuvre, ni de son moment, pas davantage de son auteur. Il est facile de voir l'intention. Elle est même avouée par son animateur.
Mais qu'importe à la fin. Saisissons cette occasion pour préciser, nous-mêmes, ce qu'être Français veut dire. Oh, l'interrogation n'est pas nouvelle. Ernest Renan a écrit des choses admirables sur le plébiscite de chaque jour que constitue l'appartenance à la Nation. Et les grandes dates de notre histoire sont autant de rencontres fusionnelles entre les citoyens et la France.
Mais, aujourd'hui, le débat ne peut se réduire à la consécration des symboles: le drapeau, la Marseillaise, la devise républicaine. Leur sens doit être rappelé, leur message compris, leur histoire connue, leur hommage assuré. Et bien au-delà de la police des stades… «Nous ne sommes pas Français contre les étrangers»
De la même façon, l'identité nationale ne peut pas se définir par rapport à l'immigration. Et le rapprochement des deux termes pour constituer le même ministère a été plus que fâcheux. Nous ne sommes pas Français contre les étrangers. Nous sommes Français et ouverts au monde. Et la nationalité ne s'acquiert pas seulement par le sang, mais par le sol. Est-ce à dire que nous n'avons pas de règles pour en définir l'accès. Sûrement pas. Et le droit à la naturalisation est fondé sur des critères qui vont bien au-delà de la présence sur le territoire, mais relèvent de l'usage de la langue et de l'intégration réussie à la Nation.
Etre Français donne des droits, ceux de citoyens. Mais ne pas l'être ne conduit pas à vivre dans le non-droit en France. Quant aux obligations de comportement, elles ne font pas de distinction selon la nationalité. Elle sont les mêmes pour tous. Le respect de la laïcité vaut pour tous les résidents.
Alors, c'est aux Français que la question est posée sur leur identité! Celle-ci peut être multiple: locale, nationale, européenne, mondiale, quand elle ne touche pas à d'autres éléments d'appartenance ou de reconnaissance. Mais, être Français est précisément une harmonie. Jamais une négation, une exclusion, une fermeture.
C'est cette définition de la Nation qui n'a cessé de s'enrichir depuis la révolution française. Elle repose sur une histoire, avec ses moments de ferveur, de conquête, de libération, mais aussi ses mémoires blessées, notamment le fait colonial. Elle porte des valeurs -celle de la République- qui ont organisé le vivre ensemble dans la liberté et la diversité. Elle est un projet collectif: une volonté d'agir ensemble dans l'espace national ou dans le monde.
C'est ce récit national qui permet de construire, au-delà de ce qui nous rassemble tous, les lignes de partage entre les cultures politiques, entre la gauche et la droite. Il y a une Nation et des façons d'être Français. La France ne se constate pas. Elle se bâtit. Elle est un combat perpétuel entre des aspirations contradictoires. Il y a plusieurs voies pour construire la France de demain. |
|  EXTRAIT DE L'ENTRETIEN DE FRANCOIS HOLLANDE AU JOURNAL "LE MONDE" | On s'attendait à un bilan critique de votre action et vous livrez un inventaire qui remonte aux années Mitterrand. Pourquoi ?
Le problème du PS, c'est qu'il n'assume pas sa longue histoire, notamment sa relation au pouvoir.
Il s'invente des heures glorieuses, mais oublie de valoriser ses réformes. Il remue douloureusement ses échecs, mais oublie de les analyser pour prévenir leur répétition. Le droit d'inventaires que j'exerce, y compris vis-à-vis de moi-même, n'est pas conçu comme une coulpe qu'il faut battre, mais comme un devoir de réussite : identifier nos forces et comprendre nos erreurs pour l'emporter en 2012 et durer ensuite.
Vous n'êtes pas tendre avec François Mitterrand. Lorsque vous évoquez la nomination d'Edith Cresson par exemple, cela fait penser à cette "présidence absolue" que vous dénoncez chez Nicolas Sarkozy. Nos institutions sont dangereuses. Je ne parle pas du fait présidentiel et du leadership qu'il suppose. Les socialistes doivent l'accepter parce qu'il correspond au besoin de clarté, de cohérence, de rapidité, de responsabilité voulue par les Français. Mais la présidence active, ce n'est pas la présidence absolue. Il faut des règles, un cadre, des contre-pouvoirs. L'un des grands sujets de 2012 sera la démocratie à travers l'exercice du pouvoir.
Avec Jospin, vous êtes beaucoup plus indulgent. Pourtant le 21 avril 2002 est un désastre. La période Jospin est l'une des plus honnêtes, des plus sérieuses, des plus réussies de la gauche au pouvoir. Alors, pourquoi cette défaite ? La première leçon à en tirer, c'est qu'à mi-mandat il est impératif de renouveler le projet.
La malédiction des deux ans ? L'obligation des deux ans. Le gouvernement Jospin avait mis en oeuvre très rapidement son programme Et puis, il a cherché jusqu'à s'épuiser, son second souffle. Or, la gauche a toujours besoin de renouveler son contrat avec le pays, de fixer un cap et de délimiter les étapes. C'est d'autant plus impérieux qu'elle est toujours en procès, qui plus est instruit en son sein.
La droite n'a pas ce problème ?
Elle est fondamentalement opportuniste, donc beaucoup moins mise en accusation, mais cette démarche trouve ses limites avec Nicolas Sarkozy. Car, au bout de deux ans et demi, il est rattrapé par ses dettes comme un entrepreneur impécunieux par les effets de sa cavalerie !
Notre seconde erreur a été de n'avoir pas su faire évoluer la gauche plurielle. C'était chacun pour soi. L'inversion du calendrier électoral décidée en novembre 2000 aurait dû nous pousser vers une candidature présidentielle unique assortie d'un partage des circonscriptions avec nos partenaires pour les législatives. Nous avons fait exactement l'inverse.
N'est-il pas trop tard ? Aujourd'hui, c'est le leadership même des socialistes qui est contesté.
Tout dépendra des élections régionales de mars. Un PS fort est la condition de la victoire de la gauche. Mais elle n'est pas suffisante : il faut bâtir une nouvelle coalition, se demander qui veut gouverner avec qui et sur quoi. Aujourd'hui, il y a quatre oppositions : le MoDem, les écologistes, les socialistes et la gauche de la gauche. Je ne suis pas dans la fiction d'une alliance allant du MoDem à l'extrême gauche. Il va falloir clarifier et donc choisir.
La désaffection des milieux populaires est le grand échec du PS. Pourquoi l'avoir éludé ?
Nous avons été les premiers à observer la fragmentation du monde du travail, à pointer l'individualisation des comportements, les crispations sur le rapport à l'autre. Nous avons bien vu que la lutte des classes s'effaçait derrière la lutte contre le déclassement social et que l'ennemi n'était, hélas, plus celui d'en haut mais celui d'à côté, voire d'en bas.
Pourquoi ne pas l'avoir traduit en propositions ? Parce qu'on a souffert d'un manque de lisibilité. A chaque congrès - Dijon 2003, Le Mans 2005, Reims 2008 - la ligne réformiste a été largement validée mais constamment contredite par la mauvaise conscience, la suspicion de ceux qui pensent que nous ne sommes pas suffisamment à gauche. C'est un contresens. Ce que demandent les catégories populaires, ce n'est pas de la surenchère ; c'est de la lisibilité et du concret. C'est pourquoi il faut en finir avec les catalogues de propositions et se concentrer sur une vision de ce que j'appelle "la démocratie de la réussite", conjuguant la promotion individuelle et la référence au collectif.
Ne pouviez-vous mettre votre autorité dans la balance pour en finir avec les catalogues ? J'ai beaucoup sacrifié à l'unité, peut être trop. Mais l'unité est la condition de la crédibilité du PS Après l'échec de 2002, après le référendum européen de 2005, après la présidentielle de 2007, le parti aurait pu se disloquer.
"J'étais le PS, pas le leader", écrivez-vous. Cruel constat ! Au PS, la question du leadership a toujours été compliquée. Le leader apparaît comme provisoire, c'était déjà le cas sous Mitterrand. C'est sans doute lié à la méfiance intrinsèque des socialistes à l'égard de l'élection présidentielle. J'étais le premier secrétaire. Pas le candidat. Cette distinction, maintenant établie avec la primaire, est un affaiblissement du PS.
N'avez-vous pas péché par manque d'autorité ? J'ai un regret : n'avoir pas pu sanctionner Jean- Luc Mélenchon lorsqu'il a fait campagne en 2005 pour le non au traité constitutionnel européen alors que le PS avait opté pour le oui. Il en a tiré lui-même les conclusions quatre ans plus tard.
Propos recueillis par Françoise Fressoz Journaliste au Journal "Le Monde" |
|  CRISE D'IDENTITE | Il flotte dans l'air comme un parfum de 2007. A nouveau Nicolas Sarkozy, par l'intermédiaire de son ministre Eric Besson, met sur la table la question de « l'identité nationale », en appelant cette fois-ci à un grand débat national sur « les valeurs de l'identité nationale », pour savoir ce qu'être Français veut dire. Cette initiative tend à la deux fois deux pièges à la gauche. Le premier, celui de refuser le débat, en dénonçant cette idée comme une ruse politique et électoraliste – ce qu'elle est assurément – et en laissant ensuite le terrain libre à l'UMP pour décider seule du contenu de ces travaux, qui seront relayés avec toute la force non seulement du parti majoritaire, mais aussi de l'appareil d'Etat, ne nous y trompons pas. Deuxième piège : celui d'accepter le défi, mais en se rendant directement sur le terrain de la droite, et en acceptant les termes du débats tels qu'ils sont posés par Eric Besson. Pour être clair, le challenge de la gauche est le suivant : répondre à l'offensive, mais le faire en assumant, justement, son identité politique.
On pourrait rappeler que cette proposition d'Eric Besson tombe à point nommé pour la majorité, au moment où les controverses médiatiques s'enchaînent, au moment où le style présidentiel est de plus en plus en décalage avec les valeurs de son électorat de droite traditionnel, au moment où le FN pointe à nouveau le bout de son nez. Au moment, enfin, où les élections régionales se préparent. On pourrait encore s'interroger sur la pertinence d'employer un concept psychologique ou anthropologique – l'identité – pour parler de façon métaphorique d'une entité juridique et politique, une nation (jusqu'à preuve du contraire, une nation n'est pas une personne). On nous objectera sans doute que ce ne sont là que des échappatoires pour refuser d'affronter le cœur du sujet. Examinons-le.
On nous propose de débattre du contenu de l'identité nationale, des valeurs qui la constituent. Valeur : voilà un terme bien flou. Il peut renvoyer pêle-mêle à l'éthique individuelle, aux goûts culturels, aux croyances religieux, et pas seulement : dans ses déclarations, Eric Besson y associe même des symboles, comme la Marseillaise ou le drapeau français. Ce flou est somme toute logique : les valeurs sont du registre de l'individu et de l'intime, et peuvent donc couvrir toute la gamme infini des choix individuels. Il y a sans doute autant de combinaisons de valeurs, en France, qu'il y a de citoyennes et de citoyens. On peut être Français en aimant le « bling bling » ou au contraire en le détestant, en chantant avec joie notre hymne national ou au contraire en contestant ses accents martiaux. On peut être Français en pensant que la France, c'est « la terre », ou en pensant que la France n'est France que quand elle est métissée. Ce n'est pas à l'Etat de trancher sur ce sujet, fut-ce au terme d'un « grand débat » ; en affirmant le contraire, en allant jusqu'à dire qu'il faudrait inculquer de force aux élèves une histoire officielle, glorifiant arbitrairement certains épisodes, on glisse, peut-être sans s'en rendre compte, vers une conception dangereuse de notre société.
Alors où se trouve l'identité nationale ? Il suffit de revenir aux fondamentaux pour le découvrir. La France est un Etat de droit. Comme tout Etat de droit, elle repose – et même plus que d'autres – sur des principes, qui sont ceux de 1789, de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, et de notre constitution. Etre Français, c'est respecter les droits et les devoirs qui en découlent, et non pas se conformer à un corpus de « valeurs » déterminées par on ne sait qui, au nom d'on ne sait quoi. Gardons en mémoire que parmi les principes de la République, il y a justement celui de laïcité, qui postule notamment la liberté de conscience de tout citoyen, et qui exclut par conséquent de mesurer le degré de « francité » à l'aune, par exemple, de l'amour porté à la Marseillaise, ou de l'identification à tel ou tel moment de notre histoire nationale.
C'est parce la France est d'abord et avant tout un pacte politique et social passé entre ses citoyens, c'est parce qu'elle est une idée, qu'elle n'est d'une part pas strictement liée à un territoire géographique donné – de 1939 à 1945, la France est à Londres avec De Gaulle, pas à Vichy avec Pétain – et qu'elle a longtemps bénéficié, d'autre part, d'un rayonnement intellectuel et culturel à portée universelle.
Voilà une première ébauche de la position que les socialistes et la gauche devraient porter dans le débat qui s'annonce et qui s'amorce. On ne créera pas du consensus factice en essayant d'imposer à tous les Français une liste de valeurs validées en haut lieu, et ne faisant sans doute même pas l'unanimité dans le camp politique qui les portes. On ferait mieux d'ailleurs de s'interroger sur les raisons du dissensus croissant entre les Français des ghettos culturels, économiques, sociaux et le reste de la Nation ; dissensus né, justement, de la dégradation et de l'insuffisance de l'action publique dans les quartiers déshérités. Sécurité sociale, services publics : elle est aussi là, l'identité nationale, dans ces projets émancipateurs qui sont directement issus de nos principes républicains. Le combat pour la justice sociale (et donc la cohésion nationale) n'est pas étranger à l'interrogation sur la définition de la France ; il y est au contraire tout à fait central. A la gauche et aux socialistes d'en faire la démonstration pour répondre à Eric Besson.
Julien Dray et Romain Pigenel |
|  IDENTITE NATIONALE : LE DEBAT | A la demande de la Présidence de la République, Eric Besson fidèle courtisant de sa majesté, relance le débat sur l'Identité Nationale, cela à quelques mois des Régionales.
Je pensais personnellement, que certains dirigeants de gauche auraient vu, là, le piège tendu par L'UMP Sarkozyste, mais j'ai le regret de constater que non.
Le but de la manœuvre étant une fois de plus de récupérer les voix du Front National mais aussi de faire diversion sur les véritables problèmes concernant la vie quotidienne des Français. (hausse importante du chômage, baisse du pouvoir d'achat….).
Je ne dis pas que le débat est inutile, car il s'agit d'un vrai débat qui permettrait de clarifier les choses. Celui-ci pourrait permettre des avancées significatives en ce qui concerne l'intégration des personnes vivants sur le sol Français.
Mais comment peut-on encore tomber dans le panneau, l'Identité Nationale ne doit pas être considérée comme un thème de Droite ou d'Extrême Droite, elle concerne l'ensemble des Français.
Il est temps une fois pour toute, que nous fassions de la politique intelligemment, ce n'est pas tout de le dire mais c'est de la mettre en pratique. Et celà, en ne répondant pas aux provocations de l'homme de communication qu'est Nicolas Sarkozy.
Une solution : demander via l'assemblée Nationale et le Sénat le report du débat après les Elections Régionales. Le climat serait alors beaucoup plus serin et les échanges beaucoup plus fructueux.
Guy LEROY PS Béthune |
|  Julien Dray remet les pendules à l'heure | Interview Sylvie Santini - Paris Match
« Il n'y a pas de caverne d'Ali Baba chez Julien Dray. » Le député de l'Essonne, figure du PS, est furieux contre la presse et le portrait d'homme aux goûts de luxe, « amateur compulsif » de montres, qui aurait été fait de lui. Après « Le Point », « L'Est républicain » et « Le Monde », c'était « Libération » qu'il poursuivait en diffamation devant le tribunal, le vendredi 23 octobre. Depuis décembre 2008, Julien Dray, 54 ans, fait l'objet d'une enquête préliminaire pour abus de confiance. Peu de mois auparavant, Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances, avait détecté des mouvements de fonds suspects entre le compte privé du vice-président du conseil régional d'Ile-de-France et deux associations dont il est proche, SOS Racisme – qu'il fonda en 1984 – et l'organisation lycéenne FIDL. Alors qu'il récuse toute malversation, l'ancien « pote » dit à Match son aversion pour les cabales et les « meutes ». Le parquet de Paris devrait se prononcer sur son cas avant décembre.
Paris Match. Vous acceptez de poser en famille alors que vous dénoncez, dans votre livre-plaidoyer 1, la “dérive de la presse”, sa “demande pressante d'une pseudo-transparence totale” et de “déballage de la vie intime”. Où est la logique ? Julien Dray. Je reste très attaché à une stricte séparation entre vie privée et vie publique. Mais celle-ci n'a pas été respectée à mon endroit depuis le début de mon “affaire”. Plus grave encore, on a en permanence fabriqué un personnage contraire à la vérité. En accord avec ma famille, j'ai juste voulu montrer qu'il y a aussi, justement, une famille dans l'affaire Dray. Des personnes qui n'ont rien à voir avec tout cela et qui ont été prises en otages dans une campagne bien organisée.
Un peu facile de dénoncer une cabale. Où en êtes-vous, un an après le déclenchement de l'enquête ? Dans les semaines à venir, le procureur doit rendre ses décisions. Nous lui avons remis des documents, ces dernières semaines, qui lèvent à mon sens beaucoup d'interrogations. J'observe que, avec le temps qui passe, les certitudes initiales s'estompent. Regardez : vendredi dernier, au bout de dix mois, le directeur de Tracfin, par une lettre rendue publique dans le procès qui m'oppose à “Libération”, a reconnu qu'un rapport de sa cellule ne peut à lui seul fonder aucune certitude juridique. C'est ce que j'ai démontré dans mon livre, sur ce rapport qui a servi de base à mon accusation. Certains médias ont donc instruit un procès médiatique, à sensation, sans aucune vérification élémentaire sur la vérité des faits.
Quelle est cette “vérité” ? L'enquête n'a pas révélé la vaste entreprise de corruption supposée, ni un mode de vie fastueux. La caverne d'Ali Baba de Julien Dray n'existe pas... Quant aux associations mises en cause, que ce soit SOS Racisme ou la FIDL, elles font des choses formidables avec des bouts de ficelle budgétaires. En tant qu'élu, si l'on veut parler de gaspillage ou de mauvaise gestion, je peux vous le dire, ce n'est pas là qu'il faut chercher. On peut toujours contester une décision, mais cela n'a rien à voir avec des mauvaises intentions ou des malversations.
Comment expliquez-vous qu'il y ait eu, dès le début, si peu de gens pour vous soutenir au PS, comme si ce qui vous arrivait ne faisait que confirmer votre “mauvaise réputation” ? “Mauvaise réputation”, qu'est-ce que c'est que cette rumeur qui vérifie le proverbe : “Qui veut noyer son chien l'accuse d'avoir la rage ?” Ma vie est simple, transparente – trop peut-être –, et j'assume mes passions et mes relations amicales. Tout le monde me connaît, je ne cache rien et voilà, une rumeur circule et est colportée. Cela fait vingt ans qu'on parle du prétendu trésor caché de SOS Racisme. Et puis quoi encore ? Mais il est vrai que, ces derniers mois, j'ai eu le sentiment que certains de mes amis politiques, pour reprendre une expression de Malek Boutih, se comportaient comme le croque-mort de Lucky Luke qui passe son temps à mesurer la taille du cercueil.
Qui a voulu “tuer” Julien Dray ? Des noms ! Vous voulez que je fasse à autrui ce qu'on m'a fait, pour me venger ? Je sais ce que je dois savoir sur l'origine et le déroulement de cette affaire. Chaque jour qui passe me permet de mieux cerner tout cela. S'il n'y a pas de complot, il y a une meute, et des individus qui l'ont nourrie régulièrement. Faites la comparaison avec une avalanche : aucun flocon ne se sent responsable.
Pas de main invisible, donc ? Il y a une dénonciation calomnieuse. Elle est écoutée par la cellule Tracfin, mise en scène et instrumentalisée. Pour aboutir à un rapport entièrement à charge, qui va prendre en otage toute la chaîne judiciaire. Des adversaires politiques trouvent là, enfin, matière à revanche.
Mais encore une fois, qui ? Vous semblez désigner plutôt vos amis du PS que l'UMP. Vous êtes d'ailleurs proche de Nicolas Sarkozy, que vous tutoyez et qui vous a fait des offres en 2007. Vous aviez également vos entrées à l'Elysée au temps de Jacques Chirac, en tant qu'ami de sa fille Claude... Vous pratiquez l'ouverture à droite ! Je ne pense pas que l'on est davantage de gauche lorsqu'on ne serre pas la main d'un homme de droite. Je tutoie Nicolas Sarkozy parce qu'on se connaît depuis vingt ans et que, en politique, ou bien vous vous détestez d'emblée ou bien vous apprenez à vous respecter. Cela crée, dans le temps, des liens humains. Je ne parle pas de connivence. Je crois d'ailleurs que je n'ai pas ménagé Jacques Chirac en son temps – ni Nicolas Sarkozy. Mais j'ai des règles, et je ne crois pas que tout est permis : coups bas, anathèmes, mises en cause personnelles... Autant de facilités pour ceux qui n'ont pas beaucoup d'idées.
Qui serait assez machiavélique au PS pour vouloir votre peau ? Les strauss-kahniens ? Aux auteurs d'un livre dénonçant les arnaques du congrès de Reims 2, vous avez confié que, à travers vous, c'était “Royal qu'il fallait atteindre”... Etes-vous, en tant qu'ex-allié de la présidente de Poitou-Charentes, la victime collatérale du “Tout sauf Ségolène” ? Non aux deux questions. Maintenant, que, au départ, certains aient voulu atteindre Ségolène par ricochet, c'est possible. Tout comme, à n'en pas douter, je le sens bien, on veut m'empêcher d'être aux côtés de mes camarades dans la bataille des régionales. Peut-être que ceci explique cela.
Benoît Hamon a annoncé qu'il se verrait bien sur les listes des régionales en Ile-de-France, où l'on semble ne plus vouloir de vous... Serait-ce à lui, votre ancien allié du NPS, que profite le crime ? Vous l'avez d'ailleurs vertement étrillé pour ses propos sur Frédéric Mitterrand. Au PS, et c'est normal, chacun a un jour ou l'autre été amené à faire un bout de chemin avec tel ou tel autre. Avec Benoît Hamon, pour ma part, cela n'a duré que trois mois, il y a maintenant sept ans. Je ne partage pas sa manière, apprise au MJS, de faire de la politique. J'avais en son temps fustigé cela dans une formule trop sévère et un peu caricaturale, “l'école du vice”. En tant que porte-parole, j'ai quand même le sentiment, parfois, qu'il parle en son nom, pas en celui du PS. Il s'est attribué une liberté qu'aucun de ses prédécesseurs n'a eue. Je me suis donc permis de lui rappeler le devoir d'un porte-parole, qui doit toujours défendre tout son parti, même ceux qu'il n'aime pas. Et lorsqu'il a une opinion personnelle, de la présenter comme telle.
Le parti doit “changer ou mourir”, disiez-vous en 2007 dans “Règlements de comptes” 3... A-t-il changé ? Non. Et je pense qu'on ne peut pas vivre simplement de la dénonciation de l'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy. Le PS ne s'est pas remis sur les rails de la construction d'une véritable alternative idéologique à la droite. Il fonctionne au coup par coup, mais je ne vois pas se dessiner un projet et une politique nouvelle. Or nous sommes engagés dans un contre-la-montre. Il faut répondre à la montée des peurs, au déclassement des classes moyennes, au défi des finances publiques. Renouer avec l'optimisme dans l'histoire, redonner confiance dans le collectif, défendre l'intérêt général et lui redonner un sens, en matière fiscale notamment. Je vais essayer d'y travailler, comme je l'ai fait il y a dix ans au sujet de la sécurité et des violences. Il faut désormais assumer des ruptures radicales, tant sur les institutions que sur la gestion de l'économie. Par exemple, je n'aime définitivement pas ce système présidentiel qui produit naturellement une hyper-concentration des pouvoirs. Il faut rouvrir ce débat. De même, sur le plan économique, il faut s'attaquer au mythe de la libre entreprise et du libre-échange. Je crois plus que jamais à la nécessité d'un Etat stratège, avec la souplesse de renationaliser quand il y en a besoin, mais aussi de privatiser des actifs quand ils n'ont rien à voir avec l'intérêt collectif.
Et l'angoisse de cette épreuve judiciaire, comment la surmontez-vous ? Les amis, la famille ? J'ai toujours fonctionné en tribu. Je suis un méditerranéen, né sur l'autre rive [en Algérie]. J'ai besoin des autres et je leur donne beaucoup. Ma femme, Catherine, avec qui je vis depuis plus de trente ans, a été très présente. Comme le reste de la famille et tous mes amis, qui ne m'ont pas fait défection. Le petit plus dans cette histoire, c'est qu'on a même reconstitué le noyau dur des “potes” des années 84-86. Personne ne manque ! Et on a retrouvé le plaisir de se voir régulièrement. Je fais du sport, aussi... Ça ne se voit pas parce que je grignote tout le temps et que j'aime le chocolat, mais j'en fais trois heures par semaine depuis vingt ans.
Du sport ? En voilà un scoop ! Et cet autre sport qu'est la collectionnite de montres ? Je n'ai pas de co-llec-tion, malheureusement ! Je n'arrête pas de l'expliquer...
Cela mérite une explication, en effet. Comment peut-on avoir des montres de collection et pas de collection de montres ? Il y a des milliers d'amateurs comme moi. Je l'ai dit, j'aime les montres anciennes. Le plaisir, c'est de les porter, de connaître leur histoire, de les restaurer, pas de les mettre dans un coffre. Un amateur en possède quatre ou cinq. Jamais plus. Il les revend, parfois à perte, pour pouvoir en racheter une autre quand il a de nouveau un peu d'argent. Mais ce n'est pas du patrimoine ; c'est une passion.
1. « L'épreuve », de Julien Dray, éd. Le Cherche Midi. 2. « Hold-uPS, arnaques et trahisons », Antonin André et Karim Rissouli, éd. du Moment. 3. De Julien Dray, éd. Hachette Littératures. Point final |
|  Réponse de Manuel Valls à BHL | La morale est à la gauche ce que le mérite est à la droite
Manuel Valls répond à BHL sur la gauche, le PS, la morale, et les affaires Polanski et Mitterrand :
La question n'est pas de savoir si telle ou telle figure est coupable ou non. La question est de savoir s'il est possible d'interroger, sur la base de faits ou de déclarations portés à la connaissance du public, la responsabilité de ceux qui en seraient les auteurs, et si cette question peut, enfin, émaner d'un responsable de gauche ?
Or, même Bernard-Henri Lévy, immense intellectuel qui dénonçait il y a deux ans, lucide et courageux, les atavismes de sa famille politique dans Ce Grand Cadavreà la renverse, n'aura pas su résister longtemps aux sirènes de la facilité (lire «Affaire Mitterrand : et si on inculpait Léon Blum ?» en pages Rebonds de lundi, ndlr). Aussitôt, il emploie avec un reniement déconcertant la grammaire de la justice expéditive de la vieille gauche : d'abord, la disqualification des opposants avec une dénonciation en règle de cette nouvelle génération, «escadron de vertueux, estampillé socialiste», qui s'accouple avec l'immonde extrême et, ensuite, la hiérarchisation des maux - et donc leur relativisation - selon laquelle, au fond, le tourisme algérien d'un Le Pen serait «autrement plus olé olé» que celui d'un Frédéric Mitterrand… Cette faiblesse argumentative renvoie donc à une profonde incompréhension générationnelle ? Mais quelle mouche pique donc cette jeune génération de gauche pour qu'elle tienne tant à s'occuper de morale ? La réponse est limpide.
A l'heure où le flottement sarkoziste sur les valeurs est à son comble - népotisme, avec la nomination surréaliste du «dauphin» à la tête d'un établissement public, autorité en faillite, quand on envisage de payer des enfants pour aller à l'école, rapport à l'argent incestueux avec les puissants, ingérence permanente du politique sur le terrain de la justice -, je n'envisage pas d'abandonner la morale politique aux griffes des extrêmes ou des souverainistes. Notre démocratie n'y survivrait pas.
C'est minable et rageant. Le Sarkozysme se porte mal parce qu'il est justement et finalement rattrapé par ses contradictions et le PS, la gauche ne sait toujours pas quoi dire ou quoi faire. Le cas Benoît Hamon veut tout dire. Il y a au PS non seulement un conflit de générations mais de valeurs. Si le but est de perdre en 2012 pour mieux se préparer pour 2017 autant le dire et avoir le courage de tout casser. Valls et BHL sont bien gentils mais leur combat de coqs est fatiguant. La morale et les valeurs d'un mort n'ont pas d'importance. L'exemple des Etats-Unis nous prouve que lorsque le débat plus se concentre sur la morale c'est qu'il n'est politique.
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|  Benoît Hamon porte avant tout sa parole avant celle du PS | Déclaration de Julien Dray le vendredi 9 octobre 2009.
La forme et le fond
Je me permets pour une fois de juger le porte-parole du Parti socialiste, au sujet, justement, de l'exercice de sa fonction de porte-parole. J'ai été amené à le faire une première fois mercredi dernier sur RTL, en exprimant mon désaccord sur sa façon de traiter « l'affaire » Frédéric Mitterrand. La fonction de porte-parole implique des devoirs, et ne donne pas simplement le droit à la parole.
Lorsque le porte-parole parle, il ne parle pas en son nom propre, mais au nom de tout le parti. Et pas seulement de la majorité du parti, d'ailleurs.
On pouvait se dire que durant ses premiers mois à ce poste, Benoit Hamon, inexpérimenté, apprenait cette difficile fonction, et qu'il était donc normal de lui accorder le bénéfice du doute – de la découverte, du temps de l'apprentissage. Mais nous n'en sommes plus là. Et force est de constater que ce qui pouvait au départ passer pour des erreurs de rodage devient désormais systématique. Or, encore une fois, quand Benoit Hamon parle, il impose de facto sa position aux militantes et aux militants. Et cela n'est plus acceptable. Surtout quand cela devient une tactique de mise au pied du mur de tout le parti socialiste.
Il faut mettre un terme à cette ligne de conduite permanente. On ne peut pas venir sans arrêt donner des leçons sur la discipline et la fraternité, et être en même temps celui qui organise le dysfonctionnement du parti.
Ceci pour la forme. Mais le fond la rejoint avec la dernière intervention de notre porte-parole au sujet de Frédéric Mitterrand. Intervention qui pose beaucoup de problèmes, d'autant qu'elle a été revendiquée et assumée par la suite par lui-même sur RTL, et par certains de ses proches.
Grave erreur : ne pas avoir compris que l'offensive de Marine Le Pen contre Frédéric Mitterrand n'est pas un coup politique anodin, parmi d'autres, mais bien l'acte inaugural d'une nouvelle stratégie pour son parti, coïncidant avec la prise de pouvoir en son sein de l'héritière. Une nouvelle stratégie qui va consister à adopter, comme cela a été le cas aux Pays Bas, un discours néoconservateur sur l'ordre moral, mélangeant pêle-mêle imprécations contre le cosmopolitisme, instrumentalisation de toutes les peurs (dont celles sur les crimes sexuels), dénonciation du droit à l'avortement, campagne pour le retour de la peine de mort ... Le porte-parole du Parti socialiste, par sa précipitation à bondir sur la polémique sans analyse préalable suffisante, n'a fait que valider cette stratégie. Et sa précipitation a été d'autant plus grave qu'allégrement le Front National a opéré une confusion dans l'opinion entre homosexualité, et pédophilie.
Il y a une tentation permanente, dans la société française, à ouvrir le débat sur l'ordre moral. Le Front National va tenter de regagner du terrain en menant une bataille sur ce sujet. Et dans cette bataille les socialistes doivent assumer leur identité, comme François Mitterrand en son temps, ou Lionel Jospin avec le PACS, ont su le faire. Pédophilie, tourisme sexuel : évidemment, tout ce qui a trait à l'exploitation des individus est injustifiable, condamnable, et doit être combattu par les socialistes. Tout comme les lynchages, les procès d'intention, les caricatures, les raccourcis, l'utilisation de la vie privée des gens. Autant de procédés qui sont diamétralement opposés au combat que nous menons pour l'émancipation et le droit des individus.
Quelle aurait dû être la bonne position pour un porte-parole du Parti socialiste ? D'abord rappeler en temps et en heure au ministre de la culture que son amitié pour Roman Polanski ne justifie pas ses propos imprudents à son égard, car le viol d'une mineure de 13 ans est un crime condamnable, quel qu'en soit l'auteur. S'étonner parallèlement du fonctionnement de la justice américaine. Puis dans le moment présent, réaffirmer que nous sommes contre l'ordre moral, et que nous reconnaissons un droit inaliénable à l'homosexualité ; dénoncer l'amalgame entre homosexuels et pédophiles ; demander au ministre d'apporter toute la lumière sur un livre qui peut faire question – tout en gardant en mémoire qu'un récit, même revendiqué comme autobiographique, reste un récit, et ne saurait donc avoir le même rapport à la réalité qu'une déposition de police.
En procédant de la façon inverse, Benoit Hamon n'a pas rendu service aux socialistes.
Julien Dray
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|  Mitterrand : Bernard-Henri Lévy monte au front | Dans une tribune publiée lundi dans Libération, Bernard-Henri Lévy s'en prend violement à Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Benoît Hamon, qu'il accuse de s'être allié au Front national dans l'affaire Mitterrand.
L'affaire Mitterrand continue de faire parler. Lundi matin, c'est Bernard-Henri Lévy qui est monté au créneau dans une tribune publiée dans Libération, intitulée "Et si on inculpait Léon Blum?" Choqué par le positionnement de la jeune garde du Parti socialiste, très critique à l'égard du ministre de la Culture, le philosophe n'a pas pris de gant: "Marine le Pen n'y suffisait pas: il a fallu que la jeune Garde socialiste, Benoît Hamon en chef de file, vole au secours du nouvel ordre moral", écrit-il. BHL est d'autant plus virulent qu'il avait placé beaucoup d'espoirs dans ces quadras "qui portaient, avec d'autres, les couleurs de la rénovation à gauche."
Stigmatisant une "alliance folle, profondément contre-nature, suicidaire", entre des "héritiers de Jaurès" et le FN, il évoque ensuite "le spectacle navrant de cet escadron de vertueux, estampillé socialiste, qui fonce droit dans le piège tendu par ses pires adversaires". Et de se demander si, désormais, on va "fouiller dans la vie de chacun d'entre nous pour évaluer (...) notre degré de moralité". La veille, Eric Besson n'avait pas dit autre chose sur Canal +, qualifiant le socialiste Benoît Hamon de "porte-parole de Marine Le Pen" dans ses attaques à l'encontre de Frédéric Mitterrand."Voir Benoît Hamon, en une semaine, passer de porte-parole du Parti socialiste à porte-parole de Marine Le Pen c'est une régression redoutable", a déclaré l'ancien socialiste.
Oubliant quelques instants Valls, Montebourg et Hamon, BHL se replonge dans le passé. Et s'inquiète pour Malraux, lui qui "fit publiquement l'aveu d'un penchant pour les paradis artificiels" et qui, en conséquence, "ne resterait, aujourd'hui, pas ministre cinq minutes." Léon Blum est également appelé en renfort, lui qui fit "l'éloge de l'adultère et de l'extrême liberté des meurs pour les jeunes filles emprisonnées dans le carcan des familles". Le père du Front populaire "devrait se tenir à carreaux de peur d'être dénoncé comme pédophile par les Benoît Hamon de service." Rousseau, Gide et Genet auraient eux aussi du souci à se faire car "la brigade des mœurs veille." Et de conclure: "Triste époque."
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|  LA RECONNAISSANCE INDIVIDUELLE : PAR FRANCOIS CHEREQUE | François Chérèque - Secrétaire général (CFDT) "La reconnaissance individuelle"
"Depuis les années 1970, au lieu de défendre des parcours, des individus, on a fait le choix, syndical et législatif, de défendre les masses. C'est une différence majeure avec le syndicalisme de l'Europe du Nord, par exemple. Mais c'est aussi un débat plus large. Pour la gauche, notamment : comment articuler la reconnaissance individuelle et la reconnaissance par les statuts ? Alors que les gens sont en attente de reconnaissance individuelle dans le travail, la gauche leur répond toujours : statut. C'est le signe qu'elle est désarmée et qu'elle a toujours autant de mal à valoriser les individus et le travail. Le livre d'Eric Maurin, La Peur du déclassement, montre très bien que nous sommes dans une société duale, entre ceux qui sont protégés et les autres, notamment les jeunes. Depuis trente ans, la jeunesse est prise dans un double mouvement : chômage de masse d'un côté, démocratisation scolaire de l'autre. Les jeunes sont toujours plus diplômés mais, par la précarité qu'ils subissent, ils continuent de servir de protection aux salariés les plus protégés qui, eux, craignent d'être déclassés ou que leurs enfants le soient.
On est au coeur de la problématique du mal-être au travail, qui est une des composantes du mal français. Les signaux ne manquent pas : suicides à France Télécom, déshumanisation de l'organisation du travail dans beaucoup d'entreprises, malaise des cadres... Cela se manifeste aussi par la volonté, largement partagée, des salariés de plus de cinquante ans de partir à la retraite. Même si c'est un constat difficile, on ne peut pas nier cette forme de désenchantement." |
|  LA PEUR DU DECLASSEMENT - MANUEL VALLS | Retrouvez mon commentaire sur le livre d'Eric Maurin, "La Peur du déclassement"
Détonnant. Voilà ce qui qualifie La Peur du déclassement. Eric Maurin passe à la moulinette des statistiques certaines réalités communément admises. Et beaucoup n'y survivent pas. Ainsi, le déclassement, existe, bien évidemment, mais il ne s'accentue pas. Non, selon Maurin, c'est le sentiment du déclassement qui se généralise. Sur l'idée, couramment acceptée, que les diplômes n'ont plus la même valeur, il constate, a contrario, qu'ils n'ont jamais été aussi efficaces pour conquérir les emplois les plus stables. Ce livre est jubilatoire car il disqualifie les tenants des discours compassés. Il est lumineux car il pose les vrais diagnostics sur les maux de la société française.
Nous évoluons dans une société de statut qui a bâti un vaste système de protection des salariés. Ultime paradoxe, plus cette protection est forte, plus la peur du déclassement est grande pour ceux qui bénéficient des positions avantageuses.
Et c'est là où réside le principal danger de ce livre : être mal interprété. La droite appellera à détruire le droit du travail, quand la vieille gauche dénoncera les travers "libéraux" de cet ouvrage.
Bien au contraire, il démontre avec acuité qu'une société à double vitesse se concrétise. Ce livre est important pour la gauche. On pourra regretter le manque de solutions nouvelles mais il pose une question essentielle :
- Quelle société voulons-nous ?
- Une société protectrice mais polarisée ou bien une société apaisée et flexible ?
Voilà bien notre urgence : définir un projet offrant aux plus fragiles les moyens individuels de se construire un avenir, en se frayant un chemin à travers les difficultés de la vie.
Manuel Valls |
|  FRANCOIS HOLLANDE DENONCE LA POLITIQUE FISCALE DU GOUVERNEMENT | [ 28/09/09 ]
Invité le 27 septembre dernier à l'émission « 17 heures politique » organisée par iTélé en partenariat avec « Les Echos », François Hollande a critiqué avec virulence les mesures financières annoncées par la majorité. « On est dans un paradoxe dans lequel la victime d'un accident du travail va devoir payer l'impôt sur ses indemnités alors que le trader qui touche un bonus ne payera rien si ce revenu est au-delà du seuil du bouclier fiscal. L'équité, ça consiste d'abord à fiscaliser de la même manière les revenus du capital et ceux du travail », a-t-il affirmé, stigmatisant également la hausse du forfait hospitalier.
L'ancien premier secrétaire du Parti socialiste a estimé qu'« on a fait des baisses d'impôt financées à crédit » et voit là « une inconséquence ». « Si j'étais en responsabilité, je mettrais en question les allégements fiscaux continus qui ont été accordés »,a-t-il déclaré, en s'affirmant partisan d'une fiscalisation de tous les revenus selon un barème unique. Il a souligné qu'eu égard à l'état des finances publiques la marge de manoeuvre sera extrêmement limitée pour tout nouveau président de la République et qu'en 2012 il y aurait une grande confrontation sur cette question. Une reprise insuffisante
Concernant la conjoncture économique, François Hollande a estimé que la récession est terminée, mais que la reprise sera insuffisante pour éviter la montée du chômage. Il juge donc nécessaire d'élargir toute les formules de chômage partiel et de reclassement, et de faire en sorte que les personnes concernées ne se trouvent pas dans une situation de recherche d'emploi, mais dans un contrat avec Pôle emploi. Il a souhaité que des politiques de formation des demandeurs d'emploi soient mises en œ oeuvre dans les régions qui seront dirigées par les socialistes, en particulier à destination des jeunes. Favorable à des primaires
A propos, par ailleurs, de la situation interne du PS, l'ancien patron de la rue de Solférino s'est affirmé favorable, sous condition, à des primaires. « Les primaires doivent servir à désigner le candidat socialiste, pas celui de n'importe quel conglomérat », a-t-il insisté, en se déclarant partisan d'« engager le processus le plus vite possible ». Selon lui, celui-ci devrait être amorcé dans un an pour se terminer au début de 2011.
Sans nier l'existence d'irrégularités lors du processus électoral interne, François Hollande n'a pas remis en cause la désignation de Martine Aubry à la tête du parti. « Martine Aubry est premier secrétaire, je ne suis plus dans ce débat, nous sommes passés à autre chose. Je ne lui compliquerai pas la tâche », a-t-il affirmé, tout en soulignant que « premier secrétaire ne veut pas dire candidat » à la présidentielle.
Interrogé sur ses propres ambitions pour 2012, il a laissé la porte largement ouverte. « Aujourd'hui, ce n'est pas le temps des annonces. Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas se préparer, pour moi comme pour les autres », a-t-il déclaré.
J.-F. P., Les Echos |
|  FRANCOIS CHEREQUE : LES SYNDICATS SONT ACTIFS | Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé, mercredi matin, sur France Inter qu'il fallait accepter "qu'en France, l'action syndicale ne soit pas toujours des manifestations". "Il faut casser cette image comme quoi les organisations syndicales, depuis la rentrée ne sont pas actives. Non. Les organisations syndicales, depuis la rentrée sont très actives", s'est-il défendu.
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|  AU-DELA DE LA "JUNGLE" | Chronique publiée sur slate.fr
Les conditions humaines des migrants qui se pressent dans le Calaisis pour franchir la manche et atteindre l'Angleterre, sans d'ailleurs toujours pouvoir y parvenir, est insupportable. Elle l'est pour les exilés qui viennent butter dans le Calaisis, sur cette frontière naturelle du bout de l'Europe. Elle l'est aussi pour les habitants du Pas-de-Calais qui ont le sentiment de voir leur quotidien transformé en zone de transit et parfois de non droit.
Ce qu'on appelle la « jungle » est en fait la traduction sauvage de l'échec des politiques migratoires à l'échelle européenne.
Le ministre de l'identité nationale vient d'annoncer que les baraquements et les campements où s'entassent Afghans, Irakiens, Soudanais, Iraniens, seraient la semaine prochaine détruits à coups de bulldozers et que les migrants se verraient proposer une solution, autrement dit un retour groupé.
Je ne me plaindrai pas du démantèlement des trafics et des filières dans lesquelles les passeurs et d'autres profiteurs trouvent l'occasion d'un enrichissement écœurant. Mais il y a derrière cette soudaine décision la même part de communication et d'illusion que lors de l'annonce par Nicolas Sarkozy, en 2002, de la fermeture de Sangatte. Le ministre de l'intérieur de l'époque prétendait avoir réglé le problème en en terminant avec un camp qui avait vu transiter près de 70 000 migrants de 1999 à 2002. Ce fut un lâche soulagement. Aussitôt Sangatte, des « jungles » ont proliféré sur tout le littoral. Les migrants étaient toujours là, les exilés toujours partant pour l'aventure, mais sans accompagnement, sans encadrement, sans surveillance. Et aujourd'hui qu'y aura-t-il après la jungle de Calais ?
Certes, la dissuasion va produire son effet. Dans un premier temps, « ils » seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d'autres squats, d'autres campements dans des forets, dans des zones industrielles, dans des immeubles désertés..bref dans un monde parallèle, souterrain, comme dans ces films de science fiction où sous la terre se cachent dans l'ombre des figures dont on ne sait plus si elles sont humaines.
Nous ne sortirons de ce monde dual qu'avec, non pas simplement des principes -ce qui est quand même toujours préférable- pas seulement avec des bulldozers, mais avec une politique qui doit être d'abord européenne, qui suppose une coopération entre la France et l'Angleterre, et qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d'origine.
Enfin, il faut qu'il y ait des structures d'accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions individuelles pour chacun de ces exilés. Sinon, c'est l'hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d'ailleurs, ces déchets et ces abris de fortunes qui révèlent un malheur s'ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie. |
|  LE PETIT MOT DE JULIEN DRAY | Tout va bien !
Morne début de semaine pour la gauche. L'effondrement électoral de la SPD vient confirmer le « paradoxe » que tout le monde pointe depuis un an : alors que la crise financière et économique semble donner raison à la sociale-démocratie, elle profite à la droite, dans ses versions conservatrice ou – plus étonnant encore – franchement libérale. La montée en puissance des libéraux allemands du FDP au scrutin de dimanche vient encore renforcer ce pied de nez à ce que devrait être la logique politique.
Si la sociale-démocratie a été battue au niveau européen en juin, et aujourd'hui en Allemagne, c'est bien qu'elle ne répond plus, tant par ses idées que par les structures qui les portent, à la situation politique, et aux femmes et aux hommes qui devraient se reconnaître en elle.
De deux choses l'une. Soit la sociale-démocratie est victime d'un terrible malentendu : faute d'un bon « leadership », d'un système d'alliance opérationnel et/ou d'appareil politique en plein état de fonctionnement et de communication, elle serait incapable de se faire entendre des électeurs, mais aurait malgré tout raison. C'est grosso modo la thèse que suppose l'actuel processus de rénovation du parti socialiste. Soit elle a véritablement épuisé son programme, qu'il ait été repris et intégré par l'ensemble du spectre politique, ou qu'il soit inadapté aux défis de l'époque.
La seconde hypothèse a raison sur un point : le compromis social-démocrate traditionnel entre État, salariés et entreprises n'existe plus. Mais pour autant, on ne voit pas en quoi les valeurs fondamentales du socialisme, à commencer par celle-là même de compromis, sont dépassées. Des forces comme le Parti de Gauche en France, ou Die Linke en Allemagne, peuvent bien faire de la critique de la sociale-démocratie leur fonds de commerce électoral, on peine toujours à voir quel modèle alternatif positif elles défendent, et en quoi leurs – relatifs – succès électoraux relèvent plus d'une adhésion sincère des électeurs que de la matérialisation de la colère de ceux-ci envers les partis socialistes. Quant à l'écologie politique qui a, depuis quelques mois, le vent en poupe, son récent soutien sans nuance à la taxation écologique du gouvernement Fillon, qui accable un peu plus encore les classes moyennes, montre bien qu'elle ne saurait prétendre incarner à elle seule le rôle et les idéaux de la gauche.
Reste la première hypothèse, celle de la simple nécessité d'une « rénovation » : une stratégie de replâtrages successifs, partant du principe que la somme des petites retouches finit par changer l'ensemble du bâtiment. Un coup, une opération de communication avec les intellectuels, le coup suivant, un referendum sur le fonctionnement du parti ; un autre coup encore, une convention sur l'économie. Cette ligne n'est pas absurde en soi, et aurait eu du sens en 2002 ou en 2005. Mais elle est complètement inadaptée à l'urgence et à la gravité du contexte actuel.
A cause de la somme des ratés des derniers mois. Mais également, et peut-être surtout, à cause de la parution du livre sur le congrès de Reims, et de la gestion de cette parution par les responsables socialistes. Sans doute n'apprend-il pas grand chose aux habitués et aux experts de la machine solférinesque. Mais l'étalement sur la place publique de méfaits jadis limités aux conversations entre cadres et militants, et – surtout – l'absence de réaction exceptionnelle de la direction du PS – voire, pire encore, la reconnaissance tacite des faits par certains, et même par le questionnaire soumis au vote le 1er octobre ! – ont produit dans l'opinion des femmes et des hommes de gauche des dégâts dont on mesure encore sans doute mal l'étendue et les conséquences. Le parti socialiste a désormais l'image d'une formation tolérant la fraude électorale en son sein. Seul un électrochoc radical pourrait effacer ce stigmate. Or il ne nous semble pas que le référendum interne du premier octobre, et sa logique de rénovation par petits pas, se situe à cette hauteur.
Il est insuffisant parce qu'il procède d'une double réduction : d'abord réduction de la refondation politique à une rénovation organisationnelle, en renvoyant aux calendes grecques tout ce qui a trait à l'identité idéologique du socialisme français, au moment même où les Français attendent des prises de position fortes sur les services publics, la violence des normes managériales ou encore l'équilibrage entre exigences sociales et « urgence environnementale ». Réduction ensuite de la rénovation interne à des questions tactiques – les alliances – ou ne concernant que les postes d'élus – non-cumul, diversité – alors que tout ce qui concerne la démocratie interne et l'augmentation du pouvoir des militants est laissé de côté. Ou même d'une certaine manière foulé aux pieds, avec ce questionnaire fermé sans véritables possibilités d'amendement, renvoyant le temps du débat à une lointaine convention thématique dédiée.
Le compte n'y est décidément pas. On a, pour tout dire, le sentiment d'un artifice mis en place dans l'urgence pour laisser passer l'orage, et appliquer quelques rustines en trompe-l'oeil sur un appareil dont l'obsolescence ne trompe pourtant plus personne. Faut-il préciser qu'un tel aveuglement, conjugué à la recherche désordonnée de nouvelles alliances n'importe comment, et à n'importe quel prix, risque fort de signer la fin d'un parti que ses « partenaires » guettent déjà d'un œil gourmand ?
Dans la grande reconfiguration du champ politique de la gauche qui s'amorce, si le socialisme a encore une identité propre et utile au monde actuel, alors il doit prendre lui-même l'initiative de la reconstruction de son camp. En commençant par sa révolution interne : à savoir, un congrès extraordinaire de refondation, qui remettrait à plat l'ensemble de son fonctionnement et de son idéologie, qui permettrait à tous les Français qui le souhaitent d'adhérer immédiatement pour y participer, et qui associerait, si elles le souhaitent, les formations qui nous sont proches – radicaux, citoyens, communistes unitaires. Un tel processus pourrait avoir lieu en deux temps. D'abord, une grande convention préparatoire à l'automne, qui permettrait parallèlement de créer une dynamique populaire en vue des régionales, en donnant un signe fort que le PS a compris la déception du peuple de gauche, et son désir d'un grand parti radicalement réformiste. Ensuite, le congrès proprement dit au sortir des régionales, pour préparer au mieux les prochaines échéances, et travailler à construire des alliances qui se fassent sur une identité politique claire, et non pas dans une logique de combinaisons ou d'arithmétique électorale à la Prévert, où l'on additionne tout et n'importe quoi, pourvu que l'on atteigne une hypothétique majorité.
Longtemps annoncée, systématiquement retardée, aujourd'hui instrumentalisée, la « rénovation » est désormais un concept caduc et dépassé. Pire, elle risque de servir de leurre pour retarder la refondation radicale que militants comme électeurs appellent instamment de leurs vœux. Trop de temps a déjà été perdu pour tenter, à nouveau, d'en gagner. Nous devons avoir le courage d'une refondation en bonne et due forme : c'est une question de vie ou de mort pour le parti socialiste. Il y a une urgence absolue à ce que celles et ceux qui dirigent le Parti socialiste aujourd'hui le comprennent vite … et à défaut, il faut les y aider.
Julien Dray et Romain Pigenel |
|  JACQUES MELLICK : SOLIDE COMME UN ROC | EXTRAIT DE LA VOIX DU NORD DU 01/09/09 Jacques Mellick ne paraît pas affaibli par la décision du Conseil d'État
Jacques Mellick, Daniel Boys, et François Queste ont tenu le stand PS avant d'offrir un pot aux militants PS, à Copernic
| POLITIQUE |
On ne l'avait pas revu à Béthune sur la scène politique depuis la décision du Conseil d'État début juillet.
S'il a perdu tout espoir de récupérer la mairie, Jacques Mellick garde toujours son aura. Et sa combativité. Hier, à la braderie, il était au stand PS. Décontracté. En attendant sa grande rentrée, aux moules-frites du 5 octobre.
« Je suis moi-même franchement étonné. » Jacques Mellick n'en revient pas. « Depuis ce matin, je suis assailli de demandes de citoyens à qui on supprime des aides, à qui on ne répond pas. » Le rejet du Conseil d'État pour le recours en annulation des élections municipales n'a pas « tué » Jacques Mellick. Ni à ses yeux, ni aux yeux de ses sympathisants, encore nombreux, qui lui demandaient, hier : « Quand est-ce que vous revenez ? » Pas de retraite politique, donc, pour l'ancien ministre. « Je suis un roc. » Il continuera à siéger sur les bancs de l'opposition au conseil municipal. Avec un esprit combatif. « Ou on nous écoute, laisse parler et tient compte de nos propositions, ou on nous écoute pas et ce sera la guerre. On ne cédera pas d'un pouce. » Le ton est donné. « Pour pas augmenter les impôts pendant 2 ans, c'est qu'il y avait des réserves. Dans les mois qui viennent, ça va être l'épreuve de vérité. » S'il reprend une phrase de Ted Kennedy enterré hier « Le rêve ne disparaît jamais », est-ce parce qu'il nourrit encore l'espoir de reconquérir la mairie qu'il a occupée pendant 30 ans ? « C'est encore loin, concède Jacques Mellick mais ces messages de soutien montrent que nos idées, nos personnes, nos équipes sont appréciées, attendues, espérées. » Ce qu'il n'attend plus, ou tout au moins, pas tout de suite, c'est un cinéma. « Pour ressortir un projet comme le nôtre, il faut au minimum 5 ans. » Et de regretter aussi l'abandon du projet de patinoire et des 75 logements bioclimatiques prévus à Catorive. « Même à Saint-Etienne, où un maire de droite a été battu par un homme de gauche, ou à Rouen, on maintient les projets de l'ancienne municipalité. Ici, on considère que dans la mesure où c'est nous qui l'avons fait, c'est pas bien. » •
ELSA LAMBERT-LIGIER |
|  CONJURER LE SENARIO BRITANIQUE | Henri Weber s'exprime dans le Nouvel Observateur. NOUVELOBS.COM | 06.08.2009 | 12:25
La crise que connait la social-démocratie européenne, et singulièrement le PS français, n'est pas une crise d'agonie, comme l'affirment, une fois de plus des fossoyeurs trop pressés.
C'est une crise de refondation, comme les partis socialistes en ont surmonté déjà plusieurs au cours de leur longue et tumultueuse histoire.
Ils avaient appris, au siècle dernier, à maîtriser et à civiliser un capitalisme national et industriel. Ils sont confrontés aujourd'hui à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance. A une société fragmentée, aussi, et travaillée par un individualisme parfois désagrégateur. A une "démocratie d'opinion", enfin, qui, avec la personnalisation du pouvoir, rend décisif le rôle du leader. Les politiques publiques, les méthodes d'action, les formes d'organisation que les partis socialistes avaient mises en œuvre pendant le dernier demi-siècle, sont désormais de moins en moins efficaces. Voilà la cause profonde de la crise de la social-démocratie européenne. S'y ajoute en France -circonstance aggravante !- une crise de leadership qui perdure depuis 2002. Les partis socialistes sauront-ils inventer la social-démocratie du XXIe siècle ? Ils ont fait preuve, jusqu'à présent, d'une grande aptitude à se refonder, c'est le secret de leur longévité . Ils disposent aujourd'hui de suffisamment de ressources humaines et de pragmatisme pour rebondir à nouveau. Le PS ne doit pas "disparaître", comme le lui recommandent aimablement BHL, après Jean Francois Kahn. Il doit surmonter sa crise de leadership qui le rend cacophonique, et donc inaudible. En l'absence de leader incontesté, le PS a du mal à fonctionner comme un "intellectuel collectif", car chaque présidentiable fait travailler ses équipes d'abord pour son propre compte. Il est incapable de maîtriser sa communication et devient le jouet des médias et de ses adversaires. Dans ces conditions, le parti peut avoir le meilleur des programmes, ses propositions sont ignorées, falsifiées, pillées et recyclées par les "speech-writers" de la droite, dans l'indifférence générale. Pour régler sa crise de leadership, le PS doit désigner son candidat à l'élection présidentielle de 2O12 au moyen d'élections primaires ouvertes aux électeurs socialistes. A défaut de s'entendre sur un "candidat naturel", les socialistes doivent s'accorder sur une procédure de désignation et s'engager solennellement à en respecter l'issue. Les modalités précises de ces primaires socialistes seront arrêtées en juin 2O1O après les élections régionales. Dans le même temps, les socialistes doivent poursuivre le travail sur le fond, comme les y engage énergiquement Martine Aubry. Ils doivent contribuer, au sein du PSE, à surmonter la crise d'orientation de la social- démocratie, en élaborant une réponse européenne à la crise du capitalisme. Ils doivent travailler au renouveau idéologique de la gauche, en réalisant la synthèse entre le socialisme démocratique et l'écologie politique, comme ils ont su au siècle dernier réaliser la synthèse entre le socialisme réformiste et les libéralismes politique et culturel. Ils doivent inventer un nouvel internationalisme, en vue d'instituer une mondialisation maîtrisée et solidaire, dont une Union Européenne reconquise par la gauche serait le levier. Trois conventions nationales auront lieu l'année prochaine pour faire avancer ces travaux. Le Ps réussira-t-il sa rénovation ou bien se laissera-t-il glisser sur sa ligne de plus grande pente, qui le transformerait en nouveau parti radical? Si le pire n'est jamais sûr, le meilleur est souvent improbable. Travaillé par le virus suicidaire de l'individualisme, qui pousse chacun à poursuivre ses intérêts politiques particuliers au détriment de l'intérêt supérieur de toute la gauche, le PS peut refuser l'effort de la refondation. Il n'en disparaitrait pas pour autant, n'en déplaise à BHL, car en politique, ne disparaît que ce que l'on remplace, et on ne voit pas qui, dans un avenir prévisible, remplacerait le PS comme force cohérente d'opposition et d'alternance. Mais la droite serait alors assurée d'occuper longtemps les Palais nationaux. C'est ce que j'appelle le scenario britannique. Chassés du pouvoir en 1979 par M. Thatcher, les travaillistes sont restés 19 ans dans l'opposition. Ce scenario n'est pas fatal, mais il n'est pas non plus exclu. Tout dépend de nous. A nous de le conjurer.
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|  Face à la crise, des recettes du passé ! | NICOLAS SARKOZY ET LA DROITE,
DES RECETTES DU PASSE
FACE A LA CRISE.......
La crise qui traverse le Monde, l'Europe et la France, est l'une des plus profondes que nous ayons connu depuis une soixantaine d'années. Elle était à l'origine financière, elle est devenue économique et sociale.
Dans ce contexte, il est indispensable de changer complètement le mode de notre développement et notamment de préparer l'avènement d'une croissance verte.
Face à ces défis, Nicolas Sarkozy reste un homme de droite avec des recettes du passé. Sans s'étendre sur l'absurdité de la loi qui vient d'être votée sur le travail du dimanche, la ligne directrice de la politique conduite par ce dernier consiste à baisser les impôts à un moment où l'endettement public s'est substitué à l'endettement privé.
Ces baisses d'impôts étaient déjà inefficaces avant la crise, le paquet fiscal en est le triste exemple. Poursuivre dans cette voie avec la baisse de la TVA sur la restauration et la suppression de la Taxe Professionnelle relève d'un acharnement idéologique coupable. Nicolas Sarkozy est prisonnier de recettes de droite du passé.
Face à la crise et à l'endettement public qui explosent, la pire des solutions est de continuer une politique de baisse systématique d'impôts, de pertes de recettes et ce pour satisfaire quelques clientèles.
Tout l'enjeu serait au contraire, grâce à une politique publique d'investissement ciblée de redonner de la confiance et de stimuler l'investissement à la fois public et privé. Au lieu de ça, Nicolas Sarkozy est dans la fuite en avant avec un emprunt national qui constituera une dette de plus à rembourser demain.
Pour la gauche et c'est le sens du pacte redistributif proposé par François Hollande à Lorient, l'enjeu doit être de remettre à plat l'ensemble des recettes de l'Etat.
Il s'agit de favoriser une meilleure progressivité et une meilleure répartition de l'effort puis de définir de manière précise les actions permettant le retour à une nouvelle croissance et préparant l'avenir en investissant particulièrement dans le domaine de l'éducation et de la connaissance en stimulant l'innovation et la recherche.
La modernité de la gauche aujourd'hui c'est de dire Stop au gaspillage de l'argent public, Stop à l'endettement inconsidéré et oui au retour de la confiance par une politique publique tournée vers le retour de la confiance, de la croissance et de l'emploi.
Stéphane Le Foll Président de Répondre à Gauche |
|  LA REGION NORD - PAS-DE-CALAIS FAIT FACE A LA CRISE AVEC DANIEL PERCHERON | Face à la montée du chômage, la région Nord-Pas de Calais propose et finance la Convention régionale de reclassement personnalisée.
Devant l'ampleur de la crise et des licenciements économiques qui frappent quotidiennement le Nord-Pas de Calais, le Conseil régional a mis au point, avec l'accord et la participation de l'Etat et des partenaires sociaux, une convention régionale de reclassement personnalisée.
Cette convention, s'inspirant du contrat de transition professionnelle, offre à tous les salariés touchés par le chômage une protection supplémentaire :
1. Douze mois d'indemnisation à 80% du salaire brut (au lieu de huit mois à 70%) ; 2. Un suivi personnalisé pour le retour à l'emploi sur la base d'un tuteur pour trente salariés (au lieu d'un pour cent-cinquante).
En assumant les coûts de cette amélioration de la protection sociale de tous les salariés du Nord-Pas de Calais. L'institution régionale entend demeurer fidèle, en ces temps difficiles, à son rôle de région-bouclier. Daniel Percheron, sénateur, Président du Conseil Régional
L'Etat veut abattre l'échelon régional
Au vu des propositions de la commission Balladur sur la réforme des collectivités territoriales, on ne peut qu'être déçu. A quoi aura donc servi ce rassemblement des sages les plus brillants et éminents ? A orchestrer l'attaque sournoise d'un chef d'Etat qui ne se remet pas de la défaite infligée à son camp politique en 2004 !
Tous les grands pays européens ont trois niveaux administratifs différents, le « mille-feuille » n'est qu'une illusion d'optique. Ce que l'on était en droit d'attendre de cette commission, c'est une clarification des compétences et non la pétaudière inefficace que sera l'élection de ces conseillers territoriaux. Ce que l'on était en droit d'attendre de cette commission, c'était une remise à plat de la fiscalité locale pour arrêter l'étranglement des collectivités et non pas l'annonce-choc par M. Sarkozy de la suppression de la taxe professionnelle au profit d'une taxe carbone aux contours encore informes.
La Picardie, telle Ravaillac, est écartelée, surement coupable, en finançant le canal Seine-Nord, d'avoir montré les limites de l'Etat. Les régions de France méritent le respect du pouvoir central, n'acceptent pas cette situation et espèrent que l'attitude de M. Sarkozy évoluera dans les jours à venir. En attendant, le président de la République est le bienvenu dans le Nord-Pas de Calais où je serais heureux de lui présenter l'excellence du travail de l'échelon régional.
Daniel Percheron, Sénateur Président du Conseil Régional |
|  Maintenant ça suffit ! | Le travail du dimanche, la loi Hadopi, le délit de solidarité, la privatisation de la poste, les fermetures d'usines qui s'enchaînent, l'éducation nationale paupérisée, le droit à la santé bafoué, les libertés menacées les unes après les autres…
Le groupe des députés socialistes est de tous les combats. L'adversaire est de taille. Il maîtrise toutes les communications. Il passe en force sur tous les dossiers, il méprise les droits fondamentaux.
Il n'est pas une annonce présidentielle, il n'est pas un projet de loi qui n'ait reçu son alternative de la part des députes socialistes. Le travail accompli est considérable.
Non les députés socialistes ne se trompent ni de combat, ni d'adversaire. Non ! le groupe des députés socialistes ne cautionnera pas dans son camps l'hallali du matin et les torpillages du soir contre notre Parti. Non le groupe des députés socialistes n'accepte pas les « bourreaux des pleurs », ceux qui font du suicide collectif leur prière de tous les jours.
Maintenant ça suffit ! Chacun est libre de son expression, de son ambition, de l'épanouissement de son talent. Mais pas sur le dos de ses propres amis, pas sur le dos de nos concitoyens qui doivent pouvoir adhérer à un véritable changement de politique. Nous avons le devoir d'être sincèrement et collectivement au rendez-vous de leurs espérances.
Chacun doit se souvenir qu'il doit son élection à la confiance des militants du Parti socialiste et de ses électeurs. Halte au feu ! Notre combat collectif mérite mieux que les extravagances et le manque de sang-froid. Notre combat doit être mené à gauche avec fierté, la tête haute et en dehors des cimetières.
Les Français peuvent compter sur les députés socialistes.
Odette Duriez Députée du Pas-de-Calais Conseillère Générale Maire de Cambrin |
|  Adhérer au Parti Socialiste .... | Etre membre d'une section du PS, c'est d'abord se retrouver périodiquement pour débattre (autour d'un thème ou avec un invité), échanger et de rassembler tous les militants.
C'est, aussi, participer à la vie du PS que ce soit ses activités au niveau de la section (diffusion de tracts, rédaction du journal local, cafés politiques, site internet…), au niveau de la Fédération (commissions thématiques, formation...), au niveau national (conventions, congrès …).
Sur tous ces sujets, chaque militant est appelé à réfléchir et à contribuer en prenant position ou en proposant des idées nouvelles. C'est, également, participer à la vie démocratique du Parti.
Ce qui fait la force du PS, c'est le contrôle démocratique des militants sur les instances du Parti. Ainsi, tous les échelons de responsabilité (secrétaires de section, fédération ou national) et l'ensemble des candidats aux élections sont élus par les militants.
Enfin, c'est bien sûr militer sur le terrain et participer aux campagnes électorales. La richesse du parti, c'est également l'opportunité de rencontrer des militants de milieux, d'horizons très divers et de vivre des moments de convivialité dans nos quartiers. |
|  Manuel VALLS, s'exprime dans la Voix du Nord | Extrait de l'entretien paru dans la Voix du Nord : 24/07/2009
Martine Aubry l'a redit hier. Le PS « travaille » et est en bon ordre de marche. Et pour vous ?
« Le parti socialiste ne va pas bien. Dire le contraire c'est nier la réalité. Pour la première fois depuis bien longtemps, des adhérents partent ou nous disent qu'ils n'ont pas voté pour nous. Je me bats pour réinventer le PS et la gauche, parce que le terme de "rénovation" est déjà dépassé. Il faut rebâtir une espérance et gagner en 2012. Faire l'impasse sur 2012 serait terrible.
Pour battre Nicolas Sarkozy, il faut changer en profondeur le PS. Dire cela, ce n'est pas attaquer le parti, c'est au contraire lui donner une nouvelle chance ! Quand une formation politique comme la nôtre ne fait que 16 % aux européennes, cela veut bien dire que quelque chose ne va pas. J'ai considéré que la réponse de Martine Aubry au lendemain du 7 juin n'a pas été la hauteur du choc. »
Depuis votre vif échange de lettres le 14 juillet, avez-vous eu un contact direct avec elle ?
« Non, mais je reste disponible pour toute discussion. Vous savez, j'ai beaucoup de considération pour Martine Aubry. Au lendemain du 7 juin, je n'ai pas voulu rajouter de la crise à la crise en la mettant personnellement en cause. C'est pourquoi j'ai été surpris par la teneur de son courrier. »
Elle n'est pas la seule à dire « stop ». Le groupe socialiste à l'Assemblée aussi...
« Cela fait trente ans que je suis au PS. Je connais par coeur les réflexes d'appareil. Beaucoup d'élus et de responsables disent comme moi que la situation est grave. Certains appellent même à un congrès extraordinaire. La plupart n'ont pas compris ce courrier qui date d'un autre âge. Au PS, où la confrontation d'idées a toujours été indispensable, quand on vous écrit "tais-toi ou pars", cela veut bien dire que quelque chose ne fonctionne plus.
Je suis vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée. Depuis 2002, sur tous les grands textes, j'ai fait mon travail. Je suis discipliné : en 2005, contrairement à d'autres, moi, j'ai accepté le vote des militants sur la Constitution européenne. Quand le groupe socialiste se réunit à moins d'une cinquantaine et qu'un texte est adopté à la va-vite, je ne peux pas considérer que c'est l'opinion des 200 députés. Je ne me laisserai pas impressionner par ce type d'intervention. »
Manuel Valls ne rentrera pas dans le rang ?
« Ce n'est pas un débat entre Martine et moi, ni un problème de personnes. C'est beaucoup plus sérieux que cela. C'est l'identité de la gauche qui est en cause, sa survie, sa capacité à représenter une alternative, c'est pourquoi je garderai ma liberté de parole. J'ai refusé comme d'autres des responsabilités au sein de la direction telle que nous le proposait Martine Aubry au lendemain des élections européennes parce que je n'y voyais pas clair sur l'agenda de travail, sur les possibilités de changer en profondeur le PS, notamment en mettant en place des primaires, ouvertes à tous les électeurs de gauche, indispensables pour la désignation de notre candidat à la présidentielle. »
En 2007 et au congrès de Reims, vous souteniez Ségolène Royal qui incarnait alors cette rénovation. Qu'est-ce-qui vous en a éloigné ?
« Ségolène Royal a eu en 2007 des intuitions, sur le travail, la sécurité, la démocratie participative, les primaires, les alliances. Elle représentait un renouvellement de la politique à gauche. Mais je ne suis pas liée à une personne. Ségolène Royal et Martine Aubry se sont rapprochées, cela veut bien dire que l'une ou l'autre a dû changer sur ce en quoi elle croyait. »
Changer le nom du parti, est-ce si important ?
« Oui. Je comprends l'attachement, notamment dans le Nord - Pas-de-Calais, à une histoire et à un nom qui a créé une espérance pour des millions de gens. Mais on ne peut pas prôner un élargissement du PS, y compris l'idée d'une "maison commune" dans laquelle ne se retrouveraient pas seulement les socialistes, sans se poser la question du nom. Enfin, je pense que le mot socialisme est épuisé, faute de contenu et pour des raisons historiques. Je souhaite donc la création d'une grande formation démocrate et de gauche. »
Sur la sécurité, sur les retraites, sur la flexibilité, sur l'emprunt aussi, vous êtes en rupture avec la ligne de votre parti...
« D'abord, je ne connais pas toujours la ligne du PS... Sur les retraites par exemple, Martine Aubry dit qu'il faut intégrer les changements démographiques. Eh bien tirons-en les conséquences. Nous sommes tous d'accord sur le constat qu'il faudra sans doute travailler plus longtemps. Quelle est la réponse de gauche ? Faut-il attendre que les faits nous imposent un passage à 65 ou 67 ans ou est-ce qu'on bâtit un système de retraites par points intégrant la pénibilité du travail et les années de formation ? C'est-à-dire une réponse juste, de gauche.
Sur la sécurité, la droite est en train d'échouer. Notre responsabilité est de tenir un discours clair, de regarder la réalité en face. Or, une société a besoin d'ordre et de règles. Et parce que la délinquance touche, essentiellement, les plus modestes, affirmer que la sécurité est une priorité constitue, naturellement, un discours de gauche. »
Pour les régionales, souhaitez-vous des alliances dès le premier tour avec les Verts et le Modem ?
« Je suis, d'abord, pour qu'on en débatte. Quand cette discussion aura-t-elle lieu au sein des instances du PS ? À l'automne ou au soir du premier tour seulement ? Aux municipales nous n'avons jamais débattu véritablement de nos alliances qui allaient pourtant de Lutte ouvrière au MoDem.
Jusqu'à maintenant les stratégies d'alliance ont toujours été décidées au niveau national. Nous ne gagnerons pas en 2012 sans cette alliance avec le Modem et les Verts. Il faut le dire et la mettre en oeuvre dès les régionales. »
Pourriez-vous être ministre de Nicolas Sarkozy ?
« Pas du tout. Je suis profondément de gauche et j'ai refusé en 2007 parce que je ne crois pas du tout à l'ouverture qui est un débauchage pour affaiblir l'adversaire. C'est pourquoi je prône en même temps une opposition intelligente. Sur la manière de s'opposer, nous jouons, aussi, notre crédibilité. » |
|  Charcutage électoral, notre Camarade Odette perd son siège | La 11e circonscription du Pas-de-calais est redispatchée.
Occupé par notre camarade socialiste Odette Duriez, le siège de la 11e circonscription va disparaître.
Ses composantes se répartiront de la manière suivante :
- La circonscription de Béthune récupère le canton de Laventie favorisant ainsi l'UMP André Flajolet,
- Le canton de Noeux les Mines est rattaché à celle de Serge Janquin.
- Jean-Pierre Kucheida récupère les cantons de Cambrin et de Wingles.
- Et pour terminer le canton de Carvin est lui rattaché à la circonscription d'Hénin-Beaumont.
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|  Saint André persite et signe... | | Après s'être rendu à Annequin afin de mettre en place un cercle du PRG composé de membres de l'opposition au Maire Socialiste, Saint André, (l'actuel maire de Béthune) aurait en son absence confié les clefs de l'hôtel de ville à la droite. Si cela se confirme, Comment peut-il encore se considérer comme un homme de Gauche ??? |
|  L'EXPRESS nous informe sur la stratégie Internet de l'UMP | 2012: l'UMP PREPARE UN COUP.....
Xavier Bertrand manage discrètement la stratégie Net de l'UMP.
L'équipe dirigeante de l'UMP, emmenée par son secrétaire général, Xavier Bertrand, s'est discrètement réunie, le 21 juillet de 17 heures à 22 heures, pour un séminaire à la maison de l'Amérique latine, à Paris, en présence du publicitaire Christophe Lambert et de l'analyste Pierre Giacometti.
Moment fort: la présentation de la stratégie internet du parti. En octobre sera créé, sans qu'apparaisse la "marque" UMP, un réseau social sous la forme d'un projet de communauté numérique, "Les créateurs du possible". Commentaire d'un élu à la sortie: "Si quelqu'un avait encore un doute sur la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012, il ne l'a plus après cette réunion."
Extrait de l'Express Par Eric Mandonnet
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|  Michel DELEBARRE, le PS fait l'actu de l'été |  Extrait du Blog de Michel DELEBARRE ; 23/07/09
Quand le Parti Socialiste fait l'actualité de l'été !
Personne ne comprendrait que je ne vous fasse pas part de mon point de vue sur des petites phrases, positions, gesticulations… qui font « mousser » le parti socialiste dans cette première partie de vacances.
Assurément, nous (ou certains d'entre nous) faisons l'actualité et savons remarquablement nous y prendre. La recette est simple : dire du mal du PS, de sa première secrétaire, de quelques personnalités nationales et le tour est joué, on parlera de vous. Cette année il y a même mieux : pronostiquer la mort et la disparition du PS… ou exiger le changement de nom et le rejet de l'identité du « socialiste »… et vous aurez le droit à un second papier avec photo. Pour ma part, je ne me suis jamais prêté à de telles pratiques que je considère comme nuisibles à notre image collective et aux relations de confiance qui devraient exister entre membres d'un même part, le Parti Socialiste, en l'occurence.
A la fin des vacances, au delà de l'Université de la Rochelle (dont je doute qu'elle se déroule dans un climat totalement apaisé si j'en crois certains préparatifs annoncés par des courants (?), des tendances (?), des ego (?)…), il nous faut travailler, nous rassembler et rassembler à gauche, proposer à ceux qui attendent de nous une vision, un projet pour l'avenir de la France.
Il y a tant à faire dans nos villes, nos régions et nos territoires avec nos militants que je continue à être méfiant, sceptique voir hostile envers celles et ceux dont l'agitation nationale n'aboutit qu'à discréditer notre volonté et notre création collectives.
jeudi 23 juillet 2009 |
|  Avenir du Socialisme selon Jacques Attali | Extrait de l'Express du 22/07/2009 : Jacques Attali s'exprime sur l'avenir du socialisme.
La question est de tracer la frontière entre ce qui doit rester privé et ce qui doit être un service public.
Rien n'interdit, pendant les vacances, de dire beaucoup de bêtises et, parfois, elles ont moins de retombées qu'en hiver. C'est ce que l'on peut espérer pour Martine Aubry, qui, entre autres reproches, a fait savoir à Manuel Valls que, s'il ne retirait pas sa demande de réflexion sur un changement de nom du Parti socialiste, il devrait le quitter.
On peut s'étonner de voir des dirigeants de l'opposition, qui ne devraient penser qu'à trouver à la crise actuelle de meilleures réponses que celles du pouvoir, se lancer au visage de si ridicules anathèmes. On peut se révolter de voir les héritiers de François Mitterrand se suicider politiquement alors qu'ils sont électoralement majoritaires. Et, pourtant, cette discussion n'est pas sans importance. Elle pose même deux questions essentielles.
D'abord, celle de la validité même du concept de socialisme : dans un monde où tant de barbaries ont été, et sont encore, commises en son nom, il a été troqué dans beaucoup de pays contre celui de social-démocratie. Il conserve pourtant toute sa force utopique, à condition de ne pas le réduire à un positivisme scientiste béat et d'en revenir à son sens premier, qui est de faire passer, dans certains domaines, l'intérêt général avant les intérêts particuliers.
La question est donc de tracer la frontière entre ce qui doit aujourd'hui rester privé et ce qui doit être socialisé (c'est-à-dire ce qui doit être un service public). Or, la crise actuelle nous apprend que bien des choses qu'on croyait devoir garder privées influent trop sur le bien-être collectif pour ne pas être, d'une manière ou d'une autre, socialisées: c'est le cas de la finance ; c'est aussi le cas de la nature, puisque les générations futures font partie de la société dont il s'agit de protéger les intérêts, et l'écologie est désormais l'une des dimensions essentielles d'une socialisation nécessaire de certains enjeux du monde.
Par ailleurs, socialiser un domaine suppose d'en préciser le cadre géographique : dans bien des cas, comme l'avait vu Marx, il est aujourd'hui nécessairement mondial, ou au moins continental.
L'autre question est celle de la pertinence de "socialiste" dans le nom du principal parti d'opposition en France, où le président de la République, supposé de droite, s'ingénie à tenir, sur bien des sujets, un discours que ne récuserait aucun idéologue de la gauche la plus exigeante.
De fait, et quelle que soit l'appellation qu'ils adoptent, si les socialistes français continuent de ne pas débattre de la frontière entre le privé et le public, le marché et la démocratie, le payant et le gratuit, s'ils s'ingénient à ne pas mettre très clairement la socialisation de la nature et de la finance au premier rang de leur programme, s'ils continuent à ne pas définir les niveaux où doit se situer la socialisation (le monde, l'Europe, la nation, la collectivité locale), ils ne feront qu'accompagner de leurs dérisoires querelles la lente évolution d'aujourd'hui vers une société qui privatise de plus en plus les profits, socialise de plus en plus les dettes et force de plus en plus les pauvres à payer les biens essentiels: aujourd'hui la musique, demain la santé, l'éducation et le reste.
S'ils continuent ainsi, dans trois ans, dix candidats de gauche seront battus par le seul candidat qui aura été, au moins dans son discours, ouvertement socialiste, et qui sera triomphalement réélu. l |
|  LA GAUCHE DOIT SE RASSEMBLER AU-DELA DES PARTIS | "La gauche doit se rassembler, au-delà des partis politiques"
Article paru dans le journal Le Monde
Avec le communiste Robert Hue, plusieurs personnalités de gauche, dont Vincent Peillon, appellent aujourdhui, dans les colonnes du quotidien Le Monde, à élaborer un "pacte unitaire de progrès".
Les résultats des européennes du 7 juin l'ont confirmé : la gauche est la première victime de l'abstention des Français les plus modestes, et des jeunes. Elle est ensuite victime de ses divisions, de clivages dépassés, prisonnière de discours et cultures hérités des siècles passés. De là viennent les sectarismes et les querelles intestines qui s'étalent dans les médias et font le désespoir du peuple de gauche.
Le paradoxe est saisissant : d'un côté la crise et ses conséquences dévastatrices; les mobilisations sociales et l'unité syndicale qui y répondent; de l'autre côté, une gauche morcelée, fatiguée, manquant d'imagination et peinant à élaborer un projet qui suscite l'espoir et l'enthousiasme. Pour des millions de femmes et d'hommes, de salariés du public et du privé, de chômeurs, de jeunes, d'universitaires et de chercheurs, d'intellectuels, de créateurs, d'artistes, ce déclin de la gauche est vécu comme un drame.
Dominant ce paysage sinistré, le pouvoir croit tenir sa victoire. Face au mécontentement, aux mobilisations sociales, il s'adapte, louvoie – mais il garde le cap. Au prix que l'on sait : une excroissance insidieuse d'un pouvoir personnel omniprésent, et une méthodique déconstruction, au quotidien, de la puissance publique et de l'Etat de droit. Nous savons bien ce qu'il y a au bout d'un tel chemin : la déchirure du corps social. Il faut l'éviter à tout prix.
Il est urgent que la gauche se sorte de l'impasse où elle s'est laissée enfermer. Elle le doit à tous ceux qui sont convaincus qu'un autre avenir, dans une autre société, est possible. Aucun parti ne peut prétendre, à lui tout seul, être la force propulsive du progressisme nouveau, et de la dynamique unitaire, dont le peuple de gauche a tellement besoin. On ne saurait non plus laisser les états-majors, comme à leur habitude, faire et défaire les coalitions et les alliances au gré des résultats électoraux et des rapports de force internes. La solution est ailleurs.
Dans tous les partis de gauche et au-delà demeure un capital militant, un potentiel de générosité et d'intelligence citoyenne qui représente une formidable chance de renouveau. Et à côté des partis, dans les associations, les collectifs, la société civile, des millions de femmes et d'hommes cherchent un espace politique solidaire, efficace et durable, où s'investir pour le changement.
Nous voulons agir pour rassembler les uns et les autres dans l'élaboration commune d'une alternative progressiste au néolibéralisme, d'un programme de profonde transformation sociale. Un projet qui puisse un jour prochain être porté au gouvernement, et qui s'inspire directement des aspirations, des revendications et des luttes de toutes les forces vives de notre pays.
Cinq axes de réflexion et d'action nous semblent prioritaires : 1. La définition d'une nouvelle éthique de la République et de la vie politique. 2. L'approfondissement de la démocratie sociale et citoyenne. 3. Le combat pour une mondialisation solidaire et pacifique. 4. La reconstruction de notre société autour des principes de justice sociale, d'égalité d'accès aux savoirs et à la culture. 5. La conception d'un nouveau modèle de développement économique qui soit à la fois social, écologique et progressiste.
Nous appelons au rassemblement sans délai de toutes celles et de tous ceux qui estiment urgent de se retrouver dans une démarche unitaire, en pleine autonomie, au-delà des appareils politiques, non pas contre eux mais en rejetant toute hégémonie. De toutes celles et de tous ceux qui désirent participer à l'écriture d'une nouvelle page fondatrice de l'histoire de la gauche.
Nous appelons à la création partout en France d'espaces de dialogue, d'organisation et d'action. Tous ensemble, nous nous donnerons comme premier objectif l'élaboration d'un pacte unitaire de progrès. Une charte reposant sur les principes que nous définirons collectivement, pour une société progressiste plus juste et plus humaine. |
|  La lutte des déclassés | La lutte des déclassés, une nouvelle lutte des classes !
La chronique de Slate.fr : Mardi, 21 juillet 2009
Le déclassement, c'est le sentiment pour une génération de vivre moins bien que celle de ses parents. Ce phénomène concernerait le quart des trentenaires et des quadragénaires. Et il s'est intensifié ces dernières années: c'était à peine 18% au début des années 80! Ce processus, avec la crise, menace de toucher encore plus fortement les jeunes qui arrivent aujourd'hui sur le marché du travail. Le déclassement s'amplifierait, génération après génération et s'aggraverait à mesure que se distendrait le lien entre le diplôme obtenu et la position sociale attendue.
Le déclassement serait à la fois salarial (un salaire moindre), statutaire (une précarité plus grande), social (un métier moins reconnu) et même résidentiel (un logement moins spacieux et plus cher).
Difficile de mesurer une telle réalité. Le sociologue Camille Peugny s'y est essayé. Et son constat est aussi remarquable qu'implacable: la mobilité sociale s'est détériorée à partir de la génération née au début des années 60. Pour les enfants d'ouvriers, les trajectoires vers les emplois d'encadrement sont plus rares et pour les enfants de cadres, les processus descendants sont plus nombreux. Un fils de cadres sur quatre et une fille sur trois occupe un emploi d'exécution. Camille Peugny relève avec acuité la frustration née de la dévalorisation du diplôme puisque les «déclassés» qui ont fait des études longues sont incapables de maintenir la situation sociale acquise par leurs parents à qualification inférieure.
Un rapport officiel remis au gouvernement [PDF] début juillet nuance ce tableau et relativise l'exposition quant aux risques de déclassement par des données plus rassurantes sur le décrochage social. Mais il confirme l'ampleur de la surqualification dans la fonction publique - les deux tiers des jeunes recrutés sont titulaires d'un diplôme supérieur à celui normalement requis pour passer le concours - et la paupérisation du baccalauréat — seuls 22% des bacheliers atteignent une profession intermédiaire, ils étaient 70% au début des années 60.
Au delà de ces controverses statistiques, le déclassement est une perception, un ressenti, une frustration. Et il va bien au delà de la position sociale. Ainsi, une majorité des Français considèrent que sur 10 ans, leur niveau de vie s'est dégradé, par l'ampleur des dépenses contraintes, et que leurs conditions de logement se sont détériorées, ils y consacrent plus de 20% de leurs revenus (contre 18% en 1984).
Dans cette France «insécure», la lutte contre le déclassement est devenu un objectif individuel qui faute d'être atteint peut dégénérer en colère ou en repli. Il revient donc dans une perspective de «démocratie de la réussite» fondée sur le progrès et l'égalité d'en faire une priorité politique qui pourrait s'articuler autour de plusieurs réformes:
- le fonctionnement de l'enseignement supérieur en rapprochant grandes écoles et universités et en améliorant l'orientation vers les filières scientifiques et professionnelles
- le développement de la formation continue qui doit être un facteur de mobilité sociale et de compensation pour ceux qui ont fait des études courtes
- l'accession à la propriété qui doit être facilitée par des mécanismes de prêts à taux zéro et des politiques locales de réserves foncières et d'offres de logements
- la solidarité intergénérationnelle : notamment celle du baby boom qui aura bénéficié à la fois de la croissance, de la valorisation de son patrimoine et d'un niveau satisfaisant de retraites
- la progressivité de l'impôt sur le revenu et l'efficacité de la redistribution, notamment en faveur des familles.
Prenons garde au «déclassement» s'il venait à être vécu par une majorité de la société française. Loin d'être un stimulant pour la justice et pour la solidarité, il déboucherait sur une compétition exacerbée entre les classes moyennes et les classes populaires, sous les yeux indifférents des plus favorisés. Bref, une nouvelle lutte des classes mais entre déclassés.
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|  François Hollande appelle le PS à se ressaisir | Entretien exclusif : Revue Profession Politique parution le 21/07/2009.
"Il faut délibérer collectivement, plus qu'on ne l'a fait" !
François Hollande appelle le Parti socialiste à se ressaisir pour ne pas décourager les électeurs. L'ancien premier secrétaire réclame un fonctionnement plus collectif de la direction.
Plusieurs responsables du PS appellent à tout changer, et pas seulement le nom du parti. L'ancien premier secrétaire que vous êtes crie-t-il "halte au feu" ?
Il faut faire attention au découragement qui peut saisir nos électeurs. Aujourd'hui, ils attendent trois choses : des propositions, une solidarité humaine – car on ne peut prôner la fraternité et donner une image de querelles – et une stratégie d'alliance à la veille des élections régionales.
Bernard-Henri Lévy dit que le PS est mort et, en interne, certains réclament aujourd'hui de faire table rase. On est au-delà de la demande de rénovation…
Cette thématique n'est pas si nouvelle, il y a toujours eu des voix pour réclamer une table rase, une refondation et un changement de nom… Mais au-delà des expressions peu heureuses des uns et des autres, il y a la nécessité de retrouver son identité.
Ce qui a manqué ces derniers mois, c'est une clarté, une cohérence, une cohésion. Au-delà des péripéties ou de lettres envoyées, ici ou là, il faut que le Parti socialiste se retrouve lui-même, qu'il dise ce qu'il est aujourd'hui, avant de penser à ce qu'il sera demain.
Vous étiez à la place de Martine Aubry il y a quelques mois. Alors qu'elle est en pleine tempête, êtes-vous solidaire ?
Aujourd'hui, il faut délibérer collectivement, davantage qu'on ne l'a fait jusqu'à présent et veiller au respect de la décision telle qu'elle a été prise. Le respect des règles, des votes, des délibérations est important, mais il faut d'abord délibérer ensemble. Il n'empêche qu'on ne peut accepter que chaque fois qu'une position est prise, il y en ait toujours un pour la dénier ou la contester…
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|  Pour Vincent Peillon : Martine Aubry doit prendre acte | Article paru le 10/06/09 dans le journal Le Monde. Propos recueillis par Jean-Michel Normand.
"Martine Aubry doit prendre acte de ce qui s'est produit et proposer un nouveau dispositif" Le Monde : Vous participerez mardi 9 juin au conseil national convoqué par Martine Aubry. Après les résultats particulièrement défavorables des élections européennes du 7 juin, tout est-il à refaire pour les socialistes ?
Vincent Peillon : Il faut faire attention avec les élections européennes. Dans le passé, ces scrutins ont déjà donné lieu à des dérapages électoraux puissants, au détriment du PS en 1994, qui gagnait pourtant en 1997, ou au détriment de la droite en 1999 et 2004, qui gagnait en 2002 et en 2007. Gardons donc notre sang-froid. Cela posé, nous avons connu trop d'échecs dans les élections de dimanche. D'abord, l'échec de l'Europe. L'augmentation régulière du taux d'abstention à laquelle on assiste depuis que les députés européens sont élus au suffrage universel, en 1979, ne peut pas nous satisfaire. Surtout lorsque ce sont les jeunes et les catégories populaires qui ne sont pas allés voter. Je vois beaucoup d'autres échecs. Hormis la percée des Verts, je ne vois même que ça. Pour autant, je ne nie pas la responsabilité du PS qui s'est mis en difficulté en n'étant pas en mesure d'imposer son offre politique. Car, à l'évidence, nous ne sommes pas parvenus à nous faire entendre. C'est la raison pour laquelle une partie non négligeable de notre électorat n'est pas venue voter. Ou est allée voter pour d'autres listes - essentiellement celles d'Europe Ecologie - dont il discernait mieux l'utilité.
Quels enseignements tirez-vous de cette défaite ?
A gauche comme à droite, les conditions de la victoire sont toujours les mêmes. Il faut d'abord une orientation politique qui corresponde aux attentes des Français et qui s'affirme nettement, en positif. A cet égard, observons que les listes socialistes ont perdu moins de voix au bénéfice du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste qu'au profit des listes écologistes. C'est une indication importante pour l'avenir, me semble-t-il...
Il faut également une stratégie politique qui permette de rassembler notre camp, celui des socialistes d'abord, puis d'aller au-delà ensuite. C'est une vieille recette, mais toujours d'actualité, surtout lorsque les voix des progressistes sont majoritaires et que seule leur dispersion fait le succès de la droite conservatrice. Enfin, nous devons également construire une formation moderne qui parle le langage de l'époque, qui permette à la diversité de ses talents de s'exprimer et qui corresponde au nouveau cycle politique que nous devons ouvrir. Un dépassement doit s'opérer. Je l'attends depuis le 21 avril 2002 et la création du courant NPS (Nouveau Parti socialiste) au sein du PS !
Le conseil national du PS se réunit mardi 9 juin. Quels signes attendez-vous de la direction, que votre courant - qui a soutenu Ségolène Royal - a décidé de rejoindre début 2009 après le congrès de Reims ?
Des signes forts qui marquent la volonté d'ouvrir ensemble une page nouvelle de l'histoire de la gauche. Outre la question de l'orientation, que je viens d'évoquer, je vois trois points importants. Il faut que nous décidions ensemble d'un processus de primaires afin de désigner notre candidat(e) à l'élection présidentielle de 2012. Des primaires doublement ouvertes. Elles devront permettre à l'ensemble des sympathisants de gauche, et non aux seuls adhérents du PS, de participer au processus de désignation, mais elles devront ainsi permettre de faire concourir des candidats de toutes les formations de gauche. Il faut que les choses soient clairement dites. Cela ouvrira un horizon. Deuxièmement, la question de la stratégie d'alliance doit être posée avant les élections régionales de 2010 et sans hypocrisie. Dans le respect des autres formations de gauche, le PS doit rendre possible un rassemblement très large sur un projet de transformation sociale, écologique et républicaine, sans exclusive ni préalable, y compris à l'égard des démocrates. C'est la condition des victoires de demain.
Troisièmement, nous pensons qu'il est indispensable de proposer une nouvelle direction afin de la rééquilibrer et de la muscler. Martine Aubry doit prendre acte de ce qui s'est produit et proposer un nouveau dispositif.
Martine Aubry semble, pour l'heure, peu tentée par les primaires...
C'est à notre première secrétaire de répondre. Pour ma part, j'ai le souci d'aboutir. Il n'est, bien sûr, pas question de lancer le processus des primaires dans les mois qui viennent, avant les élections régionales. En revanche, notre volonté de nous engager dans cette voie doit être affirmée sans tarder, et le principe acté avant ces élections. C'est à partir de là que tout le calendrier doit être construit. C'est à partir de là qu'une nouvelle histoire pourra s'écrire, porteuse de succès futurs. |
|  Les chroniques de slate.fr | La Démocratie au régime” Lu, vu, entendu | Jeudi, 16 avril 2009
Dans quelle grande nation civilisée le Chef de l'Executif pourrait-il s'exprimer à la télévision sans que son temps ne soit décompté par l'instance indépendante chargée du respect du pluralisme, afin de permettre une réponse de l'opposition dans les grands médias audiovisuels ?
Dans quelle démocratie la carte électorale organisant le scrutin législatif -celui qui conditionne l'alternance- pourrait-elle être redessinée par un simple Secrétaire d'Etat jusque-là connu comme chargé des élections du parti majoritaire, et sous le dérisoire contrôle d'une commission présidée par une personnalité désignée à sa discrétion par le Président de la République ?
Dans quel Parlement moderne un vote malencontreusement défavorable à la majorité sur un texte controversé touchant aux libertés individuelles pourrait-il être considéré comme non valide pour cause de coup fourré de l'opposition, et les députés du parti présidentiel menacés d'une sanction financière pour cause de fuite devant l'obstacle ?
Dans quel système politique un Président pourrait annoncer, tout de go, le retour de son pays dans une grande alliance militaire avant que le Parlement ne l'ait autorisé à s'engager là-dessus ? Dans quelles institutions fondées sur l'équilibre des pouvoirs un Chef de l'Etat pourrait-il décider à sa guise de la suppression des juges d'instruction, sans dénier en référer au Garde des Sceaux et sans prendre la peine de consulter le Conseil Supérieur de la Magistrature qui est pourtant placé sous son autorité ?
Dans quelle économie développée le plus proche conseiller du « prince » pourrait-il être désigné à la tête d'une banque privée résultant de la fusion de deux établissements et dont il a lui-même fixé le périmètre, la valeur des actifs et l'apport de l'Etat ? Et tout cela sans que la Commission de déontologie, justement compétente pour ce type de confusion d'intérêts, n'ait eu à en connaître.
Dans quelle République ordinaire un Chef de l'Etat désigne-t-il lui-même le président de la radio publique, les responsables de la télévision nationale et peut-être même les présentateurs des journaux, sans avoir à craindre les foudres d'une instance de régulation dont il a fait nommer tous les membres et qui a, depuis belle lurette, déposé les armes au pied de son trône ?
Dans quelle curieuse contrée un Président pourrait-il choisir, pour une grande interview télévisée, non seulement les grands médias partenaires, mais également les journalistes eux-mêmes chargés de l'entretien ? Et, en plus, inscrire cette pratique dans une tradition !
Dans quel Etat membre de l'Union européenne un dirigeant pourrait-il se rendre au G20, participer au Sommet de l'Otan à Strasbourg et prendre place au Conseil européen sans avoir reçu, au préalable, les représentants de l'opposition pour connaître leurs avis sur la meilleure manière de lutter contre la plus grave crise économique des 60 dernières années ?
Dans quel pays de tradition démocratique un homme seul, même investi par le suffrage, pourrait-il détenir autant de pouvoirs : celui d'être à la fois Chef de l'Etat, du gouvernement, du parti majoritaire, et même d'un Conseil général par l'intermédiaire de son propre fils, et revendiquer le privilège de se substituer à ses ministres sur chaque sujet délicat, de se moquer publiquement de ses amis, de complimenter ses favoris, de les disgracier au premier faux pas, de les mettre en concurrence pour des places offertes aux plus serviles, de condamner ensuite cette avidité dont il a fait un jeu ?
Ce pays n'est pas la France de l'Ancien Régime, c'est la France d'aujourd'hui, celle de la démocratie à bas régime, comme on disait jadis du « Bas Empire », celle d'un régime à faible teneur démocratique… Celle de Nicolas Sarkozy après deux ans de règne.
La Rémunérations folles : le retour à la raison FH | Notes | Mercredi, 01 avril 2009
Depuis 20 ans, le capitalisme tournait à plein, mais pas rond. Les actionnaires demandaient des rendements d'autant plus exorbitants qu'ils avaient accordé aux dirigeants de leur société des rémunérations déconnectées de toute logique de productivité. A croire que le rapport hiérarchique s'était inversé, le management s'était émancipé de la propriété jusqu'à la dominer au point de lui faire accepter de céder bien plus que le pouvoir, une fraction de capital. Les Etats-Unis, comme souvent, avaient montré le chemin. Et, en 10 ans, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines était passée de 187 fois le salaire moyen à 367 fois au début des années 2000. Et la part prise par les stocks-options dans ces revenus atteignait près de 50%.
La France, loin de se tenir éloignée de ce mouvement anglo-saxon, l'a chevauché allègrement. Les gains annuels des patrons du CAC 40 s'élèvent désormais à 4,7 millions d'euros, soit 308 années de SMIC, avec une part sans cesse plus élevée constituée par les stocks-options: près de 60% au début des années 2000. Ce mode de rémunération n'a pas été qu'un simple intéressement aux bénéfices des entreprises dont ces dirigeants avaient la charge, une sorte de récompense exceptionnelle pour cadres supérieurs talentueux, il a changé profondément les critères de management des sociétés cotées.
Dès lors que la fortune des décideurs dépendait, pour l'essentiel, du cours de la Bourse à venir, ils n'étaient plus en charge de l'équilibre entre capital et travail, entre court terme et long terme, entre spéculation et gestion, le sens même de leur décision se tournait entièrement vers l'objectif d'enrichissement personnel supposé confondu avec la valeur de l'entreprise. Et dès lors que les modes de rémunérations des managers et des gestionnaires des fonds d'investissements étaient conçus sur les mêmes règles, à savoir la plus value sur les actions, ils ont pris les uns et les autres, les uns avec les autres, les mêmes risques, les mêmes libertés et ont participé ensemble à une fuite en avant sur le dos des salariés et des épargnants. D'où la montée considérable des inégalités qui est allée de paire avec celle de l'endettement.
La «folie des rémunérations» n'est donc pas l'une des manifestations les plus scandaleuses de la crise, mais l'une de ses causes les plus directes.
Aussi, maîtriser ce processus, l'encadrer et l'assainir relèvent autant de la raison que de la morale. Il ne s'agit pas de stigmatiser -sur le mode outragé- ou de punir -sur le mode inquisitorial- mais de remettre l'échelle des revenus sur des bases saines économiquement, justifiées socialement et acceptables politiquement.
Il est vain d'attendre une auto régulation de la part structures patronales qui sont dans un lien de consanguinité et de complicité pour perpétuer le système de cooptation et de captation. Ce sont en effet des comités de rémunération où siègent les principaux dirigeants de manière interchangeable qui octroient montages, bonus et stocks-options. Chacun se tient, se surveille, s'arrange. Certes, la lucidité peut gagner les esprits les plus chavirés par l'argent, mais le sens de la mesure a été perdu depuis belle lurette et les abus ont été tels que la norme est devenue l'exception et que la décence n'a plus de prix !
Aussi, dans ces moments de confusion, c'est à la loi de rappeler l'intérêt général et d'indiquer les références et les différences qu'une démocratie peut admettre.
Trois voies sont possibles :
- L'interdiction des stocks-options -sauf dans les entreprises naissantes. La spéculation individuelle ne peut avoir sa place dans la gestion d'un groupe.
- La taxation des hauts revenus à travers l'abrogation du bouclier fiscal. Comment comprendre que la seule catégorie sociale qui se voit reconnaître une protection législative contre toute contribution supplémentaire soit précisément celle qui a le plus bénéficié de la folie du système : les 0,01 % des salariés les mieux payés ont vu leurs revenus croître de près de 70% entre 1998 et 2006 contre à peine 1% pour 90% des salariés. Et ce sont ceux-là qui appellent à l'effort collectif grâce aux privilèges qui leur ont été conférés.
- Le plafonnement des hautes rémunérations. La mesure peut paraître administrative, arbitraire, coercitive. A l'évidence, fixer un chiffre est un exercice délicat voire pernicieux. Trop haut, il choque. Trop bas, il démotive.
Barack Obama aux Etats-Unis, Angela Merkel en Allemagne ont introduit, notamment pour les entreprises aidées par l'Etat, des plafonnements en définitive d'un niveau assez proche de l'ordre de 500 000 euros par an. Mais, il serait judicieux, à terme, de procéder autrement, en déterminant dans chaque entreprise un écart maximum de l'ordre de 1 à 30 entre la part des salariés le mieux payés et ceux qui sont au plus bas de l'échelle. On est encore loin de l'égalitarisme qui fait si peur à Nicolas Sarkozy. On revient aux normes des années 1980 et bien au-delà de celles des années 1960. Un mouvement comparable de resserrement de l'éventail des rémunérations s'était produit après la crise de 1929.
Dans toute société, la hiérarchie des revenus est le meilleur indicateur de sa cohésion. Quand l'ascenseur social est en panne depuis trop longtemps, rien de plus nécessaire, impérieux même, que de remettre des barreaux sur l'échelle. Pour faire descendre ceux qui se sont juchés trop haut et pour faire remonter ceux qui ont glissé.
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|  La trajectoire de Bayrou - par Julien Dray | jeudi 23 avril 2009 Incroyable mais vrai
Mars 2003 : la question de la trajectoire suivie par François Bayrou et ce qui s'appelait alors l'UDF est posée, après leur soutien à une motion de censure présentée par la gauche à l'Assemblée Nationale. Dans mon livre Comment peut-on encore être socialiste, je pronostique que le chemin entrepris par François Bayrou est sans retour, et que nous allons devoir repenser nos rapports avec les centristes. Pronostic qui va ensuite se trouver conforté année après année, au gré du parcours du leader de l'UDF, qui le voit passer progressivement du soutien à l'opposition à la majorité présidentielle.
Campagne présidentielle de 2007 : alors qu'une partie du PS joue ouvertement la carte François Bayrou, affaiblissant par-là même notre candidate, la question est posée, au soir du premier tour, des conditions d'un rassemblement majoritaire. Avec Ségolène Royal, nous essayons d'y apporter une réponse dans l'urgence, pour rattraper le retard accumulé depuis quatre ans : elle prend la forme d'un débat public et transparent avec le candidat de l'UDF, sans négociation d'arrière-salle ni tentative de débauchage. Cette solution s'organise avec les plus extrêmes réserves – pour rester pudique – de la direction d'alors du Parti socialiste. Sans une mobilisation claire du PS, nous ne sommes pas capables, aux termes du débat, d'en tirer les bénéfices politiques possibles.
Congrès de Reims, automne 2008 : tout au long de la phase préparatoire, puis de la phase finale dudit congrès, un affrontement artificiel est soigneusement construit, au sein du PS, entre pro-MoDem et anti-MoDem, distinction censée recouper celle entre anti-rassemblement de la gauche et pro-rassemblement de la gauche. La majorité composite qui finit par l'emporter se revendique d'une ligne « mains propres » contre toute alliance avec le parti centriste, alors même que certains des camarades les plus éminents de cette majorité ont été élus, aux élections municipales, avec le soutien des représentants locaux de François Bayrou.
Durant toutes ces périodes j'ai, pour ma part, défendu avec constance l'idée d'une coalition arc-en-ciel, comprise comme un rassemblement sans exclusive de toute la gauche, autour d'un contrat de gouvernement, proposé ensuite comme base de discussion à toutes les autres forces de progrès voulant nous rejoindre. A aucun moment il n'a donc été question de renversement d'alliance, comme on l'entend parfois. D'ailleurs au moment des municipales 2008, à Pau, quand François Bayrou prend la décision de se présenter contre le PS, c'est sans état d'âme que le porte-parole que j'étais alors a énergiquement pris la défense de notre candidate, Martine Lignères-Cassou, tout en dénonçant l'opportunisme du président du MoDem. Je constatai d'ailleurs, à ce moment, que ceux qui allaient devenir, dans leurs discours, de virulents contempteurs du parti centriste, étaient alors très prudents dans leur dénonciation, comme si certaines circonstances électorales locales avaient pesé sur leur jugement.
Avril 2009, enfin. François Hollande appelle François Bayrou à une discussion claire et publique, pour identifier les points d'accord et de désaccords entre socialistes et centristes, et poser les fondements d'un futur rapprochement. Claude Bartolone, tout en critiquant en apparence cette démarche, défend sensiblement la même approche du problème. J'espère, pour ma part, que celles et ceux qui n'ont cessé, depuis des années, de nous sommer de nous expliquer sur notre position vis à vis du MoDem, vont désormais clarifier et assumer la leur.
Pour en revenir au fond, cette stratégie de dialogue politique avec le MoDem est évidemment la bonne ; elle peut nous sortir de la tentation de l'antisarkozysme primaire, et de la course derrière l'extrême gauche qui l'accompagne. Elle est même rendu chaque jour un peu plus urgente, pour donner le sentiment aux Français qu'une alternative est possible, incarnée par un large rassemblement de progrès. A condition de respecter les priorités : d'abord, rassembler toute la gauche, pour que ce soit la famille de la gauche réunie qui tende la main aux autres progressistes, et les mette devant leurs responsabilités.
On me rétorquera qu'une partie de la gauche ne voudra jamais assumer une telle alliance et qu'il faut, en conséquence, choisir ou bien la voie du rassemblement à gauche, ou bien celle du rapprochement avec le centre. Prenons alors une illustration concrète de cette démarche : comment pourrait-elle se mettre en place à l'occasion des européennes ?
Faut-il faire subir une défaite à la droite libérale en Europe ? Oui. Le fait que José Manuel Barroso ne soit plus le président de la commission serait un symbole politique fort. La gauche européenne peut, pour ce faire, commencer par proposer une grande candidature de rassemblement avec les écologistes. C'est alors que le dialogue avec François Bayrou – qui s'est prononcé contre la reconduction de Barroso – prendrait son sens ; il pourrait contribuer au remplacement du président de la commission à travers la perspective ouverte. Dans le même temps, à l'extrême-gauche de savoir si elle veut prendre la responsabilité, en faisant cavalier seul, de faire ré-élire le président sortant.
La coalition arc-en-ciel n'est donc pas un vain mot : elle peut-être ébauchée ici et maintenant.
Julien Dray |
|  François Hollande, la goutte d'eau qui fait déborder le vase | FH | Notes | Lundi, 23 mars 2009
La goutte de l'indécence fait déborder le vase de l'indignation
La révélation des distributions de stock options aux dirigeants de la société générale a été la goutte de l'indécence qui a fait déborder le vase de l'indignation.
Voilà des mois que Nicolas Sarkozy met en garde, sermonne, menace, sans jamais rien décider, obliger ou contraindre. Voilà des semaines que le Medef promet d'ériger une charte éthique, un code moral, des normes pour limiter les bonus et les indemnités exceptionnelles.
Rien n'y a fait, même pas la crise. Pas davantage les subsides de l'Etat pour sauver le système bancaire. Les dirigeants du Cac 40 ont continué à s'octroyer des rémunérations annuelles représentant 500 années de SMIC. Comme si leur travail, leur talent, leur réussite valaient, en une seule année, un demi millénaire de labeur obscur d'un employé ou d'un ouvrier qui se lève tôt le matin et ne festoie pas le soir.
Les excès vont peut-être accoucher d'une vertu. A savoir, une loi sur la limitation des hautes rémunérations. Un tel dispositif existe déjà aux Etats-Unis et depuis plus longtemps encore en Allemagne. Il s'agit de fixer un écart maximum entre les plus bas salaires et les plus hautes rémunérations. Ou tout simplement de déterminer un plafond au-delà duquel aucun avantage, sous quelque forme que ce soit – salaires, recettes chapeaux, retraites, bonus- ne peut plus être toléré, accepté.
Certes, on peut aussi passer par la voie fiscale, en instaurant une tranche exceptionnelle de 70 à 80% sur les plus hauts revenus, détruisant ainsi le mécanisme anti-redistributif du bouclier fiscal.
Les deux options sont possibles : le plafonnement ou le prélèvement. Mais ce qui serait intolérable, c'est une loi vide qui affirmerait des principes sans les sanctions nécessaires et qui édicterait des normes jamais respectées.
J'attends donc avec impatience le dépôt du texte promis par Madame Lagarde. Mais dans l'attente, je voudrais rassurer Monsieur Bouton, le dirigeant de la Société générale, qui exprime la crainte, dans la presse de ce jour, que faute de rémunérations attractives, les talents des dirigeants aillent se vendre ailleurs.
Faudrait-il qu'ils aient fait la démonstration de leur efficacité et de leur rendement. Et surtout, ou iraient-ils se vendre aujourd'hui, quand chacun sait qu'une partie de la crise financière est due à la folle course, à l'argent facile et à la cupidité.
François Hollande Député-Maire de Tulle (19) Ancien Premier secrétaire |
|  VOEUX DE LA SECTION SOCIALISTE DE BETHUNE |  Vous avez été nombreux a assisté aux voeux de la section du Parti Socialiste, cette soirée animée par Malek Boutih restera dans les anales.
Merci encore pour votre mobilisation !
Extrait de la Voix du Nord du 29/01/09 Edition de Béthune
Les voeux du PS placés sous le signe de la lutte contre les discriminations
Malek Boutih, membre du bureau national du PS, fils d'ouvrier et enfant de l'immigration, a enthousiasmé les militants béthunois. Malek Boutih, membre du bureau national du PS, fils d'ouvrier et enfant de l'immigration, a enthousiasmé les militants béthunois.
Malek Boutih, membre du bureau national du Parti socialiste et ancien président de SOS racisme, était l'invité d'honneur des voeux de la section de Copernic, lundi soir. Un symbole pour Jacques Mellick qui a placé cette soirée sous le signe de la lutte contre les discriminations qui séviraient à Béthune depuis presque un an. Un moyen de maintenir la pression avant d'hypothétiques élections municipales espérées.
Constant, Jacques Mellick. Constant dans sa dénonciation de discriminations dont il serait victime. Il lit un extrait d'un courrier anonyme « défendant la municipalité et disant que je ne suis qu'un juif ». Victimes, aussi, des employés municipaux.
Comme Ben Amar Belhadri, ancien responsable du service jeunesse de la ville, présent et mis à l'honneur lundi à Copernic. « Un employé compétent, diplômé et jeté comme un malpropre. » Comme cet autre employé, handicapé. « Un adjoint, le même qui a tenu des propos antisémites, a dit qu'il en avait rien à foutre des handicapés. » Soirée règlement de comptes. Son cheval de bataille depuis les élections qui l'ont privé de l'écharpe de maire « En invitant Malek Boutih, un rassembleur des communautés, un symbole, je voulais montrer qu'on est capable de vivre ensemble même si on n'a pas les mêmes idées au sein du PS, même si on n'a pas les mêmes sentiments religieux. » Jacques Mellick, lui, se vante d'avoir toujours pratiqué la tolérance à Béthune. La preuve, la présence du président de la communauté marocaine. « Les socialistes, à Béthune, avec ou sans la mairie, c'est une force sur laquelle il faut compter. » La mairie qu'il compte bien réinvestir. Dès cette année. Avec l'annulation des élections qu'il annonce, sûr de lui. Pour cela, il veut rassembler « pour faire face à la droite installée dans le pays, la circonscription et la ville. La droite ne pouvait pas s'emparer de cette ville sans des hommes qui renient leurs convictions pour une écharpe. » Malek Boutih a élevé le débat au-delà des enjeux locaux. « Le PS ne doit pas seulement être dans un rôle d'opposition. » Surtout en ces temps de crise. « Il doit être auprès des siens. L'électorat ne veut pas simplement voter contre. Il a besoin de retrouver un projet positif pour la société, pour les futures générations. » Pour ce quadra, la différence entre la gauche et la droite ne se situe pas seulement au niveau de la générosité. N'en déplaise à certains membres de l'assistance qui ont grogné. « Le problème de la gauche, c'est d'avoir un projet collectif. Pas d'assistanat, pas d'allocation. Les socialistes veulent retrouver la liberté de conduire leur vie grâce à un travail bien payé. Il faut que le PS crée de nouvelles idées pour répondre à cette crise. Le PS doit redevenir utile à la France. » Applaudissements nourris. Malek Boutih a touché au coeur des militants. « Notre objectif est atteint, se réjouit Jacques Mellick. Ce défricheur d'avenir a redonné confiance. » Le PS béthunois, lui, ne connaît pas la crise. Avec ou sans écharpe de maire, Jacques Mellick attire toujours autant. Une autre constante.
ELSA LAMBERT-LIGIER Journaliste VDN |
|  Faux plan de relance, vrais plans sociaux ! | jeudi 21 décembre 2008, 15:00
Fermetures d'usines, plans de restructuration, licenciements, depuis le mois d'octobre, pas un jour ne passe sans que soit annoncé un plan social ou une mesure de chômage technique. La crise aujourd'hui,
C'EST 2 MILLIONS DE CHÔMEURS !
(source site PS National) |
|  Michel DELEBARRE : Nous sommes tous Sociaux-Démocrates | A l'invitation de Jacques MELLICK, je me suis rendu au traditionnel Moules-Frites de la Section Socialiste de Béthune. En présence de nombreux élus socialistes du Pas-de-Calais et d'environ 500 militants.
J'ai profité de ma prise de parole pour indiquer combien était importante, face aux attaques de la Droite, une unité parfaite de notre parti pour espérer, le plus rapidement possible, nous réhabituer aux victoires nationales.
Dans cette optique, j'ai très clairement regretté que malgré des divergences d'avis très minimes, nous parvenons, encore au Parti Socialiste, à multiplier les candidatures avant le Congrès de Reims au mois de novembre prochain.
Nous sommes tous socio-démocrates... Nous sommes tous Européens... Nous sommes tous pour la redistribution des moyens... Nous sommes tous pour les services publics, pour l'Education Nationale... Et pourtant, nous sommes toujours, au Parti Socialiste, capables de nous tirer des salves, de nous perdre dans d'impressionnantes "chicailleries" alors qu'aujourd'hui, seule l'unité peut être salutaire.
J'ai rappelé combien il est désagréable de voir que nous, Socialistes et forces de Gauche et de Progrès, étions capables de remporter toutes les joutes électorales... sauf les plus cruciales au plan national. Comment accepter que nous puissions détenir la quasi totalité des régions, que nos départements soient agréablement roses, que les Municipales nous soient si favorables alors que depuis trois mandats, nous nous cassons les dents sur la présidentielle!
Un candidat présidentiel qui ne peut se baser sur un Parti Socialiste fort n'a aucune chance de sortir vainqueur... Je pensais que nous l'avions compris après le festival de communication, les grands-messes UMP, cette unité affichée à droite qui ont emmené le candidat Sarkozy à la Présidence. Alors que nous nous chamaillions toujours pour désigner notre candidat... et même après!
Je pensais que nous l'avions compris! La préparation de notre congrès de Reims, en novembre prochain, m'indique le contraire. A preuve, comme je l'ai dit hier à Béthune, que s'est-il passé à la Rochelle lors de l'Université d'été du PS? Aucune idée n'est sortie... Pas la moindre! En revanche, nous avons gagné trois candidats au poste de Premier Secrétaire du parti... Pourtant un "métier de chien" comme j'ai pu le dire sur le ton de la plaisanterie!
Ce n'est pas ainsi que nous lutterons efficacement! Pourtant, il nous faudrait parvenir à jouer notre rôle d'opposition à une politique menée par le Président et qui n'a de cesse de renforcer les privilèges et de frapper, constamment, sur les plus faibles et les classes moyennes. Qui, pensez-vous, va payer la solidarité pour le RSA? Les plus riches, les plus nantis? Ils sont protégés par le bouclier fiscal... Non, ce seront les classes moyennes...
Les attaques constantes contre les principes de l'Education (même le droit de grève est aujourd'hui mis en difficulté...), les milliers de fermetures de postes, l'irrespect et les révisions du Droit du travail, les réformes, mal faites, de la Justice, de la Défense, des Retraites, etc. montrent bien que nous sommes actuellement confrontés à un gouvernement, un président qui n'a de cesse de réformer pour réformer, en faisant plier constamment et toujours davantage les plus faibles d'entre nous!
Nous devons revenir aux responsabilités nationales! Mais pas comme nous l'avons fait par le passé... Nous devons redéfinir ensemble, avec tous les Socialistes et nos alliés, un vrai programme pour notre pays, pour nos concitoyens. Nous ne voulons pas de cette France des inégalités qui se construit jour après jour sous le "règne" Sarkozy!
Pour revenir aux responsabilités, renforçons-nous... Je l'ai martelé hier à Béthune: nos différences, nos divergences sont minces! Arrêtons de perdre du terrain sur nos adversaires en nous divisant alors que tout doit nous rassembler!
Michel DELEBARRE |
|  Qui sommes nous ? | Nous voulons construire avec les Béthunoises et Béthunois, une « Nouvelle Ere », celle d'un Béthune plus solidaire, plus fraternel, plus équilibré.
Nous voulons aussi, avec l'ensemble des Socialistes, bâtir un avenir de gauche pour notre pays et l'Europe.
De nombreux nouveaux adhérents nous ont rejoint depuis les dernières élections présidentielles afin de prendre part à ce projet.
Pour les accueillir dans les meilleures conditions, pour permettre à chacun de participer personnellement à ces débats, pour relever le défi politique de la période nouvelle, l'équipe d'animation de la section avons voulu réformer notre fonctionnement, pour « sortir de nos murs », pour améliorer la circulation de l'information entre nous. Nous avons décidé de diversifier les thèmes et les espaces de discussion mais aussi de multiplier les occasions de nous retrouver sur un mode convivial.
C'est notre ambition : que chacun puisse trouver sa place et s'impliquer, dans un Parti socialiste tout à la fois ouvert au débat et tourné vers l'action.
Guy LEROY Groupe Communication Blogs & Nouvelles Technologies |
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|  | |  | | REVOVATION DU PARTI | Dates à retenir :
En raison du conseil Municipal le débat sur la rénovation du parti aura lieu le 16 juin à 18 h 30 au siège.
La date du vote est confirmée le jeudi 24 juin 2010 à partir de 18 h 00.
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 | |  | | TU SOUHAITES NOUS RENCONTRER ? | Passes-nous voir ! Nous assurons chaque Vendredi une permanence de 18 H 00 à 20 H 00 au 1386 rue Copernic à Béthune l'Ambiance y est Chaleureuse ! Renseignements au 03.21.01.50.82 |
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